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CAUCASE : La Géorgie reste une poudrière

Publié le 23 juillet 2009 par Theatrum Belli @TheatrumBelli

La mission d'enquête sur le conflit russo-géorgien aurait dû publier son rapport le 31 juillet. Mais la date anniversaire de l'ouverture des hostilités, le 7 août, est sensible et les auteurs du document ont jugé plus raisonnable de le publier à la fin septembre. La tension est forte au moment où le vice-président américain Joe Biden rend visite au président géorgien Mikhaïl Saakachvili

La Géorgie est une poudrière. A quelques jours de la commémoration du début du conflit russo-géorgien de l'été 2008 (7 août), la situation de cette ex-république soviétique du Caucase demeure délétère. Et pourrait s'embraser à tout moment. Dans les zones frontalières de l'Ossétie du Sud, les incidents sont fréquents. Les autorités géorgiennes espèrent que les Etats-Unis se joindront à la Mission de surveillance de l'Union européenne composée de 225 observateurs.


Visite de Joe Biden

Après la visite - condamnée par les Européens - du président russe Dmitri Medvedev dans les républiques autoproclamées indépendantes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, c'est au tour du vice-président américain de rappeler l'intérêt des Etats-Unis pour la région. Joe Biden est arrivé mercredi à Tbilissi pour deux jours durant lesquels il va rencontrer le président Mikhaïl Saakachvili. Après le soutien inconditionnel de l'administration de George W. Bush à Tbilissi, la tâche de Joe Biden est délicate. Le président Barack Obama s'attelle à réchauffer les relations russo-américaines.

Les tensions persistantes en Géorgie ont une explication : les plaies du conflit de l'été 2008 sont encore ouvertes. Elles suppurent même. Géorgiens et Russes ont certes tenté d'aplanir leurs divergences lors des discussions de Genève. Mais après 6 sessions, force est de constater qu'elles n'ont rien produit de substantiel. C'est dans ce contexte explosif que la mission d'enquête sur les causes du conflit russo-géorgien, créée par le Conseil européen, doit rendre son rapport. Dirigée par la diplomate suisse Heidi Tagliavini, 58 ans, elle vient de renoncer à publier le document comme prévu le 31 juillet et ne le fera qu'à la fin septembre. Officiellement, ce renvoi répond à la volonté des auteurs du rapport de prendre en compte les dernières remarques de Moscou et de Tbilissi. En réalité, on semble avoir craint l'impact du document s'il avait été publié quelques jours seulement avant la date du 7 août.

La mission, dont le secrétariat est basé à Genève, marche sur des œufs. Elle a pour mandat de répondre à des questions sensibles: quelle était la situation militaire au moment de l'ouverture des hostilités ? Y a-t-il eu une agression géorgienne dans la capitale ossète Tsinkhvali ? Les troupes russes étaient-elles déjà en formation d'attaque ou ont-elles réagi en conformité avec l'article 51 de la Charte des Nations unies qui prévoit le droit à la légitime défense ? Le rapport aborde aussi l'aspect géostratégique majeur de la mer Noire, où bâtiments de guerre russes et américains s'étaient croisés à quelques kilomètres de distance peu après le conflit.

Pour exécuter son mandat, Heidi Tagliavini, secondée par l'ex-ambassadeur allemand en Géorgie Uwe Schramm et un diplomate polonais, disposait d'un budget de 2,4 millions de francs. La Suisse ne s'est pas contentée de mettre des locaux à disposition. Elle s'est aussi appliquée à accorder aux enquêteurs le statut de mission spéciale garantissant l'immunité diplomatique. La mission s'est appuyée sur l'expertise d'un haut responsable militaire suisse, de colonels et généraux britanniques, allemands et français connaissant la région. Elle a aussi recouru à des professeurs pointus en matière de droit international humanitaire et de droits de l'homme. Elle a enfin pu se référer à des personnalités comme l'ex-conseiller fédéral Samuel Schmid, l'ex-chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU Jean-Marie Guéhenno ou l'ex-ministre autrichienne des Affaires étrangères Ursula Plassnik.

Source du texte : LE TEMPS.CH


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