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Flat Tax

Publié le 21 février 2009 par Vogelsong @Vogelsong

Avec N.Sarkozy c’est toujours le même manège. Derrière ses airs pragmatiques se cache un fichu idéologue. Derrière ses propositions “sociales” se terre (encore) un transfert de fonds du bas vers le haut de la pyramide sociale. Lors de son allocution de crise, il déclare débonnaire qu’il souhaite supprimer la première tranche de l’impôt sur le revenu. Mesure qui permettra un surcroit de pouvoir d’achat dit-on. C’est une très mauvaise bonne idée.
vL’impôt sur le revenu est l’impôt le plus équitable, car progressif. Plus il y a de tranches d’imposition, plus on structure l’effort de chaque foyer fiscal au financement des besoins nationaux tels que la santé, l’éducation, la sécurité. Par l’ablation successive de la progressivité, les gouvernements de droite (tacitement accompagnés par ceux de gauche) ont transformé l’impôt sur le revenu en quasi “flat tax”. C’est-à-dire un prélèvement égal quelques soient les revenus. Un rêve moite pour les ultralibéraux qui voient en cette mesure la quintessence de l’équité. Pourtant, la question importante n’est pas de savoir ce qu’il est versé dans la cassette du trésor public, mais ce qu’il reste après le versement. Les “pauvres” millionnaires gémissent sur le montant dont ils sont dépouillés par le fisc. Étant entendu que l’on ne s’étend jamais sur ce qu’il leur reste subséquemment.
L’inexorable évolution vers le taux unique (flat tax) commence en 1994 avec le gouvernement Balladur dont N.Sarkozy est ministre du Budget. Il réduit de 12 à 7 le nombre de tranches. Puis le gouvernement de D. de Villepin poursuit le mouvement, élaguant de 7 à 5. Durant la campagne présidentielle de 2007, F.Fillon promet 3 tranches. En en supprimant une demain, N.Sarkozy tient enfin une demi-promesse et se rapproche un peu plus de l’Éden individualiste.
Joignant toujours l’utile à l’agréable, le président Sarkozy n’oublie jamais, même symboliquement, de gratifier ses amis. En effet la suppression de la première tranche profitera pleinement à tous les contribuables plus aisés. Alors qu’elle n’affectera que partiellement ceux de la première tranche, c’est à dire les plus pauvres.
Ce n’est pas une réforme anodine, mais la poursuite d’une politique régressive et inégalitaire. Depuis quelques mois, le libéralisme et ses recettes ne sont plus en odeur de sainteté. Pourtant, c’est sous couvert de mesures dites sociales que l’on continue à en appliquer le dogme.

Article Paru dans Vendredi Hebdo n°16 du 13 février 2009

Vogelsong - 9 février 2009 - Paris


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