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Fade to black

Par Frédéric Romano
Mon père : Ha, ça commence !
Moi : Oui ça commence…
Mon père : … Hum, ça à l’air moins bien que le premier…
Moi : Mais enfin ‘pa, ça fait 5 minutes que le film a commencé !

Toutes les bonnes choses ont une fin et tout ce qui est bon est regrettable. Notre vie, comme une oeuvre fixée sur une pellicule n’est pas éternelle.

Un jour, on éteint les lumières et on lance la machine. D’autres, à votre place, ont écrit le synopsis. Puis ils vous ont confié leur plume, leur studio et leurs caméras. À force de persévérance, on augmente les budgets, on rallonge l’histoire chaque jour un peu plus. On invente des personnages et des aventures secondaires, on diversifie l’action et on confronte les protagonistes. Il faut donner au public ce qu’il veut : de l’action, des émotions et du suspens. Nous sommes tout ça au cours d’une vie, nous débutons dans un casting, puis nous devenons acteurs. Suivant nos talents créatifs, nous prenons en main le scénario et nous le développons à notre propre guise ou sous la pression des autres. Nous sommes comédiens, régisseurs, réalisateur. Mais les budgets sont comptés et les ficelles de la bourse, un jour, nous échappent. Le tournage est terminé, l’histoire doit être bouclée en une heure trente ou en quatre-vingts ans. Alors l’écran s’éteint après un ultime générique et ceux qui restent se lèvent pour quitter la salle. Ils savent que le tournage n’est pas terminé et que la magie du cinéma opère toujours. Ils en sont la propre suite, dans le plus pure style de leur prédécesseur ou suivant une vision plus personnelle. Certains révolutionneront le genre, d’autres, jugés trop académiques ou trop ambitieux, laisseront un projet non abouti.

Nous sommes les produits d’une lumière projetée sur une toile et devant laquelle des dizaines ou des centaines de gens rient, pleurent ou simplement passent. Une vie bien remplie demande des ellipses, des flash-back et des répliques cinglantes. Nous sommes la nouvelle vague d’un cinéma universel et nous nous faisons un honneur de le faire progresser chaque jour. Mais les bonnes choses ont une fin et pour les apprentis cinéastes qui ont encore à cœur de contempler les œuvres de ceux qu’ils aiment, il sera toujours inacceptable qu’à un moment ou à un autre, un fondu vers le noir les fassent sombrer à jamais dans l’obscurité.


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