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Empêcher les jeux dangereux à l'école

Publié le 22 septembre 2007 par Willy
Empêcher les jeux dangereux à l'école LEMONDE.FR | 21.09.07 |  Dans les cours de récréation, les jeux dangereux seraient en augmentation. Pour les empêcher, le ministère de l'éducation nationale s'apprête à mettre en ligne, courant mars, un document sur ces pratiques. Objectif : permettre aux adultes (équipes éducatives, parents, infirmières scolaires...) de les repérer et d'organiser une prévention appropriée. Dans le même temps se déroule une campagne télévisée contre le jeu du foulard, organisée par l'Association de parents d'enfants accidentés par strangulation (Apeas). A l'écran, 25 visages d'enfants défilent avec un message : « Ils ont joué au jeu du foulard. Ils en sont morts, comme des centaines d'autres. Arrêtons le désastre. » M6 a diffusé le spot en janvier, TF1 devrait lui succéder du 12 au 19 mars. Les jeux de strangulation (jeu du foulard, du cosmos, rêve bleu, rêve indien...) sont les plus meurtriers. Se pratiquant en groupe ou seul, ils consistent à freiner l'irrigation sanguine du cerveau en comprimant les carotides dans le but de ressentir des sensations intenses, des visions de type hallucinatoire. Ces jeux tueraient une dizaine de jeunes par an, selon les assocations. Il n'existe pas de statistiques officielles. Réanimateur responsable du service médical d'urgence et de réanimation pédiatrique de l'hôpital Necker-enfants malades (SAMU de Paris), Jean Lavaud a fait une enquête auprès des SAMU de France à la demande du groupe de travail ministériel. Les 68 antennes sur 97 qui ont répondu ont dénombré, en 2005, sept accidents par strangulation conduisant à cinq décès - exception faite des suicides. Le plus jeune enfant avait 7 ans, le plus âgé 13. « Deux enfants ont survécu car ils ont perdu connaissance dans la cour de récréation et les secours ont pu intervenir, précise le docteur Lavaud. Ceux qui sont morts jouaient seuls chez eux. » La pratique de ces jeux dits de « non-oxygénation » est surtout répandue dans les collèges, moins dans les écoles. Grégory Michel, professeur de pychopathologie à l'université de Bordeaux-II et psychothérapeute à l'hôpital Robert-Debré à Paris, a réalisé deux enquêtes auprès de 400 collégiens issus de plusieurs établissements d'Indre et d'Indre-et-Loire. Résultat : plus de 12 % des jeunes avaient déjà pratiqué des jeux de « non-oxygénation » et autant s'étaient adonnés à des jeux dits « d'agression ». Et un même enfant peut se livrer à ces deux familles d'activités... Les jeux de « non-oxygénation » concernent aussi bien les filles que les garçons, et l'âge moyen est de 12 ans. « Les collégiens qui avaient joué au jeu du foulard consommaient occasionnellement davantage de toxiques (tabac, alcool, cannabis) que les autres, commente le professeur Michel. Ils se distinguaient par un niveau élevé de recherche de sensations intenses et une attirance plus forte pour des sports violents. » Les jeux « d'agression », eux, concernent essentiellement les garçons. Les jeux intentionnels sont à distinguer des jeux contraints. Dans les premiers (petit pont massacreur, jeu de la cannette...), les enfants participent de plein gré : un groupe joue avec une cannette ou un ballon ; s'ils parviennent à faire passer l'objet entre les jambes de l'un d'eux, celui-ci est roué de coups. Dans les seconds, l'enfant attaqué n'a pas choisi de participer. Ainsi, dans « la mort subite », un groupe désigne une couleur au hasard ; celui qui dans la cour porte le plus de vêtements dans cette teinte est frappé. Depuis plusieurs années, l'Apeas et SOS-Benjamin, deux associations créées par des parents d'enfants victimes du jeu du foulard, interviennent dans les établissements scolaires. Mais le plus souvent, c'est à la suite d'un incident, plus rarement de manière préventive. L'Apeas dénonce l'insuffisance d'information et de prévention. « Nous n'avons cessé de supplier les pouvoirs publics de réagir, assure Françoise Cochet, sa présidente. Mais les notes de service envoyées aux inspecteurs d'académie ne sont pas suffisamment relayées dans les établissements scolaires et les écoles. » « Peu de choses ont été faites par l'éducation nationale, qui répugnait à en parler par peur d'inciter à ces jeux », renchérit la présidente de SOS-Benjamin, Magali Duwelz. Cette dernière avait plaidé, en 2004, auprès de Claude Beau, aujourd'hui vice-présidente au tribunal de grande instance de Paris, pour la mise en place d'un groupe de travail. Celui-ci a vu le jour au sein de l'Institut national des hautes études de sécurité (Inhes), et ses travaux ont été repris, au printemps 2006, au ministère de l'éducation nationale. A la direction générale de l'enseignement scolaire, on rappelle qu'une note de service visant à alerter les chefs d'établissement et les directeurs d'école sur les jeux dangereux a été diffusée aux inspecteurs d'académie en septembre 2006. Et on insiste sur la « démarche de prévention dans un cadre rigoureux et cohérent » qu'incarnera le document qui sera mis en ligne en mars. Comme le souligne Grégory Michel, « les campagnes de prévention informant juste sur les risques liés à ces jeux peuvent être contre-productives auprès des adolescents » et « le message ne doit être ni incitatif ni moralisateur ». L'exercice apparaît délicat mais nécessaire. Martine Laronche Un million de jeunes Français ont participé à des jeux dangereux LEMONDE.FR avec AFP | 21.09.07 |  DR Le jeu du foulard. Un million de jeunes Français, âgés de 7 à 17 ans, auraient participé à un des 90 jeux considérés comme dangereux, du jeu du foulard au happy slapping (fait de filmer une agression à l'aide d'un téléphone portable). Les jeux de strangulation, les plus meurtriers, consistent à freiner l'irrigation sanguine du cerveau en comprimant les carotides dans le but de ressentir des sensations intenses, des visions de type hallucinatoire. Selon un sondage TNS Healthcare Sofres pour l'association SOS-Benjamin, 26 % des enfants interrogés déclarent s'être déjà vu proposer de participer à un de ces jeux, qui provoquent une asphyxie ou relèvent de la mise en scène de la violence.  Seuls 4 % des parents pensent que leur enfant a déjà participé à un jeu et 16 % qu'il y a déjà assisté. Sur les 74 % d'enfants qui ne se sont jamais vu proposer ces jeux, 5 % se disent toutefois intéressés par ce genre de distraction. Les jeux se pratiquent en majorité à l'école et dans la cour de récréation (73 %), ou dans le quartier (46 %) de résidence du jeune. 17 % des jeunes interrogés considèrent que ces jeux ne sont pas du tout dangereux et 15 % qu'ils sont très drôles. Toutefois, 80 % déclarent qu'ils peuvent avoir des conséquences graves et 83 % pensent qu'ils

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