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Sarkotaucratie : Ou le triomphe de l'autocratie présidentielle

Publié le 23 février 2009 par Slovar
La France est semble t-il toujours une république. Il y a quelques mois lorsque Laurent Joffrin interrogeait le Président sur une dérive monarchique des institutions, il aurait plutôt du utiliser le terme Autocratie.
Définition : Une autocratie est un régime politique où un seul individu détient le pouvoir, alors qualifié de pouvoir personnel et absolu. Étymologiquement, autocratie signifie « qui tire son pouvoir (cratie) de lui-même (auto) ». L'autocratie est donc un pouvoir qui n'a d'autre justification et légitimité que lui-même.
Nous avons successivement connu les privilèges des amis du Président, les augmentations du salaire du Président et celle du budget de l'Elysée, la réforme de l'audiovisuel aboutissant à la nomination et la révocation du président du service public par le Président de la république, le désaveux des ministres de l'Education Nationale, de Enseignement supérieur et de la Recherche, puis celle du Secrétaire d'Etat à l'Outre Mer et tant d'autres outrances qui nous ont amené à découvrir comme l'ancien maire de Neuilly, député et Président du Conseil Général des Hauts de Seine gérait la France.
Ceux qui savent lire, peuvent consulter la liste des conseillers de l'Elysée. La consultation de cette liste vous prouvera que l'actuel gouvernement n'est qu'un doublon du cabinet du Président.
Une preuve récénte ?
C'est Raymond Soubie qui n'a aucun rang de ministre qui pilote en lieu et place de Brice Hortefeux le dossier social.
Une autre ?
La nomination de Chantal JOUANNO au secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie. Cette nomination est un signe fort de de la reprsie en main par l'Elysée de l'appareil exécutif puisque le parcours de la nouvelle secrétaire d’Etat est parallèle à celui du Chef de l'Etat.
Conseillère pour le développement durable à la présidence de la République, chargée notamment de suivre le Grenelle de l’environnement, en 2007
- Directrice de cabinet du président du conseil général des Hauts-de-Seine, en avril 2004
- Conseillère au développement durable et à la sécurité routière au cabinet du ministère de l’Intérieur, en juillet 2002 - Source Site du Premier Ministre
La démarche autocratique est à ce prix. La confirmation de cette OPA sur tous les leviers du pouvoir nous vient par la future nomination de François Pérol (qui est actuellement le secrétaire général adjoint de l'Elysée) à la tête du deuxième groupe bancaire français, dont la naissance sera officialisée cette semaine. Traduction : l'Etat va piloter la fusion entre les Banques Populaires et les Caisses d'Epargne et placer à son sommet un homme du Président
Outre le fait que cette nomination est un nouveau "fait du prince", il faut connaître le contexte pour mieux comprendre en quoi cette nomination est un véritable symbole autocratique. Pour une fois, c'est un élu de la majorité présidentielle qui explique : Le sénateur Jean Arthuis (Union centriste) estime que "l'éventuelle nomination" de François Pérol à la tête de la banque issue de la fusion entre la Caisse d'Epargne et les Banques Populaires serait "choquante", dans un entretien publié lundi par Aujourd'hui en France/Le Parisien.
"Je ne crois pas que (le secrétaire général adjoint de l'Elysée) François Pérol puisse être nommé à la tête de cette nouvelle entité. Tout simplement parce que les règles déontologiques ne l'autorisent pas", déclare le président de la commission des Finances du Sénat.
Et M. Arthuis d'expliquer que ces règles "proscrivent aux responsables d'une administration qui ont eu à connaître très directement d'un dossier d'être nommés à la tête de l'entreprise au coeur de ce dossier". "Or c'est le cas de François Pérol", rappelle-t-il. Rappelant que "juridiquement, cette nomination doit recueillir l'avis favorable de la commission de déontologie", l'ancien ministre des Finances précise que si cette nomination "avait tout de même lieu, ce serait extrêmement choquant" - Source Les Echos
Qu'est-ce que la Commission de déontologie ?
La commission de déontologie a pour rôle de contrôler le départ des agents publics, et de certains agents de droit privé, qui envisagent d’exercer une activité dans le secteur privé et dans le secteur public concurrentiel. Elle examine si les activités privées qu’ils envisagent d’exercer ne sont pas incompatibles avec leurs précédentes fonctions. Elle est aussi compétente pour donner un avis sur la déclaration de création ou de reprise d’une entreprise faite par un agent qui cumule cette activité avec son emploi public, pendant une période d’un an renouvelable une fois. De même, elle donne un avis sur la déclaration de poursuite d’une activité privée dans une entreprise ou une association, également pour une durée d’un an renouvelable une fois, faite par un agent qui vient d’entrer dans la fonction publique par concours ou sur contrat.
Elle est également chargée d’examiner les demandes d’autorisation des personnels des services publics de recherche souhaitant être détachés ou mis à disposition auprès d’entreprises valorisant leurs travaux de recherche ou collaborer avec celles-ci - Source Direction générale de l'administration et de la fonction publique
Sauf rebellion, (ce qui, nous étonnerait, compte tenu des fonctions des membres de la commission ) cette nomination sera acceptée. Monsieur Arthuis, l'opposition et les français, ne pourront que constater les faits : L'autocratie est bel et bien en place jusqu'à la fin du mandat présidentiel. Les départs annoncés de ministres et secrétaire d'Etat pour un mandat européen ou régional ne feront qu'accentuer la dérive.
Au point où nous en sommes, à quand un vote à la Boutéflika ou à la Chavez autorisant le Président à se représenter autant de fois qu'il le juge nécessaire ? A quand l'annonce suppression de toutes circonscriptions et agglomérations électorales qui votent pour l'opposition (suppression des départements, création de super régions) ?
J'entend certains dire que la popularité du Président est au plus bas et que les prochains scrutins à venir pourraient être douloureux pour sa majorité.
Effectivement, le président de la République recueille en février 37% d'opinions favorables, soit sept points de moins qu'en janvier. Son action est désapprouvée par 62% des sondés. Et alors, il n'en a cure puisque de la même façon qu'il lançait : "Aujourd'hui en France lorsqu'il y a une grève plus personne ne s'en aperçoit", il claironne au français angoissés qu'il est "heureux de gérer la crise du siècle" nous montrant par là même que le chaos économique dans lequel nous nous trouvons lui permettra d'inscrire son nom dans l'histoire.
Quant à la prochaine consultation européenne, un sondage IFOP du 17 févier 2009 indique que l'UMP recueillerait 26% des votes, le PS 23% et MODEM 14%
Alors, si 62% des français rejettent son action mais que son parti ne subit aucune érosion électorale, la sarkotautocratie aura de beaux jours devant elle.

Libellés : démocratie, gouvernance, politique


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