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Ecoute sans t’écouter (part 2)

Publié le 20 janvier 2009 par Oliviernda
Je vois, je sais ce que tu veux dire, et comme ça sans aucun remord l’on interrompt quelqu’un qui nous parlait. Indignement nous interrompons, nous parlons de nous et de nos problèmes en oubliant même notre volonté d’être une oreille pour cette personne qui nous exposait ses chagrins. L’exposé de l’autre, qui d’ailleurs est la raison de notre conversation, devient nôtre et on aligne « je », « moi » et tous ces « beaux » articles qui démontrent de notre égocentrique conversation.

Ce genre d’interruption ou ce manque d’égard pour notre interlocuteur nous est familier, on le fait et on le voit tout autour de nous. La télévision française et ses débats où personne n’écoute personne, où tout le monde crie sans jamais arrêter laissent souvent à l’invité les raisons de sa présence sur le plateau. On est tous influencé par ces types de conversation où la place de l'écoute est « dissoute » au profit de l’auto-écoute qui procure le bien-être de « l’imbécile » qui se croit clairvoyant.
La plupart du temps au cours de nos conversations, nous attendons impatiemment notre tour de « gloire » en acquiesçant, en malicieusement faisant semblant d’écouter, et en étant totalement et uniquement obnubilé par notre réponse à venir, celle qui devrait nous permettre d’étaler notre « immense » bagage intellectuel. Si le ridicule tuait…
C’est avec embarras que je constate que la majorité d'entre nous est plus intéressé par ce que l'on se prépare à dire pendant une conversation qu’à écouter la personne qui nous parle. Il nous est difficile d’avoir l'ouverture d’esprit nécessaire, la concentration et l’attention qu’il faut pour écouter notre interlocuteur. Nos conversations égocentriques sont juste une des nombreuses manières au travers desquelles nous faillons à démontrer de l’amour l’un pour l’autre. Oublier d’exprimer de l'amour par l’écoute est subtil et très souvent passe inaperçu jusqu’ au moment où personne ne comprend plus personne. À ce stade la crise est souvent très avancée.
Au cours de votre prochaine conversation avec vos conjoints, amis ou collègues, et particulièrement si l’entretien est blessant, faites l’effort de ne pas vous préoccuper de vos pensées ou arrière-pensées. Portez toute votre attention sur votre interlocuteur, promettez-vous de ne pas interférer et prenez l’engagement de croire qu’il a toute l’habilité requise pour faire passer son message, sans vous préoccuper de votre point de vue. Cela est simple et ce n’est pas le plus difficile, mais vous serez surpris de constater une différence énorme non seulement dans votre perception de vos interlocuteurs, mais aussi dans la façon dont ils vous percevront.
Aimer votre partenaire est différent d’aimer vos voisins ou collègues. « Écouter » ne vous est peut-être pas facile et vous n’en ressentez peut-être pas le désir mais c’est un acte d’amour dans le sens où vous sacrifiez votre désir pour le bien l’épanouissement de votre conjoint. Ecouter est une démonstration palpable de votre amour, pas comme ces déclarations vides aux nombreux « je t’aime » qui ne sont accompagnées d’aucune action. Dites « je t’aime » en écoutant. Ne soyez pas victime d’accusation futile tel que « l’homme/la femme ne sait écouter », car très souvent les auteurs de ses accusations n'ont eux même aucune capacité d écoute ».
Par olivier N’da

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