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Le salarié n'en pneu plus

Publié le 22 avril 2009 par Chroneric

Il y a encore quelques mois, je n'imaginais pas que les Français auraient le cran d'en arriver à des extrêmes. J'évoquais un individualisme et un manque de solidarité. Mais force est de constater que la situation, sans excuser les violences, explique le pourquoi du comment. La multiplication des séquestrations et des dégradations de locaux professionnels est un signe fort d'une transformation sociale. Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, craint la révolution. Une révolution à laquelle il ne manque pas grand-chose pour qu'elle éclate : sourde oreille des dirigeants, comportement des grands patrons, etc.

Alors que les déclencheurs de la crise ne sont pas inquiétés, et ne le seront probablement jamais, que les grands patrons ou leurs acolytes partent des entreprises avec un matelas confortable, les petites gens encaissent et prennent tout en pleine face. Pour sauver les meubles des actionnaires, on sacrifie les salariés qui sont pourtant ceux grâce à qui les sociétés étaient productives et rentables hier. A cela vous ajoutez les étudiants, les professeurs et les chercheurs, tout est réuni pour mettre en œuvre une dynamique. Les futurs licenciés n'ont plus rien à perdre.

Mais faut-il réellement craindre un nouveau 1789 ? Certes, c'est une année en 9, mais le contexte était différent. La population de l'époque ne mangeait pas à sa faim, le travail ne rapportait pas grand-chose et les membres des hautes classes vivaient comme des rois, dans l'insouciance la plus totale. Aujourd'hui, ce qui fait le plus angoisser, c'est la perte de son travail. Comment payer sa maison ? Comment nourrir sa famille ?

Hier soir, au journal de 20 heures de France 2, David Pujadas semblait totalement à côté de la plaque en posant ses questions de journaliste. Je comprends bien qu'il devait rester neutre et objectif, mais les questions posées montraient sans aucun doute que le présentateur n'avait pas évalué au plus juste la situation. Il y avait un fossé entre le ras-le-bol et la violence des manifestants et l'idée "bisounours" que s'était fait le journaliste. "Est-ce que la violence est justifiée ?", "Appelez-vous au calme ce soir ?". Le syndicaliste interrogé devait d'ailleurs se demander sur quelle planète vivait David Pujadas : ses réactions aux questions étaient explicites. S'en ait suivi ensuite un rappel historique, avec le sourire, des séquestrations en France, sujet sans raison d'être.

L'heure n'est plus à l'analyse mais aux mesures concrètes pour sauver nos concitoyens qui risquent de perdre leur toit. Comment éviter que le pays s'enlise dans une espèce de guerre civile ? A l'heure actuelle, on comptabilise huit séquestrations depuis début mars. Des situations graves et qui demandent une réaction urgente des pouvoirs publics. Parce que finalement, qui est à l'abri aujourd'hui ? A laisser gangrener la situation, il n'y a pas que les pneus qui risquent de brûler.


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