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G8 : le climat continue à diviser le Nord et le Sud

Publié le 15 juillet 2009 par Kak94

G8 : le climat continue à diviser le Nord et le Sud

Pour la première fois, les dirigeants du G8 (Etats-Unis, Russie, Canada, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie et Japon) ont inscrit dans leur accord que le réchauffement climatique ne devait pas excéder 2°C, seuil recommandé par les experts du GIEC. Ils se sont également engagés à réduire leurs émissions de GES de 50 à 80% d'ici 2050. Un engagement positif avant le sommet de Copenhague, mais qui ne compte pas les pays émergents.

Le sommet du G8, qui s’est tenu en Italie, revêtait une importance particulière : il préfigure les futures négociations internationales sur le climat, prévues en décembre prochain à Copenhague. Or, les dirigeants du G8 ont pris pour la première fois l’engagement de maintenir le réchauffement à 2°C d’ici la fin du siècle, ce qui n’avait pas été possible auparavant, malgré un large consensus scientifique sur la question. Ils se sont également engagés à réduire leurs émissions de GES de 50 à 80% d'ici 2050, sans retenir toutefois l’objectif intermédiaire de 2020 comme l’a fait l’Union européenne (-20% en 2020). Le président Obama, dont le projet de loi sur le climat n’est pas encore passé au Sénat, a vraisemblablement préféré éviter toute pression supplémentaire sur  ce texte, adopté à une très courte majorité par la chambre des représentants.
Autre difficulté en sein du G8, l’attitude ambivalente de la Russie qui a certes accepté la déclaration finale, mais qui affirme par ailleurs ne pas être en mesure de tenir ces engagements. De fait, le pays n’a toujours pas de politique climatique et aucune feuille de route pour l’après-Kyoto. « Le fait d’avoir ratifié le protocole de Kyoto en 2004 ne l’avait pas engagée à grand chose, hormis d’établir un cadastre des émissions, de produire des rapports réguliers et de mettre sur pied une agence nationale, pour la mise en œuvre du traité », explique à ce sujet Marie-Hélène Mandrillon (voir article lié),  historienne de l'environnement au Centre d'études des mondes russe, caucasien et centre-européen (CNRS / EHESS).

Refus des pays émergents

Mais les négociations les plus délicates concernent la position des grands pays émergents - Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud et Mexique-  l'Inde et la Chine ayant refusé de réduire de moitié leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. Le Forum des économies majeures (MEF), qui réunit les 17 pays les plus émetteurs de GES - le G8+ 9 pays émergents- rejette tout objectif de réduction au profit de la croissance et du développement industriel.

Le fait que le G8 ne prenne pas d’engagements pour 2020 est un argument utilisé par ces pays pour ne pas en prendre de leur côté. Chef de file des émergents, la Chine réclame en effet que les pays développés se fixent un objectif de 40% de réduction de leurs émissions nationales d’ici 2020,  et refuse toute collaboration bilatérale avec les Etats-Unis. Pour autant, le jeu est plus complexe désormais pour le pays. La Chine  est en effet  devenu le premier émetteur mondial de GES en valeur absolue devant les Etats-Unis. Or, la nouvelle donne américaine ne lui permet plus de justifier son non- engagement comme ce fut le cas ces dernières années.
La délégation indienne a estimé de son côté  que les pays riches doivent au préalable s’engager sur le financement de l’adaptation des pays en développement aux conséquences du réchauffement climatique. Lors du Forum des économies majeures sur l’énergie et le climat (MEF) en mai dernier, un consensus avait été trouvé sur la proposition mexicaine de créer un « fonds vert mondial », qui serait alimenté par tous les pays (excepté les plus pauvres), et réparti en fonction des émissions historiques et actuelles de chacun, pondérées par le PIB. Cette question semble aujourd’hui au point mort. Aucun engagement financier n’a par ailleurs été pris par les pays industrialisés pour le financement de l’adaptation, estimé par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), à un minimum 50 milliards de dollars par an d’ici à 2030. Nicolas Sarkozy et Gordon Brown ont appelé les dirigeants du G8 à renforcer la coopération avec les pays les pauvres, le Premier ministre britannique ayant déjà proposé en juin dernier de créer un fonds international de 100 milliards de dollars (70 milliards d'euros) par an d'ici 2020. A Copenhague, l’enjeu ne sera pas uniquement de maintenir le réchauffement à 2°, mais bien de permettre aux pays pauvres de s’adapter aux impacts climatiques qu’ils subissent déjà.

Véronique Smée
Mis en ligne le : 10/07/2009
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