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Rencontre avec François-Bernard Mâche

Publié le 24 février 2009 par Elisabeth1

Hélène Mouty a rencontré le compositeur François-Bernard Mâche

Rencontre avec François-Bernard Mâche samedi 10 janvier 2009 à la médiathèque de Sélestat (67) à propos de sa dernière création qui s’appelle Perseus et qui à été interprétée dimanche 11 janvier par l’ensemble de musique de chambre La Follia et l’ensemble Accroche Note.   Tout au long de cette rencontre, nous avons eu le privilège de faire sa connaissance à travers son parcours de compositeur et par le biais de ses œuvres. Il y a beaucoup à dire sur ce compositeur, son parcours et ses œuvres. Voici un résumé de cette rencontre et quelques éléments nous permettant de découvrir et de comprendre sa musique. Issu d’une famille de musiciens depuis trois générations où l’on jouait du violon, il a mené parallèlement deux carrières: universitaire et musicale. En tant que musicien, il a été pianiste et en tant qu’universitaire, il est diplômé (en autre) d’archéologie grecque et d’agrégation en lettres classiques. Il a même obtenu un prix de philosophie de la musique. Suite à l’obtention de son doctorat d’état de musicologie, il a dirigé pendant une dizaine d’années le département musique à l’université de Strasbourg où il à créé le centre Primus en 1985 qui à été la première formation en France de recherche en informatique musicale.Tonmeister. Dates importantes

   

1985 Création du centre PRIMUS (Polyèdre de recherche en informatique musicale) par F.-B. Mâche et Othon Schneider

   

1988 Ouverture de la première formation française d’ingénieur du son à capacité musicale (Tonmeister) soutenue par des partenaires locaux, puis par l’association PRIMUS créée à cette fin.En 1994, il à été recruté comme directeur de recherches à l’École pratique des Hautes Etudes en Sciences sociales.

Considéré comme l’un des rares représentants du courant dit naturaliste, il sait mettre en lumière les rapports de structure entre les lois de l’univers et les formes sonores, des plus élémentaires aux plus complexes. Tout ce qui existe dans l’univers et ce qui se présente à nous sous une forme sonore recèle un certainnombre d’archétypes fondamentaux que l’on peut retrouver dans toutes les compositions musicales. Comme d’autres compositeurs tels que Debussy (qui l’influencera très fortement tout comme Varèse), Messiaen, dont il à été l’élève, ou Xenakis, dont il à été très proche, il étudie les chants d’oiseaux , s’intéresse aux langues anciennes, décode les cris d’animaux et les bruits du monde environnant et, au-delà des sons il à utilisé la nature et l’a transformé à sa manière pour la révéler comme étant musicale.

Ainsi, Les bruits, les sonorités du monde végétal ou animal se retrouvent dans Rituel d’oubli (1969) pour instruments et bande magnétique.   

A la question de savoir quelle est l’essence même de la musique, F.B. Mâche termine sa réponse par une évidence qui à la fois déconcerte; la musique reste un mystère pour le cerveau. Cette part de mystère et le sens du sacré est omniprésent dans ces œuvres car bien souvent, le titre comporte une signification qu’il s’agit de décrypter. 

Ainsi, Korwar qui à été écrit en 1972 est un mot qui s’apparente aux peuples de la Nouvelle-Guinée pour qui le crâne, réservoir de force spirituelle fait l’objet d’une conservation attentive dans une sorte de meuble de bois. C’est donc à la fois une sculpture mais c’est aussi un objet éminemment naturel et brut. Peut-être faut-il y voir un lien avec son passé d’archéologue et cet intérêt pour les cultures extraeuropéennes, africaines et asiatiques. La composition sur bande magnétique est entièrement faite de sons naturels, y compris des sons parlés en langue d’Afrique du sud, ayant emprunté au Hottentot une série de phonèmes claquants produisant une riche percussion vocale. 

Ses oeuvres se rapprochent également de ce que l’on appelle l’esthétique de l’hybride où sont utilisées des moyens informatiques, mélangeant des sons de synthèse et des instrument traditionnels, créant des illusions auditives et des anamorphoses de timbres. D’autres sons incluent des cris d’animaux comme lesbaleines, porcs, crevettes, ainsi que les bruits de la mer, du vent et de la pluie. Ce genre d’œuvres constitue un tiers de son catalogue.

Ainsi, nous pouvons apprécier la diversité des timbres, dans Kassandra en 1977 pour 14 instruments à vent, deux pianos et, percussion et bande magnétique. Quand on appréhende ses œuvres, on utilise à juste titre l’appellation de zoomusicologue. 

  Son imaginaire fait également de F.B.Mâche un compositeur qui sait insuffler et dévoiler le sens du sacré et du rite à travers la mythologie grecque, les références à des terres lointaines, l’utilisation de langues très anciennes connues seulement par les archéologues.

Plus qu’un compositeur, il fait l’éloge de l’antique à travers les civilisations, en rassemblant ses connaissances littéraires, archéologiques et musicales et en créant ainsi un parcours de compositeur atypique. Ainsi, les trois chants sacrés; Muwatalli, Rasna et Maponos, sont écrits pour voix de femme solo avec un léger accompagnement d’un petit instrument à percussion.Ce dispositif ainsi que le style vocal adopté dans ces pièces fait nettement référence à quelque rituel immémorial et place ainsi cette composition dans la sphère de la musique ethnique ou traditionnelle.

Par exemple, dans Muwatalli (qui fut l’adversaire du Pharaon Ramsès II), il s’agit d’un texte en hittite, la plus ancienne langue d’origine indo-européenne. 

Dans Rasna, c’est la langue étrusque qui est utilisée et Rasna est le nom par lequel les étrusques se nommaient eux-mêmes. Le texte était conservé sur les bandelettes d’une momie. On suppose qu’il s’agit de textes religieux.

Pionnier dans l’art de mettre en musique une langue ou des paroles, il écrit dès 1964 une oeuvre à partir d’une analyse de sonogrammes. Cette oeuvre s’appelle Le son d’une voix. C’est aussi une approche de la musique spectrale.

Pour information, un sonogramme est une représentation d’un signal sonore, calculée en général avec le temps en abscisse et la fréquence en ordonnée. De par son intérêt pour l’esthétique classique, il a consacré des figures de la mythologie. Par exemple, Danaé, Andromède, Cassandre, Styx, Phenix, autant de personnages que l’on retrouve d’abord dans les titres de ses œuvres. Il à publié à cet égard un livre qui s’intitule Musique, mythe, nature.

Son univers musical est un véritable laboratoire d’expériences musicales, informatiques,


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