Magazine Cinéma

Comédie US: le royaume des perdants. (Chapitre 1 - Adam Sandler.)

Par Timotheegerardin
Ils sont tous losers à leur façon. Trois grandes envolées fantasques retombant comme des soufflés. Trois acteurs américains que l'on voit gesticuler sur les écrans, certains depuis longtemps - l'éternel et inexportable Adam Sandler, l'infatigable Ben Stiller - d'autres, un autre en fait, depuis quelques années seulement, sous les traits du génial patron de la série The Office - Steve Carell bien sûr.
Adam Sandler, c'est le pantouflard adolescent de bientôt quarante ans que la force des chose a érigé en héros d'une histoire. Il a beau n'ouvrir les yeux qu'à moitié et avoir la voix d'un étudiant tiré du lit, l'Amérique en a fait son représentant - au même titre que les Mr Smith ou Mr Deed de Capra. Quand le Mr Smith version James Stewart va défendre une loi au sénat (dans Mr Smith au Sénat, 1939), le Mr Smith version Adam Sandler ira résoudre le conflit du proche orient en se faisant coiffeur-gigolo à New-York (Rien que pour vos cheveux, 2008). D'un peu béta, ce Mr Smith est devenu complètement idiot. Et pourtant, la fonction est la même: Adam Sandler reste le vecteur de fables moralistes, idéalistes au fond, avec l'humour gras pour faire passer.
Une chose a changée cependant. Le spectateur actuel n'est plus un naïf qui ira s'émerveiller ou s'insurger devant les intrigues de la ville, puisqu'il est déjà saturé de fictions et d'images, il a lui aussi ce look de pas réveillé, les yeux rivés à ses écrans. Et sa projection - artificielle et purement virtuelle - dans les personnages d'Adam Sandler sera d'autant plus fantasmée, d'autant plus impossible (il faut le voir nager, faire le dj ou le coiffeur dans Rien que pour vos cheveux...).
C'est là d'ailleurs que s'arrête la comparaison avec les films de Capra: nous parlons d'un acteur, pas d'un cinéaste. Ce n'est plus l'action et sa portée qui nous intéressent, mais le personnage en lui-même, avec sa force d'inertie et l'univers qu'il crée autour de lui. Et ici l'acteur imprime sa marque comme l'aurait fait un réalisateur. La fable passe au prétexte à l'éternelle pérégrination du même personnage: Adam Sandler, c'est-à-dire tout-un-chacun. Peut-être est-il là l'échec. Un personnage éternellement personnage rate son incarnation réelle, reste éternellement dans la paralysie du virtuel. Ça tombe bien, c'est en loser qu'on l'aime Adam Sandler.

Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

  • destin de trois soldats allemands et d'une maman...

    ~d'après~LA MÈRE SAUVAGE de Maupassant Le fils Sauvage avait trente ans Quand la guerre commença. Il s’engagea, Laissant sa mère seule au logis. L’hiver fut rud... Lire la suite

    Le 19 juin 2015 par   Dubruel
    CULTURE
  • Une soirée avec la Hype où la rencontre du troisième type

    ATTENTION : Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toutes ressemblances avec des personnes existantes ne seraient que... Lire la suite

    Le 18 juin 2015 par   Swann
    CULTURE, MUSIQUE, POP/ROCK
  • CEFF 2015 – 6 Years

    Les cinéastes ont souvent évoqué la longévité du couple à l’âge adulte, que ce soit à 30, 40 ans voire plus. Mais quand est-il du couple installé lorsqu’on a à... Lire la suite

    Le 18 juin 2015 par   Bobby
    CINÉMA, CULTURE
  • Lola Bensky, Lily Brett (2013)

    Prix médicis étranger 2014, une rencontre haute en couleur entre une journaliste juive et les génies du rock des années 60-70 ! Un gros coup de coeur ! Lola... Lire la suite

    Le 18 juin 2015 par   Nanajoa
    CULTURE, LIVRES
  • La Box MATY !

    J’ai eu le plaisir de recevoir  en avant première la Iconic box  de MATY (bijoutier français, leader européeen de la vente en ligne), qui va sortir en jui... Lire la suite

    Le 18 juin 2015 par   Sixthematique
    CONSO, CÔTÉ FEMMES, CULTURE
  • Glorix et son blood art Pour promouvoir sa nouvelle bombe anti...

    Glorix et son blood art Pour promouvoir sa nouvelle bombe anti moustique sur le marché russe, la marque et son agence BBDO ont eu l’idée d’organiser une... Lire la suite

    Le 18 juin 2015 par   E_duport
    CONCERTS & FESTIVALS, CULTURE, FOCUS EMPLOI, MARKETING & PUBLICITÉ, MUSIQUE, SORTIR
  • Hors de moi de Florence Hinckel

    Lu dans le cadre du jeu Je choisis pour toiHors de moiAuteur: Florence Hinckel.Edition: Talents Hauts (Ego).Publié en: 2014.Genre: Contemporain, Jeunesse. Lire la suite

    Le 18 juin 2015 par   Emilie Martinez
    CULTURE, LIVRES

Ajouter un commentaire

A propos de l’auteur


Timotheegerardin 378 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines