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La main sur la bible

Par Pierreh66
J’aimerais vous présenter un exemple de déblocage de la créativité par l’entremise d’un texte avec contraintes. C’est un exercice que nous faisons durant nos ateliers d’écriture, qui stimule notre imagination et qui nous fais accoucher d’un texte qu’on n’aurait jamais imaginé autrement. Cela donne des résultats surprenants et amusants. Essayer-le!
Insérez tous ces mots :
Caboche limace acrobatie clés serrure orage palais routine moine diable
Insérez ces expressions idiomatiques :
Un feu qui couvre sous la cendre - Un bourreau des cœurs -Entrer comme dans un moulin - Un dialogue de sourd - Un bas-bleu - C’est le bouquet - Clair comme de l’eau de source - La foi du charbonnier - Ne pas se moucher du pied
Phrase de départ :
Maurice n’était qu’un enfant quand mourut sa mère
Moins de 250 mots. Dix minutes et on lit collectivement notre primeur à haute voix.
Ca semble irréalisable, pourtant pendant que vous lisiez l’énoncé, tout s’organisait dans votre esprit et les mots se bousculent pour venir s’étaler sur le papier.
Voici le mien, après réécriture bien-sûr….
La main sur la bible
Maurice n’était qu’un enfant quand mourut sa mère. C’était sur cet énoncé que l’avocat avait amorcé sa plaidoirie. Il avait poursuivi en insistant sur les ravages que cet incident avait engendrés dans la caboche de son client, et qu’indéniablement, le feu avait couvert sous la cendre, et laisser en héritage des comportements parfois incohérents.
Maurice était un politicien bien en vue et la presse locale l’avait déjà étiqueté comme un bourreau des cœurs qui avait la réputation de ne pas mener une vie de moine. Il ne fut pas de routine pour la défense de démontrer que l’accusé, malgré des invectives accablantes qu’il avait proférées publiquement contre les victimes, était blanc comme neige dans le triple meurtre des conseillères municipales du comté.
Aux abords du palais de justice, une cohue sévissait. Nul n’y entrait comme dans un moulin et, dans des dialogues de sourds, les journalistes soudoyaient les agents comme des limaces ou, encore, faisaient des acrobaties pour accéder aux loges du procès.
À la barre, sous l’œil austère de la juge, une dame aux allures de bas-bleu, le porte-parole du jury se leva et, sans se moucher du pied, entonna le verdict de non-culpabilité. C’était clair comme de l’eau de roche, la foi du charbonnier avait manifestement fait son œuvre.
Pour Maurice, c’était le bouquet, il les avait tous bernés, comme cette nuit d’orage, où il avait tourné les clés dans la serrure du bureau en flamme, offrant, ainsi, sa mère et son intime client au purgatoire du diable.

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