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> Dossier spécial élections municipales à Limoges

Publié le 24 septembre 2007 par Annonyme

> 3 maires en 60 ans
Elle est moins grosse que sa cousine parisienne mais tout aussi désirée, la mairie de Limoges est depuis plus d'un siècle au centre de toutes les convoitises.
Son histoire riche en coups bas se confond avec l'histoire de la gauche locale.
Aux mains du communiste et mal-aimé Georges Guingouin à la Libération, elle est laissée de nouveau à Léon Betoulle qui y restera jusqu'en 1956 malgré les pleins pouvoirs qu'il avait voté au Maréchal Pétain en 1940. A un socialiste succèda un autre socialiste, Louis Longueue, qui tiendra la mairie pendant 34 années, avant qu'elle ne passe en 1990 dans les mains du drômois Alain Rodet alors qu'elle était promise à Robert Savy.
> Incertitudes et certitudes
En mars prochain, les 55 sièges seront appelés à être renouvelés.
Une seule incertitude: la liste socialiste passera-t-elle au premier tour comme en 2001 ? Si il n'y a pas de deuxième tour, la moitié des sièges reviendra au PS, et les autres seront répartis entre toutes les listes à la représentation proportionnelle, ce qui serait profitable aux petites formations (LCR, MNR) et aux nouvelles (MoDem). Si il y a un second tour, le système d'alliance sera en marche, et pour l'instant heureux est celui qui peut prédire la configuration des listes du second tour. En tout cas pourront s'y maintenir les listes qui auront obtenu plus de 10% des suffrages exprimés. Celles ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés pourront faire figurer certains de leurs candidats sur les listes qui se maintiendront au deuxième tour. Trois formations pourraient aller jusqu'au second tour: le PS, le PC et l'UMP. Le tout récent MoDem dans l'hypothèse ou il n'obtiendrait pas les 10% des suffrages exprimés, devrait choisir entre son côté droit, et son côté gauche...
Ce qui est sûr en revanche, c'est que les listes feront une place toute particulière aux jeunes, mais pas forcément pour les mêmes raisons.



Une liste commune d'extrême gauche ?
La LCR 87 voit large et annonce son souhait à Limoges, de proposer "une liste ouverte, regroupant toutes les sensibilités de la gauche anticapitaliste" nous dit Stéphane Lajaumont, le responsable LCR. "Si cela peut concerner LO, cela ne s'y limite surtout pas (il n'y aura pas de "tête à tête") et s'adresse plus largement à tous ceux qui se retrouvent dans cette démarche ouverte : militants syndicaux, associatifs, altermondialistes, communistes qui refusent la co-gestion avec le PS, libertaires et tous les citoyens qui se retrouvent dans les idées défendues, entre autres, par Olivier Besancenot lors de la présidentielle". Stéphane Lajaumont annonce que "la liste se constituera progressivement dans les mois qui viennent et le "tête de liste" sera choisi collectivement". Le projet commun s'articulera autour "de la démocratie locale, de la gratuité des transports urbains, du développement culturel, de la jeunesse, du soutien aux services publics, d'aides aux écoles, etc...", le tout se voulant être "une alternative démocratique ambitieuse à gauche du PS".
Une liste rajeunie au Parti socialiste
La mairie est pour le PS le siège officieux de sa fédération en Haute-Vienne. Alain Rodet l'a confié il y a peu de temps au Populaire, il sera candidat à sa succession pour les municipales "si les militants socialistes me désignent" dit-il. On ne se fait pas de souci pour lui.
Les surprises viendront de l'âge des nouveaux entrants. En effet pour récompenser les jeunes de leurs engagements et de leurs implications lors des législatives et présidentielles, le PS devrait en faire rentrer quelques-uns en bonne position sur la liste. Pierre-Claude Lanfranca, actuel premier adjoint, pourrait laisser sa place de N°2 à Monique Boulestin, la nouvelle députée de la 1ère circonscription, victorieuse d'Alain Marsaud (UMP), et protégée du maire à la célèbre moustache.
Ainsi positionnée, Monique Boulestin ne serait plus qu'à une marche du poste tant convoité.
Certains pensent que c'est la dernière fois qu'Alain Rodet se présentera aux élections municipales. On le dit intéressé par les sénatoriales, voire proche d'une retraite anticipée. La relève il y pense bien évidemment et il est entrain de la former. Mais les choses ne s'accélèreront qu'une fois le résultat des municipales connu. Le "système Rodet" est en place pour longtemps encore et le maire le perfectionne encore un peu plus, au grand dam de l'opposition mais aussi de certains socialistes laissés sur la touche.
Autre élément important: la place que laissera le PS au PC qui pèse encore localement.

La fin du groupe UMP-UDF
La procédure de divorce est en cours entre l'UMP et l'UDF. Depuis 2001 le couple marchait ensemble pour combattre la majorité municipale. Mais l'UDF a officiellement évolué depuis les dernières présidentielles, et la traduction locale d'une telle évolution se traduira par la division de l'opposition. Au printemps prochain il y aura donc une liste UMP et une liste MoDem conduite Jean-Jacques Bélézy.
Béatrice Martineau qui conduisait la liste commune en 2001 ne sait toujours pas si elle se représentera. Elle "consulte" (voir plus loin), et elle mise sur la carte jeunesse. Qui pourrait prendre sa place ? Alain Marsaud depuis son échec aux législatives n'est pas dans la meilleure position, mais il ne lui reste plus que son mandat de conseiller général, bien peu pour rester à la direction de la fédération UMP de la Haute-Vienne. Camille Geutier, connu et reconnu pour ses petites phrases lors des conseils municipaux ne serait pas sûr de rempiler. Un nom circule, celui d'Olivier le Tarrasti, mis à l'écart par Alain Marsaud après les législatives de 2002, et qui a deux avantages: il est jeune et il correspond parfaitement bien à l'esprit d'ouverture voulu par l'UMP, mais il reste peu connu des limougeauds.
L'idée d'un parachutage a également fait son bonhomme de chemin. La rumeur la plus sérieuse annonçait Dominique de Villepin, mais depuis l'accélération de ses problèmes judiciaires, la question semble ne plus se poser.
Des Verts mais plus d'écologistes.
Les quatre élus écologistes issus d'une scission des Verts en 2001 ne devraient pas se représenter. Cette situation laisserait le champ libre à la liste que formeront les Verts et dont la tête sera désignée le 13 octobre.
L'extrême droite incertaine
En 1995 l'extrême droite faisait 4,07%. En 2001 elle faisait encore mieux avec 5,79% ce qui lui a permis d'avoir un élu, Antoine Orabona. L'homme issu du MNR n'a pas encore précisé si il se représentera ou pas. Le FN a quant a lui disparu de Limoges, l'ancienne frontiste Patricia Gibeau ayant rejoint le MNR.

> JEAN-JACQUES BELEZY, président de la fédération UDF-MoDem de la Haute-Vienne, conseiller régional et municipal.
- En 2001 vous avez été élu sur une liste UDF-RPR, et depuis vous siégez au conseil municipal avec l'opposition. Est-ce qu'aux prochaines élections municipales il y aura une liste commune UDF-UMP ?
Pour Limoges, l'ambition du Mouvement Démocrate est d'avoir une candidature autonome en dehors des autres formations traditionnelles. Nous présentrons donc une liste indépendante en mars prochain.
- Cette liste centriste répond-elle à la volonté de François Bayrou qui est de créer des listes autonomes dans les grandes villes ou est-ce une vraie stratégie locale ?
Il n'y a pas de tactique politicienne. Notre démarche est de proposer un projet d'ouverture pour rassembler ceux qui n'ont pas l'habitude de se parler. Il s'agit d'un projet démocratique porté par des limougeauds venus d'horizons différents. Tous ceux qui veulent travailler ensemble sont les biens venus. Nous, nous n'allons pas faire de la peopolisation de la politique, du showbizness comme a pour habitude de faire Alain Rodet.
- Une opposition divisée n'est-elle pas profitable à Alain Rodet ?
L'objectif du MoDem est simple: gagner les prochaines élections municipales à Limoges. Il faut être suffisamment riche et créatif pour que Limoges nous choisisse.
- Comment allez-vous vous distinguer de l'UMP ?
Le but n'est pas de se distinguer. Nous voulons proposer une liste avec la philosophie centriste, la philosophie du MoDem.
-  Etes vous prête à travailler avec la gauche ?
La question ne se pose pas pour le moment.

> BEATRICE MARTINEAU- Ancienne présidente de la fédération RPR-UMP de la Haute-Vienne (1999-2003), conseillère municipale UMP.
- Depuis juin dernier  il n'y a plus de député UMP en Haute-Vienne. Alain Marsaud est contesté par certains militants et sympathisants. On lui reproche notamment sa forte personnalité. Pourtant, il a annoncé le soir de sa défaite aux législatives qu'il ne quitterait pas la direction de l'UMP. Est-ce une bonne chose pour la droite locale de continuer avec Alain Marsaud ?
Lorsqu'on est battu on dit toujours que c'est de la faute au candidat qui est mauvais. Alain Marsaud était un bon candidat. C'est une bonne chose d'avoir une forte personnalité. Nous avons beaucoup de chance d'avoir Alain Marsaud, qui est une personnalité nationale. De pus il est natif de Limoges, on ne peut pas lui reprocher d'être un parachuté, c'est lamentable.
Alain Marsaud veut être présent localement, je trouve ça admirable, surtout pour le Limousin qui ne l'a pas beaucoup récompensé.
Enfin, face à cet échec, il faut réfléchir à une base plus solide pour les combats futurs. C'est aux jeunes de s'investir [...] mais le combat reste extrêmement difficile.
- Beaucoup de rumeurs circulent à Limoges, certaines parlant de l'état de santé d'Alain Rodet, d'autres de parachutages de personnalités nationales pour les municipales, et une qui annonçait votre départ. Est-ce que vous la confirmé ?
(Rires) Quand on veut se débarrasser de quelqu'un soit on dit qu'il va mal soit qu'il va s'en aller ailleurs. Ces deux rumeurs, l'une concernant l'état de santé d'Alain Rodet et l'autre annonçant mon départ, sont tout à fait fausses. Je ne m'en vais pas. Monsieur Rodet a annoncé sa candidature aux prochaines élections municipales, moi je ne l'ai pas encore fait pour des raisons personnelles.
- Quand connaîtrons-nous la liste définitive de l'UMP ?
Pour l'instant j'ai un certain nombre de gens à rencontrer, mais d'ici la fin du mois d'octobre on en saura plus.
- Serez-vous "tête de liste" comme en 2001 ? Repartirez vous avec la même équipe ?
Je n'ai pas pris ma décision. Cela fait 7 ans que nous sommes dans l'opposition. Nous avons des idées et nous établissons des contacts pour renouveler la liste. Il y aura une grande place aux jeunes. Dans la liste précédente déjà, j'avais la plus jeune élue du conseil municipal.
- L'UDF Jean-Jacques Bélézy fera bande à part en 2008. Est-ce que vous pensez que c'est une bonne chose pour l'opposition municipale ?
Jusqu'à présent j'ai d'excellents rapports avec lui. Il paraît qu'il a annoncé son intention de constituer une liste MoDem. Je pense que c'est une erreur monumentale. François Bayrou a dit qu'il n'était pas nécessaire de faire une liste dans toutes les communes. A Limoges, compte tenu de la configuration politique c'est suicidaire. Les électeurs UDF-MoDem sont des électeurs de droite. Le risque est le suivant: si nous sommes désunis, nos électeurs n'iront pas voter. A moins que Monsieur Bélézy veuille s'allier avec le PS !
- Qu'est-ce qu'il faudrait pour que l'UMP soit plus "populaire" en Haute-Vienne ?
Je ne sais pas si l'UMP est impopulaire en Haute-Vienne. L'absence de victoires rend difficile l'investissement des personnes à Limoges. Il est difficile pour un citoyen ordinaire de continuer à soutenir lorsqu'on ne gagne pas. Il faut des victoires pour entraîner le parti et mobiliser.
[...] L'opposition c'est usant et frustrant. Les gens abandonnent en disant qu' "il n'y a plus rien à faire". Le verrouillage est tel qu'il rend impossible le moindre engagement. Beaucoup de gens travaillent avec les collectivités et ne peuvent se lancer. Le risque de perdre son emploi en décourage beaucoup. Mais je ne suis pas inquiète car à Limoges nous avons des forces vives. Il faut qu'ils se préparent pour de multiples combats.
- Limoges n'a pas connu l'alternance depuis de nombreuses années...
C'est pour cela qu'il faut renouveler. Il faut que les mandats soient limités pour permettre un renouvellement plus important. Limoges n'a connu que trois maires en 60 ans. Nantes par exemple a longtemps été géré par la droite, mais passer à gauche lui a fait du bien.
Les dernières élections ont montré que les gens ne voulaient rien changer. La population vieillit, l'élite quitte la région, il y a bien peu d'arrivées. C'est dommage, car nous perdons notre "moelle épinière". Je dis ça depuis le début de mon engagement en politique. On ne peut pas dire qu'il y a de la "qualité de vie" lorsqu'on on a ses enfants loin de chez soi.
- Qu'est-ce qui vous a le plus marqué dans le bilan de l'actuelle équipe municipale ?
Prenez par exemple la Zone de Romanet. Nous n'avons pas d'entreprises qui viennent de l'extérieur. Leur activité se développe peut être, mais les créations d'emplois ne sont pas là car il s'agit juste de transferts de sites pour les entreprises qui s'y implantent. [...]
Alain Rodet se contente de travaux de voirie pour se faire réélire, mais il est obligé d'engager ces travaux qui font parti des dépenses obligatoire de la ville.
Un des enjeux principaux pour les prochaines municipales concernera l'agglomération. Rien ne peut se penser sans réflexion avec les communes réciproques. Il nous faut développer des projets communs car nos destins sont liés.
Nous avons laissé passer beaucoup d'opportunités. Sans véritable réseau de communication nous ne pouvons rien faire. Limoges est perçu comme un petit îlot central préservé de tout, mais le risque est de ne plus exister du tout...
> Pour des raisons d'emploi du temps, l'entretien avec MONIQUE BOULESTIN sera publié cette semaine.

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