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Bad boy

Publié le 25 septembre 2007 par Didier T.
à 22 ou 23 ans, j'ai défloré une fille qui fêtait ses 18 ans ; le lendemain, je partais à l'armée (pas pour longtemps, c'était pas mon truc). Quelques temps après, sur l'autoroute, un camion est passé trop près de notre voiture, et l'appel d'air a décroché les attaches du coffre dans lequel elle cherchait quelque chose. Elle s'est pris le capot sur la tête. Drôle de signe. C'est dangereux une autoroute.
Et puis, histoire sans amour pour elle et pour moi, en tout cas pour moi, Ingrid a rencontré l'amour de sa vie, vraiment. Et je suis tombé amoureux de Marie, la soeur d'Ingrid. Pas jolie, je ne sais plus en fait, mais j'avais envie d'aimer ses lèvres douces. No way, elle ne m'aimait pas.
Ingrid a commencé à construire une vraie histoire, avec de l'amour dedans, du vrai. Puis, Ingrid, un matin, a pris sa voiture, s'est retrouvée sur une route de campagne, entre Aix-en-Provence et un petit village alentours, et Ingrid, distraite, a quitté la route. Elle est morte. Mon meilleur ami de l'époque, qui connaissait Ingrid, qui connaissait son amour, qui me connaissait très bien, m'a détesté. Je n'ai jamais compris pourquoi. J'ai perdu un ami, j'ai été confronté pour la première fois de ma vie à une mort violente. Quelques mois après, j'avais rencontré ce que je croyais être l'amour de ma vie, et j'ai appris par un coup de fil sybillin (les mails n'étaient même pas un concept), que l'amour de la vie d'Ingrid s'était suicidé, tué, il avait dégagé. Trop lourd pour lui, ou peut-être était-il trop romantique. On aime bien le romantisme du côté d'Aix-en-Provence. Je vis avec ça depuis, mauvais garçon que je fus, et que je suis encore, me demandant si je n'avais pas quelque part provoqué ce drame déjà oublié. Mais moi, je n'oublierai jamais. Est-ce qu'il a commandé à ce que je suis aujourd'hui ? Je pense que oui.
Le "good boy", on s'en souvient tant qu'il est là. Le bad boy est comme une arête dans la gorge, le souvenir d'une douleur au vagin ou ailleurs. On s'en souvient. On aime à se rappeler qu'il a un jour fait quitter l'enfance d'une jeune fille, on se souvient qu'il a répandu du mensonge sur l'innoncence, on se souvient finalement toujours de ce qu'il n'a pas respecté. On finit par le chercher toute sa vie. Comme pour essayer d'attraper le regard qu'il n'a pas posé sur soi, après.
Publié par les diablotins

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