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Chessex sévère

Par Ephemerveille

Les articles à propos de Chessex et de son dernier livre, Un Juif pour l’exemple, pleuvent, en ce moment. Maints articles élogieux louent ce roman qui est en effet excellent et dans lequel Jacques Chessex déploie avec un brio incomparable un style helvétiquement poétique. Chessex a définitivement regagné un succès considérable en France. Comme avec Le Vampire de Ropraz, dans lequel il faisait également un roman d’un fait divers enregistré entre nos frontières suisses ; les Français avaient largement répondu présents. L’écrivain Chessex Ropraz.jpgromand, sous ce faciès torturé, impénétrable et apaisé, se réjouit, avec la retenue qu’on lui connaît, des chiffres de ventes de son dernier ouvrage.

S’il n’y a rien à redire sur l’œuvre de Chessex, il serait intéressant de s’attarder sur le discours de Chessex dans ses interviews à propos de son dernier roman. Jean-Louis Kuffer s’y est déjà attelé dans un article fort juste, paru dans le 24 Heures. Le journaliste y évoque, entre autres, l’émission de la Radio Suisse Romande – Le Grand Huit – dans laquelle Chessex a étonné par ses dires quelque peu catégoriques, définitifs et pas forcément exacts, avec un certain fond de prétention qu’on ne lui reprochera pas lorsqu’il parle de son travail d’écrivain – son expérience et son talent l’y autorisent, si l’on peut dire – mais qu’on blâmera quand Chessex semble affirmer qu’il est le seul auteur, en Suisse romande, à parler du Mal. La littérature romande ne se porte pas très bien.

De la part de Jacques Chessex, au lieu de déplorer, en tant que patriarche, il eût été peut-être plus élégant et délicat de parler de quelques auteurs que son exigence aurait daigné trouver (au moins) bons. Au lieu de cela, brossant un portrait injustement réprobateur de la production littéraire romande, Chessex parle, en vrac, de « confessions vaniteuses » (plutôt amusant, lorsqu’on a prétendu écrire un livre pour sa mère alors que ce Pardon mère n’est qu’un prétexte supplémentaire pour parler de soi…). Trop de « complaisance à soi-même », dit encore l’écrivain qui, rappelons-le, a écrit plusieurs  romans  dont le personnage central avait les mêmes initiales christiques que leur Créateur. Selon le Monsieur de la littérature vaudoise, on confond « se montrer » et « s’analyser »… Il parlera quand même de Pascale Kramer, mais je ne suis pas convaincu, son Fracas m’avait assommé…

Mais comment oser reprocher quelque chose à celui qui, face à François Busnel, sur France 5, déclare solennellement qu’il est un « saint » ? Difficile, d’autant plus que l’on a affaire à celui qui, en terre romande, est incontestablement le meilleur…


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