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Le cas Bayrou

Publié le 08 mai 2009 par Cajj

Dans ce blog, nous avons largement revendiqué notre lucidité au regard du pétrole, du remaniement ministériel, de la politique de rigueur, de l'inflation, ... pour ne pas reconnaître que nous nous sommesbayrou_20662e6260_m trompés sur Bayrou.
Nous avions émis fortement l'hypothèse que sa stratégie était vouée à l'échec ; il nous faut bien constater que les sondages créditent ses listes de plus de 10%.
Comment expliquer cela
Sur la base du dernier sondage Ifop, nous avons les gauches à 45,5% (écologistes inclus), la droite à 32,5%, le Modem à 14% et l'extrême droite à 8%.
Il est vrai que nous avons une estime très mitigée pour François Bayrou. Certes, c'est un chef charismatique et pugnace. Mais il a aussi été 4 ans ministre de l'Education nationale sous Balladur et Juppé ; force est de constater qu'il ne reste rien ou presque de son action politique ; force est de constater également que l'opinion ne lui en tient pas rigueur ou cache cet héritage et cette absence de bilan.
La bipolarisation de la vie politique française
Le mode électoral en vigueur à l'élection présidentielle et législative favorise la bipolarisation : majorité-opposition, droite-gauche. Aujourd'hui, pour une élection sans bipolarisation (les européennes à la proportionnelle), Bayrou impose son style et ses vues. Il semble fédérer un électorat de droite et de gauche modérées. C'est un exploit dont on ne connaît pas la solidité.
On peut proposer comme explication, qu'après les échecs répétés, relatifs ou francs des gouvernements PS et RPR-UDF-UMP de ses 30 dernières années, une partie de l'électorat souhaite promouvoir autre chose. Après la mode écologiste et FN, voici venue le temps des gauches extrêmes et des centristes.
Que fera cet électorat dans un choc de second tour PS-UMP ? Classiquement rejoindra-t-il son camp pour voter contre l'autre camp ? Ou au contraire prendra-t-il des positions d'abstention ou trans-partisans ?
La limite du système UMP
L'existence de scrutin à la proportionnelle promeut l'éclatement des forces politiques. Le combat fratricide entre l'UDF et le RPR a trouvé une issue victorieuse avec la naissance de l'UMP. Mais ce système a ses limites. Il faut ratisser large, ce que ne permet pas un parti monolithique.
La solution efficace, c'est l'existence de deux forces politiques représentant la majorité de la droite UMP avec une répartition déséquilibrée des électorats : une force centrale mobilisant 2/3 à ¾ de l'électorat et imposant sa primatie, une force d'appoint défendant quelques idées-forces différentes.
En l'absence de double représentation de la majorité présidentielle, le Modem exploite le champ libre.
Aller plus loin
Pour aller plus loin, il nous faudrait pouvoir consulter des études qualitatives permettant de mieux connaître l'électorat Modem et ses motivations. Ce n'est pas encore le cas. Nous en sommes réduits à des hypothèses et ne pouvons évoquer des conclusions ; le savoir c'est faire preuve de lucidité, le dire d'exactitude dans l'analyse à l'endroit des lecteurs.
En conclusion ?
L'UMP, en l'état des sondages, confirme sa solidité et la largesse de son électorat. Mais les réserves complémentaires d'électeurs semblent lui manquer.
La gauche se porte très bien, en l'état des sondages, mais elle est éclatée. En particulier, le PS n'en représente qu'une moitié et connaît une érosion. Cela peut être très gênant au regard de la fracture idéologique qui sépare aujourd'hui et à nouveau les tenants de la sociale démocratie réformatrice et capitaliste (le PS) et les tenants de la rupture avec le capitalisme (NPA, LO, Buffet-Mélenchon).
À méditer.
cajj


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