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Vendredi 13 de Marcus Nispel

Par Geouf

Résumé : Le petit Jason Voorhees s’est noyé dans le camp Crystal Lake lors d’une colonie de vacances. Sa mère, ivre de douleur, a massacré les moniteurs du camp en guise de représailles avant de se faire à son tour décapiter par la dernière survivante. Quelques années plus tard, un groupe de jeunes qui campe aux alentours du camp se fait assassiner par Jason, qui a en fait survécu et est devenu un grand garçon très costaud et très dangereux. Quelques mois plus tard, le frère d’une des victimes se rend au camp pour tenter de savoir ce qu’elle est devenue. Au même moment, un nouveau groupe de jeunes vient passer le week-end au bord du lac. Et c’est le début d’un nouveau massacre…

Dire que ce remake du célébrissime Vendredi 13 était attendu au tournant est un doux euphémisme. Difficile en effet de toucher à une icône du cinéma d’horreur telle que Jason sans y laisser quelques plumes. Mais le projet semblait parti sur de bons rails, étant donné que la production avait choisi Marcus Nispel, déjà réalisateur du très correct remake de Massacre à la Tronçonneuse pour tenir la barre. L’espoir était donc permis d’assister à un spectacle respectueux de la série originale tout en portant la patte d’un vrai auteur. Malheureusement, même s’il n’est pas totalement honteux, ce remake risque de faire grincer quelques dents.

L’amateur le sait, les Vendredi 13 n’ont jamais été des films très recherchés au niveau intrigue ni au niveau du développement des personnages. La plupart des épisodes sont très basiques, présentant un groupe de jeunes crétins partis pour se faire joyeusement massacrer de toutes les façons possibles (et si possible les plus gores) par ce bourrin de Jason. Et de ce côté-là, le contrat est largement rempli, puisque les exécutions sont nombreuses et assez variées, Jason utilisant tout le matériel à sa disposition pour débiter les corps tendres de ces djeuns en morceaux (la machette bien entendu, mais aussi une hache, un tournevis, un arc, un feu de camp…). De même, le film se permet de très nombreux clins d’œil à la série, pour les fans attentifs : l’évolution des tenues de Jason (du sac en toile de jute au mythique masque de hockey), certains décors repris exactement, le bus de je ne sais plus quel épisode, la musique bien évidemment, etc.

Mais là où le bât commence à blesser, c’est qu’on se demande sur quel registre Nispel a voulu jouer. On a l’impression qu’il a voulu faire un film très premier degré, mais certains éléments sont à la limite de la parodie. Certains raccourcis scénaristiques sont vraiment énormes, même pour un Vendredi 13 (du genre à la fin, au lieu de se sauver, les héros se rendent consciemment dans la maison de Jason, juste pour pouvoir terminer le film à cet endroit). De plus, rarement personnages « chair à canon » d’un slasher ont atteint un tel degré de crétinerie. Soit ils sont détestables et arrogants (le bellâtre qui se la pête, ou la blondasse qui couche avec lui), soit ils sont tellement stupides qu’on les croirait sortis d’American Pie 36 (le black et l’asiatique qui ne pensent qu’à se défoncer, le groupe du début parti camper pour trouver un champ de cannabis planqué dans la forêt (quelle drôle d’idée…)). Le héros, incarné par le sympathique Jared Padalecki (le frère de Jensen Ackles dans Supernatural, qui est lui aussi actuellement à l’affiche d’un remake de slasher, My bloody Valentine) est plutôt attachant, mais parait perdu au milieu de ces demeurés.

Mais le plus gros problème vient sans aucun doute du personnage de Jason et des ajouts scénaristiques conçus pour différencier le remake de l’original. Passe encore que l’histoire de la mère de Jason soit expédiée en 2 minutes et qu’on ne nous dise pas pourquoi celui-ci a survécu à la noyade, mais quel besoin avaient les scénaristes de rajouter cette sous-intrigue de la jeune fille ressemblant à maman Voorhees ? Cela aurait pu être une bonne idée, mais le fait est qu’elle n’est pas suffisamment développée pour être crédible. Quant à Jason, s’il faut avouer qu’il retrouve une aura terrifiante ici (Nispel icônise de nombreuse fois son psychopathe et en refait une figure du mal implacable et increvable), il est néanmoins totalement dénaturé par certains ajouts malencontreux. Car si dans la série c’est en effet une machine à tuer invincible, c’est aussi un gros bourrin mongoloïde et totalement stupide. Or ici, il tire à l’arc, il pose des pièges et il a même un réseau de tunnels sous le camp avec des alarmes rudimentaires pour trouver ses proies ! Difficile dès lors pour les fans de reconnaître le célèbre boogeyman…

Sans être le pire remake jamais réalisé (le film est assez rythmé, la photographie est très belle), ce Vendredi 13 nouvelle version souffre tout de même d’énormes lacunes très dérangeantes pour tout fan de la série initiée par Sean Cunningham.

Note : 5/10

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