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Yves Jégo envoyé jouer les «inutilités» en Guadeloupe…

Publié le 24 février 2009 par Kamizole

yves-jego-ministre-la-soupe-est-bonne.1235462164.jpgAvouez qu’envoyer le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer - prétendument – «négocier» avec les grévistes guadeloupéens sans lui indiquer préalablement sur quelles bases et les limites de ses pouvoirs pour ensuite le rappeler à Paris parce qu’il a trop «lâché» ! c’est encore une fois et tenter de gagner du temps – en espérant le «pourrissement» du conflit… ce qui se traduisit hélas par un mort ! – et faire preuve d’un mépris inoxydable à l’égard des revendi-cations sociales… Vous y ajoutez l’élément raciste post-colonial…

Pourtant, que Sarko & Fillon se méfient ! et méditent Osée (8-7) : «Qui sème le vent récolte la tempête»… sociale.

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Lilian Thuram rappelle fort opportunément dans un entretien donné au Monde qu’une révolte sociale particulièrement violente avait éclaté en Guadeloupe en… 1967 !

Les convictions de Lilian Thuram
LE MONDE | 03.02.09 ©
Yves Jégo envoyé jouer les «inutilités» en Guadeloupe…

La révolte couvait déjà en France : la grogne contre les «ordonnances sur la sécurité sociale» de 1967 et la montée du chômage qui atteignait 400000 personnes ce qui fut alors considéré comme un niveau insupportable. Mai 68 était en germe.

Le moins que l’on puisse dire est qu’en ce moment le gouvernement et le patronat serrent les fesses et n’ont qu’une seule crainte : voir la grogne, le mécontentement et le «mouvement social», pour l’instant limité à des «journées d’action» syndicales dont la seule vertu véritable est de «se compter» - les dirigeants n’en ayant cure sauf à prétendre en prendre acte et lâcher quelques mesurettes à côté de la plaque – se transformer en conflits durs voire généralisés (ils font référence à Mai 68 et décembre 1995).

Ils redoutent tout particulièrement que les grèves et autres incidents survenus en Guadeloupe et dans une moindre mesure en Martinique (après des grèves et barrages en Guyane, principalement contre le prix du pétrole) ne fassent «tâche d’huile»

Ne croyez pas pour autant qu’ils changent de stratégie s’agissant des revendications sociales ! Ne rien céder : tel est leur «maux» d’ordre… tant pis pour les conséquences… Faire l’autruche en disant «après nous le déluge» sans même parler de leur mépris le plus total pour les difficultés de la plus grande partie des Français. Ici ou dans les DOM.

Les habitants des DOM - et principalement les noirs et les métis – cumulent tous les handicaps sociaux. Peu ou pas de travail, quand bien même auraient-ils fait des études.

Parqués le plus souvent dans des quartiers de relégation sociale – véritables ghettos : des «aspirateurs de misère» selon un titre de 20 minutes.

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Immeubles délabrés… encore celui de la photo a-t-il été repeint par un habitant, artiste et peintre en bâtiment ! Beaucoup de “cases” - celles dont parlait Aymé Césaire - ont été détruites et leurs habitants relogés dans des HLM.

Vous y ajoutez «la vie chère» - les prix multipliés par 2 ou 3 du fait de l’éloignement de la métropole, le coût du transport et les marges sans doute plus que confortables de la grande distribution (totalement aux mains des «békés» : les blancs). Les fonctionnaires venus de la métropole ont une indemnité précisément destinée à combler ce surcoût. Mais pour les «Iliens» : bernique !

Dans l’administration, les meilleurs postes sont bien entendus occupés par les fonctionnaires venus de métropole. Pendant le même temps, les Guadeloupéens et les Antillais qui réussissent les divers concours de la fonction publique sont envoyés en France. Il est extrêmement rare qu’ils parviennent à se faire muter ensuite dans leur département d’origine.

Mieux : pour les fonctionnaires métropolitains, il suffisait de venir quelques années terminer leur carrière dans un département d’Outre-mer pour ensuite percevoir un complément de retraite non négligeable - cet avantage devait leur être supprimé, je ne sais si cela a été fait - alors que dans le même temps les fonctionnaires originaires de ces départements, s’ils y retournent à l’âge de la retraite – beaucoup ont fait souche en France et y resteront auprès de leurs enfants et petits-enfants – n’auront droit à aucun supplément de retraite, lequel serait bienvenu pour compenser le surcoût des produits.

La crise actuelle - sur son versant économique et social - n’arrange rien. Pourquoi et comment y aurait-il plus de travail et d’argent qu’en France métropolitaine ?

Certes, beaucoup se plaignent que la paralysie de l’activité due au barrage des routes et des ports nuisent au tourisme – lequel a été amplement encouragé par les mesures de défiscalisation de la construction touristique - et au transport des bananes. Pratiquement les seules activités d’envergure des Antilles françaises…

Est-il normal – au début du XXIè siècle – qu’il n’y ait pas d’autres sources de développement que le tourisme et la banane ? Ne me faites surtout pas dire qu’il ne faut plus cultiver la banane en Guadeloupe et en Martinique ! Ne comptez surtout pas sur moi pour bouffer les infectes «bananes dollar» (Del Monte ?) qui ont autant de saveur et de consistance qu’un bout de savon.

Mais il n’est pas sain pour l’économie des Antilles françaises qu’elle ne repose que sur l’activité touristique – éminemment dépendante de la conjoncture – et une quasi monoculture.

Il ne s’agit certes pas d’implanter de grosses industries mais par exemple, l’informatique et les services de recherche et développement n’ont pas besoin d’infrastructures et d’espaces énormes. Ne serait-ce pas là un moyen de retenir ou faire revenir les jeunes qui sont obligés aujourd’hui de s’expatrier vers la France ? Sans compter beaucoup de «cerveaux» partis exercer leurs talents aux USA .

J’entends tout à l’heure sur France-Info que les négociations sont toujours au point mort. Une partie du patronat guadeloupéen accepterait une augmentation de salaire – 200 euros par mois. Mais pas question ! ni pour le Medef – qui représente à l’évidence les plus gros intérêts de l’île – ni pour le gouvernement qui n’entend pas lâcher le moindre sou…

Je suis tentée de pasticher le titre d’un article de Libé sur la grève des enseignants-chercheurs à partir d’une banderole (il me semble que c’était lors d’une manif à Lille) :

«La banque croûte, la Guadeloupe jeûne»


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