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Hier soir sur Arte : 10 000 avant Jésus-Christ.

Par Ananda
Nous voici transporté par ce documentaire U.S aux temps des tout premiers américains, ceux que l'on nomme en jargon scientifique les "paléo-indiens".
Ce qu'on sait, c'est qu'ils profitèrent de la fin de la dernière période glaciaire (et du recul de l'énorme glacier couvrant tout le Nord de l'Amérique qu'elle entraîna) pour pénétrer, par petits groupes, un continent immense et totalement vierge de toute présence humaine (ce qui, le film s'efforce de nous le faire bien sentir, devait être pour le moins impressionnant), où, qui plus est, ils durent se confronter à une "méga-faune" redoutable de mastodontes, de mammourhs laineux, de mammouths de Colomb qui possédaient les plus imposantes défenses (probablement un attribut lié à la reproduction), d'ours à tête courte, animaux bien plus énormes encore que les actuels grizzlys, de smilodons, autre nom des célèbres "tigres à dents de sabre", redoutables prédateurs entre tous, de loups noirs et de camélidés. Même si la viande ne manquait pas pour ces "hommes qui avaient faim", on imagine donc qu'en dépit de leur ingéniosité de "stratèges sophistiqués " et d'"intrépides explorateurs", leur vie ne fut pas de tout repos.
Ces hommes étaient des chasseurs-cueilleurs nomades extrêmement "mobiles" qui laissèrent fort peu de  traces anthropologiques (en effet, ils plaçaient leurs morts sur des "espèces d'échafaudages en haut des arbres", ne disposant pas de pelles pour les enterrer) et qui sont donc surtout connus par leur industrie lithique dite "pointes de Clovis".
Ils étaient d'habiles chasseurs pleins de ressources qui s'attaquaient aux mammouths grâce à des techniques de piégeage astucieuses et à ces armes emmanchées à des lances flexibles qu'ils décochaient à l'aide de propulseurs, ce qui leur permettait de se maintenir à bonne distance du gros gibier, dont ils attendaient ensuite qu'il ait fini d'agoniser, criblé de projectiles (parfois en le suivant très longtemps).
Le film essaie de nous faire entrer dans l'univers de ces petits groupes nomades qui étaient tout à la fois prédateurs et proies de choix pour les grands fauves, et qui sillonnaient les vastes étendues de l'Amérique du Nord : il va de soi que ces hommes devaient sans cesse être "aux aguets" et qu'ils étaient extrêment sociaux, soudés les uns aux autres (comme nous le montrent, par exemple, les scènes de veillées autour du feu).
On revient ensuite sur la fameuse "industrie lithique Clovis" pour constater qu'elle est beauxoup plus concentrée sur la côte est des actuels Etats-Unis (Baie de Chesapeake, Virginie) que dans la partie ouest du pays, où elle fut pourtant "découverte".
On note aussi, à la suite de recherches approfondies sur les techniques de tailles de l'époque préhistorique, que l'on n'a pas pu - ô grande surprise ! - établir la moindre parenté entre "taille sibérienne" (qui serait vieille d'une trentaine de miliers d'années) et pointes de Clovis, alors même qu'on supposait jusqu'alors que les poléo-indiens étaient venus de la Sibérie, via le détroit de Behring pris sous les glaces.
D'où une théorie émergente, encore très contoversée, selon laquelle "les Clovis" auraient été originaires de l'Europe, plus précisément du Nord de l'Espagne et du Sud-Ouest de la France, où s'épanouissait alors la culture de taille dite "solutréenne", qui ressemble étrangement à celle de nos proto-indiens.
A peine revenus de leur surprise, les savants se mettent à supputer : pourquoi ne pas penser à une première "invasion" qui serait venue d'Europe par la voie maritime ? Ceci pourrait se trouver corroboré par la découverte, du côté de Marseille, de données archéologiques démontrant, sans nul doute possible, que l'homme du paléolithoque pratiquait déjà la pêche en haute mer. On imagine des embarcations rudimentaires, de simples barques en bois recouvertes d'une protection de peau tendue, qui n'étaient susceptibles de transporter que de petits groupes d'au plus une dizaine de personnes, et qui auraient gagné le Nouveau Monde en longeant le glacier  à cette époque-là très bas qui recouvrait l'Océan Atlantique, à la latitude de l'actuel Bordeaux.
Mais ces migrations ne devaient avoir rien d'une partie de plaisir : les savants soulignent que ces hommes devaient affronter un "froid glacial" et chasser le phoque en s'armant d'une bonne dose de courage !
Une fois en Amérique, ils demeurèrent longtemps à l'est des U.S.A puis se répandirent vers les Montagnes Rocheuses et vers l'Ouest.
On s'aperçut ensuite, à la faveur de nouvelles recherches, que sur la côte est, la culture de Clovis avait disparu brusquement, vers 13 000 ans avent notre ère, et que cette disparition avait - mystérieusement - coïncidé avec celle des la méga-faune nord-américaine. Une telle extinction, couplée une telle disparition de culture humaine, suggéra finalement aux savants l'hypothèse d'une quelconque catastrophe climatique. Et bingo, ce fut confirmé !
Les recherches géologiques portant sur les fameuse "carottes" de glace polaire ne tardèrent pas à révéler qu'après une période de réchauffement très favorable à la faune et à l'épanouissement de la cuture Clovis, survint un brusque refroidissement qui balaya l'Amérique du Nord de gigantesques "tempêtes de poussière".
Mais quelle fut la cause de ce refroidissement si brutal ?
On suppute - cartes à l'appui - que la fonte du grand glacier des Laurentides aurait céssé d'irriguer le Mississipi pour déverser des tonnes d'eau douce dans l'Atlantique via le Saint-Laurent, ce qui aurait injecté du froid dans le vaste courant marin circulaire qui, auparavant , réchauffait la température de l'océan.
D'autres savants vont plus loin : pourquoi pas la chute d'une météorite ?
A l'appui de cette thèse, ils mettent en avant la présence de nombreuses billes de "diamant" qui apporteraient la preuve décidive.
Quoi qu'il en soit, la mini glaciation (encore appelée "Drias récent") dura près d'un millier d'années et les Clovis - ou ce qu'il en restait -  vers - 13 000 ans, refluèrent en direction des régions de l'ouest pour fuir toutes ces rigueurs.
C'est alors qu'ils y croisèrent probablement un tout autre peuplement en provenance de l'Asie, avec lequel ils se fondirent (on ne pense pas qu'il y eut combat, car les sociétés de chasseurs-cueilleurs sont  trop peu nombreuses pour que s'épanouisse pleinement la violence, dont on connait le lien avec l'explosion démographique humaine).
En conclusion, les savants insistent sur les talents adaptatifs dont les proto-indiens d'Amérique du Nord (Clovis comme Asiatiques) durent et surent faire preuve.
La disparition définitive de l'impressionnante méga-faune fut-elle leur fait ?
Cela demeure difficile à dire.


Patricia Laranco.

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LES COMMENTAIRES (1)

Par rudolf
posté le 23 avril à 13:53
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<< (on ne pense pas qu'il y eut combat>> et l'homme de kennewick, une pointe de lance était enfoncé dans son bassin. C'était un accident de chasse, peut etre?

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