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Hommage à André Legouy, militant de la cause des étrangers

Publié le 16 mai 2009 par Combatsdh

André LEGOUY est décédé jeudi 14 mai dans sa 85ème année.

Combats pour les droits de l’homme tient à rendre hommage à ce combattant sans relâche de la cause des sans droits.

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Aumônier à la prison de Fresnes pendant neuf ans, pendant toute la guerre d’Algérie, il a été en contact avec les membres du réseau Jeanson et avec tous les responsables du FLN qui étaient emprisonnés, notamment Ben Bella et tous ses compagnons. Il les a accompagné dans leurs différentes prisons quand, à la suite de leurs grèves de la faim, on leur a accordé le régime politique.

Il travaille aussi avec le Groupe d’information sur les prisons de Foucault.

Il s’est fait “vidé” de Fresnes par l’administration pénitentiaire notamment en raison de la publication d’une lettre ouverte dans Le Monde au moment de l’élargissement des bourreaux nazis, Oberg et Knochen, qui avaient été condamnés à mort puis graciés (voir son témoignage dans l’entretien ci-dessous avec Anna Marek publié dans Plein droit).

Il  travaillé ensuite à la Cimade à partir de 1969 en devenant responsable service migrants. L’aumonier jésuite était en relation avec l’association oecuménique protestante à Fresnes dès 1954.

Il restera au sein de la Cimade jusqu’en 1977.

A la suite d’une crise au sein de la Cimade il la quitta alors, avec Patrick Mony, pour rejoindre le Groupe d’information et de soutien des travailleurs immigrés (Gisti), bientôt rejoints par Pauline Boutron.

Contrairement à ce qu’on lit parfois, il n’a pas “fondé” le Gisti puisque le groupe  existait déjà depuis le début des années 70 (le premier recours devant le Conseil d’Etat date de 1972, la déclaration en préfecture de 1973). Le Gisti avait été fondé par de haut-fonctionnaire, membre de la section CFDT de l’ENA par des avocats militants (comme Me Jean-Jacques de Felice , récemment décédé) et des travailleurs sociaux. Il tenait ses permanences au sein de la Cimade.

Il devient alors directeur de fait du GISTI jusqu’au début des années 90.

Prêtre religieux jésuite, André a été l’un des principaux animateurs de la défense et de la création du « Droit » des travailleurs immigrés et de leur famille.

Pour moi c’est aussi, et surtout, cette voix attentive et donnant des conseils précis et avisés dans le local de la permanence téléphonique juridique du Gisti. C’est aussi celui qui pendant une quinzaine d’années a tenu le Cahier de jurisprudence de Plein droit. Et je peux dire combien il est difficile de le remplacer!

Une pensée émue aux membres de sa famille et à son ami, Patrick Mony.

Ses funérailles auront lieu à l’église Saint-Ignace, 35 rue de Sèvres, à Paris,
le mardi 19 mai à 15h.

  • « Immigration : trente ans de combat par le droit » Des « anciens » témoignent Propos recueillis par Anna Marek, Plein Droit n° 53-54 , mars 2002.

André Legouy — J’avais été aumônier de Fresnes pendant neuf ans, pendant toute la guerre d’Algérie, et j’avais été en contact avec les membres du réseau Jeanson et avec tous les responsables du FLN qui étaient emprisonnés, notamment Ben Bella et tous ses compagnons, que j’ai accompagnés dans leurs différentes prisons quand, à la suite de leurs grèves de la faim, on leur a accordé le régime politique. A la suite de ça, je me suis fait vider de Fresnes… Cela a été un peu la vengeance de l’administration pénitentiaire qui n’avait pas tellement apprécié, je pense, l’action que j’ai menée pendant toute cette période.

Avec un collègue, nous avions publié une lettre ouverte dans Le Monde au moment de l’élargissement des bourreaux nazis, Oberg et Knochen, qui avaient été condamnés à mort puis graciés, et puis finalement élargis en douce ! A la suite de cette lettre, il y a eu toute une histoire, on m’a flanqué à la porte de Fresnes. Cela explique comment j’ai été par la suite amené à travailler à la Cimade où je suis arrivé en 1969 et où on m’a donné la responsabilité du service migrants : c’était à la suite de toute cette expérience passée.

Mes premières relations avec la Cimade dataient de l’époque où j’étais à Fresnes, à partir de 1954… Il y avait alors déjà toute une activité plus ou moins secrète d’entraide avec les militants du FLN en France.

(…)

André — Pour ma part, mon travail à l’époque c’était le GIP, le Groupe d’information prison. Avec Michel Foucault, avec Casamayor, avec Frédéric Pottecher. Le GISTI s’est fondé dans la foulée du GIP…


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