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Carnets de déroute, suite

Publié le 24 septembre 2007 par Bertrand Gillet
Préface
Deuxième partie
Pour en revenir à mes poulains, je vais commencer par vous les présenter. Juste à votre droite, voici les Beaux Diddlaids qui revisitent avec force un garage rock solide et jouissif, un tantinet brouillon et brouillé mais c’est leur désinvolture décadente qui m’a séduit chez eux. Au centre, Twiggy Pop, formation héritière d’une tradition séculaire qui doit autant à Julie Driscoll with Brian Auger qu’aux premiers singles de Traffic. Du velours et  je ne dis pas cela seulement parce qu’ils arborent tous de superbes vestes psychédéliques. Enfin, à gauche voici dans un genre totalement différent Orchestral Philippe Manœuvre In The Dark, pop minimaliste et sombre, mélange improbable entre Can pour les incantations néo-européennes et les Beach Boys pour leur préciosité légèrement enfumée. Fantasme de journaliste me direz-vous ? Ok, je n’en suis pas encore là il est vrai, je ne me suis pas encore glissé dans mon complet bon marché de manager un brin véreux, avec le cigare incandescent dans une main, le doigt pointé façon Oncle Sam et le sourire indécent plaqué or sur lèvres balançant des « Signe et tu te baigneras bientôt dans une piscine de dollars ! » ou « Je crois qu’il est temps pour toi de reconsidérer les valeurs que tu tenais pour acquis et qui ne sont qu’hypocrisie bouffie et manque flagrant d’ambition » voire « Si je veux, je t’offre la carte American Express ‘ne partez pas sans elle’ assortie à ton futur disque de platine ! »ou encore des « Sympa, ta chambre de bonne sous les combles avec comme seul auditoire de tes folles expérimentations rock’n’rollesques de vieux bourgeois adeptes de la délation et de la délégation de descente de poubelles ». Cela étant dit, je peux maintenant vous narrer le récit d’un mois qui n’eut que très peu de rapport avec le Summer of Love de 1967, les conditions météorologiques nous rapprochant plus de la boue communautaire d’un Woodstock que d’un week-end de bronzette passé avec les sémillants Rivieras. Comme quoi tout est affaire de perception et de trip car malgré les déluges bibliques qui s’abattirent sur le pays tout entier, mes errances urbaines prirent une tournure que je ne pouvais hélas prévoir à ce moment précis, même en auscultant les débris aqueux que l’estomac rend lorsque l’esprit calfeutré par 3 kilos de coton hydrophile dérape sur la peau de banane imaginaire d’un délire foncièrement éthylique. Récits.
À suivre...

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