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The White Stripes - Icky Thump (2007)

Publié le 23 septembre 2007 par Alexandra

Note album : 8,5/10

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En voila un que j'attendais sans la moindre appréhension. Pas en raison de son contenu, toutefois. Je ne savais pas si Icky Thump allait être bon ou mauvais. Dans mon grand pessimisme, je le voyais plutôt mauvais, en fait. J'imaginais le duo de Détroit céder aux trompettes de la grandiloquence sans renoncer à la bizarrerie parfois mal inspirée de Get Behind me Satan. Fasciné par d'autres instruments moins académiques, Jack White avait définitivement renoncé à sa fameuse guitare, qui l'attendait en pleurant dans une poussiéreuse pièce à bordel.

Et là, paf. Que lis-je sur le net, peu avant la sortie de ce 6è album ? Une interview des White Stripes où la trompette et la cornemuse occupaient le centre des débats. Vous me connaissez, j'ai dit banco et ai loué ma clairvoyance avec un petit sourire triste.

Mais je ne m'inquiétais pas trop. Je savais bien que même si Icky Thump représentait un trou noir béant de nullité dans la discographie des White Stripes, j'allais pouvoir occuper le terrain. Mentir par omission. Parler de tout sauf de l'album. Je ne pouvais quand même pas révéler au monde entier que ce disque était une vraie bouse. Tout simplement parce que Jack et Meg, je les adore. Au point de les protéger de l'opprobre en cas de raté.

Alors, si je vous avais uniquement parlé dans cette chronique de la jolie robe à pois de Meg ou des fantastiques costumes de la pochette (version couleur ci-dessous), vous auriez pu vous poser de sérieuses questions quant au contenu de ce disque.

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Tel n'est heureusement pas le cas, malgré le bizarroïde Icky Thump placé en ouverture. Le duo de Détroit a en effet renoncé à l'inaugural "single qui tue" –Blue orchid, Seven nation army - des albums précédents au profit d'un titre biscornu et sonnant très lourd. Dans le même registre heavy mais en plus réussi, le groupe nous gratifie de l'épatant Little cream soda, immédiatement suivi du teigneux Rag and bone, où le chant déchaîné de Jack s'accommode admirablement du jeu de batterie dépouillé de Meg. Une autre facette du disque concerne le grand retour du blues crasseux cher aux quatre premiers albums du groupe et délaissé durant l'excentrique Get Behind me Satan. Car les White Stripes se sont tout simplement remis à faire du White Stripes avec les superbes I'm slowly turning into you et A martyr for my love for you. Deux morceaux jumeaux placés côte à côte et dotés d'une intro à l'orgue du meilleur effet, avant des refrains digne des sommets côtoyés dans White Blood cells, sans doute le meilleur album du groupe*. Mais si ce dernier décroche la palme du meilleur opus, Icky Thump est sûrement le plus varié, preuve que le duo de Détroit a su prendre des risques et entretenir son inspiration. L'enchaînement Prickly Thorn, but sweetly worn – St Andrew (The battle is in the air) l'illustre parfaitement, au fil d'une guillerette échappée celtique sur fond de cornemuses achevée par le chant neutre de Meg. Quant à la traditionnelle reprise du disque, Conquest, ses trompettes sonnantes et trébuchantes attisent son côté solennel et dramatique. Comme quoi Jack White s'accommode bien mieux d'instruments tonitruants que du discret marimba de Get Behind me Satan. Son Icky Thump de successeur a su concilier les excellentes recettes du passé (Catch hell blues) et le spectre d'un son plus étoffé sans jamais tomber dans l'auto parodie. N'en déplaise aux amateurs de jetable, l'inspiration peut encore résister à 6 albums et au succès.

 

*OK, il y a quelque mois, j'avais désigné De Stijl comme meilleur album des White Stripes, mais White Blood Cells le vaut bien.

 

Classe : "Prickly thorn, but sweetly worn", "Little cream soda", "A martyr for my love for you", "Catch hell blues"

Crasse : "300 M.P.H. Torrential Outpoor Blues"

En bonus, "A martyr for my love for you' en live à l'album de la semaine de Canal+

 


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