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The Whitest Boy Alive - Rules (2009)

Publié le 04 mars 2009 par Oreilles
Dreams, le premier album de The Whitest Boy Alive paru en 2006 n'était même pas sorti en France, faute de distributeur. Etonnant, puisqu'il s'agit du projet pop de Erlend Øye, moitié de Kings Of Convenience. Et dommage, car cet album est absolument excellent. Mais ça n'a bien sûr pas empêché le groupe de se faire une petite réputation ici. Comment ces basses rondes et ces guitares lumineuses auraient-elles pu s'arrêter aux postes frontières? Cet album brillait par la simplicité apparente de ses chansons et la réelle complexité de l'entrelacement de leurs mélodies, par la réduction des instruments et la multiplicité des idées.
Rules, le nouvel album, vient de sortir... en France aussi. Et visuellement, c'est déjà une bonne nouvelle : la pochette, un dessin noir et blanc à ligne épaisse, est très réussie. Puis on apprend que les musiciens ont enregistré leurs onze nouvelles chansons au Mexique : elles ne devraient pas manquer d'air, ni de lumière. Les toutes premières secondes de "Keep A Secret" montrent une ligne directrice similaire : le groupe va creuser le même sillon, et c'est exactement ce que l'on désirait pour ce nouvel album. La ligne de basse est toujours aussi efficace, la lead guitar toujours aussi inventive. Un claviériste a intégré le groupe depuis la tournée Dreams ; ses nappes de Crumar (un clavier italien) ajoutent une épaisseur bienvenue au son. Certes, le morceau n'est pas l'ouverture la plus passionnante qui soit, mais il marche quand même. Puis un tournant s'opère... et c'est bien malheureux. À 2'10, ce sont des notes de Rhodes qui remplace les notes de guitares. Et je dois avouer une certaine allergie pour ce clavier, tant il me rappelle de mauvais souvenirs de jazzy pop voire d'easy-listening... Et il va malheureusement pourrir une bonne partie de l'album, à commencer par le second titre, "Intentions," tout entier construit autour.
Mais il n'est pas question que du clavier... "Courage," le troisième titre, dure 4'22. Et pourtant il finit par paraître interminable. Ce n'est cependant pas la faute du clavier, ici utilisé tout à fait intelligemment. N'allons pas non plus chercher le problème du côté de la rythmique. Marcin Oz, le bassiste et Sebastian Maschat, le batteur, sont indéniablement de grands bâtisseurs, et leur boulot est irréprochable. Ils sont si brillants que tout Dreams semblait avoir été construit autour de leur instrument. Ici encore, leur patte est indispensable. C'est en effet la basse, et sa manière de danser avec la batterie, qui pourrait sauver chacune des chansons de Rules. Mais c'est bien difficile. Alors quel est le problème? Il faut se rendre à l'évidence : c'est un simple défaut d'inspiration. Les chansons qui se succèdent sur Rules semblent bien plus longues que celles qui composaient Dreams, alors qu'elles ne le sont pas : on va pas le nier, on trouve le temps long. Alors oui, un certain sens du groove est toujours là, et les paroles d'Erlend Øye sont toujours aussi bien écrites. Il y "1517," et la miniature dance "High on the heels"... Mais pour le reste, le groupe a vraiment perdu sa malice et son sens de la vitesse. On s'ennuie.
En bref : Une rythmique solide, dansante et malicieuse ne cache pas un manque d'inspiration générale. On attendait mieux de cet excellent groupe.

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Le site et le Myspace de The Whitest Boy Alive.
Le meilleur titre de Rules, en live... en vitrine :

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