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Eloge de la gentillesse

Publié le 22 février 2009 par Babs
Eloge de la gentillesse
Il y a quelques jours, j'ai savouré la lecture d'un billet de Bulles d'Infos sur son "Eloge de la légèreté", une prose sincère, une bouffée d'air frais qui assumait entièrement ses pensées.De mon coté, j'avais envie de consacrer ce billet à l'art de la gentillesse, moi qui encore récemment, disait d'un ton vaguement distant, à une amie qui me demandait ce que je pensais d'une personne de notre entourage: "oui, elle est gentille". Rien de plus? Cela n'était-il pas déjà une qualité suffisante?

C'est la lecture du dossier de Courrier International qui m'a donné envie d'y réfléchir. La gentillesse et ses déclinaisons, l'empathie, la générosité, la solidarité...Vous savez ce sentiment relégué par certains aux faibles? La gentillesse, "ce mal" que dans certains moments contraignants de nos vies quotidiennes nous sommes parfois obligés de camoufler par une attitude indifférente. Mais le vent a peut-être tourné du moins en théorie. A la lecture des analyses des penseurs actuels, les dents aiguisés des petits requins formatés au culte de la performance et de l'individualisme, ont bien du souci à se faire...
Dans l'excellent article publié dans The Guardian, que présente Courrier International; deux éminents spécialistes, Adam Phillips, psychanalyste et Barbara Taylor, historienne des idées, ré-insistent sur l'intérêt pour nos sociétés occidentales en crise de réintégrer cet état d'esprit dans notre système de pensée.
Si nous voulons survivre et tout simplement être heureux. Cela vous fait sourire, une évidence, pensez-vous? Pas vraiment.
Depuis la publication du Leviathan de Hobbes qui prônait l'indépendance et l'individualisme pour contrer les valeurs de la gentillesse représentée à l'époque sous le costume du christianisme; les mentalités ont peu à peu évolué. Malgré la persistance de certains de nos grands penseurs comme Jean-Jacques Rousseau qui a toujours insisté sur l'importance de se soucier des autres, indispensable pour rester humain. Quelques raccourcis et un grand bon en avant...c'est bien l'ère Thatcher et Reagan aux Etats-Unis qui ont entériné l'individualisme comme clé du succès et de la réussite sociale. Vive les années 80. L'avènement du New Labour en Angleterre et celui de Bush en 2000 aux Etats-Unis n'ont fait que marquer au fer rouge cet état d'esprit. Mais tout s'est effondré et la crise sociale, économique dans laquelle nous nous trouvons, a nécessité de refaire appel à la solidarité et par déclinaison, à cultiver tous ensemble notre gentillesse, clé de notre survie dans ce monde chaotique. Un constat qui mérite réflexion.
Le livre de Piero Ferrucci : L'art de la gentillesse (réédité chez Pocket) va dans le sens de cette thèse. Préfacé par Sa Sainteté Le Dalai-Lama, il démontre, exemples culturels, historiques et témoignages à l'appui, que la gentillesse est bien une des clés du bonheur et qu'il y a urgence à reconsidérer la gentillesse comme indispensable à notre survie et à notre harmonie. Un petit essai, fin et ludique qui conclut notamment: "Être gentil, s'occuper des autres, c'est se libérer de la tyrannie de l'égo".

Bref, messieurs et mesdames "Les Gentils", relevez-vous et souriez, votre heure a à nouveau sonné!


 

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