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Critique lapidaire

Publié le 19 juin 2009 par Adadala
Lapidaire car le film est sorti depuis plusieurs semaines déjà. Dans un quasi-désert cinématographique certainement pour que les médias çà-et-là recommandent vivement d'aller le voir. Ou alors c'est à cause du capital sympathie dont jouit la réalisatrice Zabou Breitman. Adorable actrice, la belle Zabou n'en est pas à son coup d'essai. Personnellement j'avais adoré Se souvenir des belles choses, pour le titre, pour les acteurs, pour l'intensité des sentiments, pour la lune qui ment, pour le drame et les larmes. C'est ainsi que, désireuse de me faire une petite virée en solitaire et pleine de confiance, j'ai opté pour Je l'aimais, son troisième film. Du coup, j'en viens à me reposer des questions sur son premier.
Anna Gavalda, au cas où vous ne la connaîtriez pas, au cas où vous seriez passé à travers le torrent médiatique qui s'est abattu sur chaque lecteur de magazine féminin, utilisateur de presse quotidienne, usager de télévision toutes chaînes confondues, consommateur de salles obscures et/ou auditeur des grandes stations de radio dites culturelles, Anna Gavalda est l'auteur de l'amour-toujours, la romancière de l'amour éternel, l'amour pur, l'amour fort, l'amour jeune, l'amour neuf, des histoires d'amour qui finissent bien en général. Pardon d'avoir l'air rageur, mais son Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part avait réussi à me la jouer (je me fais apparemment souvent avoir par les jolis titres moi). J'ai tout de même, vaguement écoeurée d'avance, prudemment évité le Ensemble c'est tout, auquel j'ai succombé sur le petit écran, la faute à Audrey Tautou. J'ai carrément et inconsciemment refusé de m'intéresser à la suite jusqu'à ces reportages alléchants sur le dernier film de Zabou Breitman. Il se trouve qu'il est adapté d'un roman commis par Madame Gavalda. Légère déception et malaise pendant le générique du début, vous l'imaginez bien.
Tout le long du film, je balance. Le film est ennuyeux limite pénible, mais je ne sais pas pourquoi et en dépit de Gavalda, je lui donne sa chance. J'attends .
Première séquence, une nana pleure en gros plan sans jamais fermer les yeux. Elle ne veut pas rentrer chez elle.
Deuxième séquence, elle se pelotonne dans la voiture, sur le siège du passager. Il fait nuit.
La suite se déroule dans un chalet de montagne. L'actrice principale devient spectatrice du récit de son beau-père qui lui parle de l'amour de sa vie, la femme qu'il a rencontrée, aimée comme un fou et perdue. Tellement spectatrice qu'à un moment, elle se retrouve, elle et son canapé, dans le hall de l'aéroport où Daniel Auteuil prend l'avion.
Donc pour finir et lapidairement : les acteurs sont très bons, la pleureuse, Florence Loiret-Caille, s'en sort très honorablement malgré la mise en situation méga cliché dans laquelle on la fait patauger ; Daniel Auteuil est très bon sauf que je m'ennuyais tellement que je commençais à me demander si ce n'était pas lui qui jouait mal par hasard, mais au final il est égal à lui-même, un grand acteur ; la femme aimée, Marie-Josée Croze, est très bien dans son genre, sauf que j'ai eu envie de lui attraper la tête et de la brosser méchamment à chaque scène où elle apparaît.
Critique lapidaire
© SND

Ensuite il y a le propos, auquel, désolée mais je n'ai absolumment pas réussi à adhérer une seconde tellement il est lourdinguement et ringardement exploité. L'histoire d'amour fou, c'est bien parce que j'ai de la bonne volonté que j'ai bien voulu faire l'effort d'en accepter le concept. A aucun moment je n'ai été prise, saisie, embarquée.
Et pour finir, les petits copeaux de chocolat sur la chantilly, la mise en scène... risible, naïve, super lourde, je me répète, cliché, d'une lourdeur insupportable. Une musique omniprésente, envahissante, soulignant en rouge, surlignant en jaune fluo au cas où on n'aurait pas compris que là c'est triste !!!!! hein ?
Ce qu'on en garde : une irrépréhensible envie d'éclater de rire quand on se répète le titre du film en sortant de la salle, une romancière à boycotter d'urgence pour préférablement s'abonner à Nous deux, de beaux acteurs, une réalisatrice qui devrait peut-être faire la Femis, je ne sais pas, je propose... et un méchant petit billet loufoque d'Angelina qui se moque avant tout d'elle-même.Mes Petites Fables

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