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Contes de l'ordi sacré : La vengeance du caribou fou 1

Publié le 10 avril 2009 par Porky

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Conte délirant mais moral pour adultes attardés

Episode 1 : Où l'on a de vagues précisions sur la planète Sirius et où l'on retrouve un certain caribou fou en pleine forme.

 An 3814, temps chronologique terrestre, Planète Sirius.

 Les Grands manitous de la Pluie et du Soleil l'avaient prédit : une tempête de force inimaginable était en train de se préparer aux confins de l'océan sirusien et n'allait pas tarder à fondre sur l'unique continent de la planète dans l'intention maléfique de tout ravager. Les habitants de ce continent situé sur cette planète, elle-même sise dans un système solaire quelconque, grands individus faisant le double de la taille humaine et pourvus, mâles comme femelles, d'un système pileux aussi abondant que nauséabond, les habitants, donc, se l'étaient tenu pour dit et s'étaient abrités au fin fond de leurs demeures rocheuses, avaient tiré les rideaux en plomb, fermé les persiennes en cuivre, abaissé les stores en fer forgé et s'étaient blottis dans leur lit douillet en plumes de zébra sauvage, attendant avec patience et résignation que l'ouragan eût fini son œuvre destructrice.

 Un seul n'avait pas tenu compte des avertissements des Grands Manitous ; un seul ne s'était pas protégé ;  un seul se fichait bien de savoir l'amplitude de la tempête qui allait fondre sur lui ; il se rappelait encore celle qui, plus de mille ans auparavant, l'avait projeté sur cette planète de merde et celle qui s'annonçait n'était à côté que pâle petite brise. Le caribou fou se souvenait de tout.

Au fond de sa grotte située dans l'hémisphère sud de Sirius, grotte dont il n'avait clos ni les volets, ni les persiennes, ni les rideaux parce qu'elle était protégée depuis son arrivée par le fameux cercle rouge que Marsupilania, absolument sans le faire exprès, avait, par son formidable « berk ! » expédié lui aussi sur Sirius, le Caribou fou tentait vainement, depuis plus d'un millénaire, de construire la fusée qui lui permettrait de revenir sur terre et de recommencer ses infâmes exactions. L'année fatidique était arrivée et il n'avait en tout et pour tout réussi qu'à fabriquer la moitié d'une maquette de démonstration. (Précisons néanmoins que chaque fois qu'il pouvait prétendre à un résultat positif, il flanquait tout par terre avec un « gnaaa » de satisfaction.) « 3814 ! bramait-il en roulant ses giro-phares. L'année où Sirius et la Terre sont en parfait alignement ! Je dois me dépêcher sinon il faudra que j'attende jusqu'en 5632 et là, je risque de retrouver mes ennemis dans un sale état - mon frère jumeau excepté puisqu'il est, comme moi, insensible au vieillissement temporel. Déjà, en 3814, ils vont être sacrément faisandés, les tas de boue ! » Et le caribou fou tournait sur lui-même, flanquant dans sa grotte un bordel innommable et se lamentant au lieu de se mettre au travail.

Au-dehors, l'ouragan hurlait et déchaînait ses forces sur le continent. Ca faisait un tel boucan que le caribou fou n'arrivait pas à réfléchir et, ayant repris sa maquette de démonstration électrique, essayait désespérément de faire rentrer une prise mâle dans une autre prise mâle, s'étonnant et s'énervant de ne point y arriver. La tempête n'en pouvait plus de crier ce qui donna au caribou l'idée de crier à son tour : « Comment puis-je me concentrer dans un pareil charivari ! » et il jeta à terre la maquette et la piétina. Puis il écrabouilla dans ses pattes les deux prises qui expirèrent avec un soupir d'horreur. « Cette tempête va voir de quel bois je me chauffe ! » dit-il en se précipitant vers l'ascenseur censé le remonter à la surface. Mais l'ouragan avait fait tomber tous les poteaux électriques et l'ascenseur ne marchait plus. De rage, le caribou fou se livra à la démolition systématique de cet engin du diable devenu inutile et la tempête, qui avait profité d'un moment d'inattention du cercle rouge pour s'engouffrer dans la partie non protégée de la surface de la grotte et s'y livrer à de très inconvenantes exactions, avisa le trou énorme que venait de faire le caribou fou, fondit comme un busard dans la brèche ouverte par l'ennemi et débaroula dans l'antre de notre héros, achevant de réduire la maquette à l'état de chose indicible et transformant le laboratoire en succursale d'Hiroshima après l'explosion. Puis, ayant commis tout ce qu'il avait à commettre dans le genre démolition et fracas, le cyclone se retira, emportant avec lui le caribou fou qui vit ainsi un de ses problèmes réglés par la divine providence et l'imagination de son créateur.

L'ouragan était un peu fatigué ; aussi se contenta-t-il de balancer le caribou fou contre la paroi de la grotte. Puis, le cercle rouge s'étant rendu coupable d'un deuxième moment d'inattention, (il ondulait dans tous les sens et commençait à avoir envie de vomir, d'où sa négligence), le cyclone ressortit rapidos, inspira avec satisfaction l'atmosphère saline de Sirius et reprit sa course en direction du centre du continent qu'il comptait bien ravager avant la nuit prochaine.

(Et bien, ça commence sur les chapeaux de roue ! L'auteur va-t-il pouvoir tenir la distance ? Ce n'est pas la question la plus importante, revenons à l'essentiel : le caribou fou arrivera-t-il à quitter Sirius ? Va-t-il demander son aide au cercle rouge qui s'est d'ailleurs montré d'une inefficacité notoire dans ce premier épisode ? Si on attendait un peu pour avoir les réponses ?...)


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