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Voile : pour un modus vivendi (2)

Publié le 30 juillet 2009 par Roman Bernard
Il n'y aurait donc, selon les Renseignements généraux, « que » 367 burqas en France. L'Hérétique, qui réalise une synthèse des billets de L'Échiquier sur la burqa, met en doute ces chiffres. Je me garderai bien de le faire ici. Mais, comme le même Hérétique, je m'étonne de ce qu'il nomme à raison le « lâche soulagement » de la presse et des « bonnes consciences de gauche ». Sous prétexte qu'il y aurait peu de burqas en France, le danger islamiste serait donc un fantasme ? Se résumerait-il à ce que les opposants à toute loi visant à son interdiction appellent un simple « bout de tissu », la burqa ?
Lorsque j'ai écrit « Voile : pour un modus vivendi », en février dernier, j'ai anticipé qu'une loi visant uniquement le voile intégral ne constituait pas la bonne méthode. Qu'il valait mieux dégager un critère qui soit universalisable, l'obligation d'afficher son visage en public, pour interdire et la burqa et le niqab, sans remettre en cause le caractère universel de la loi qui doit prévaloir dans un État de droit. Il y a là, bien sûr, une forme d'hypocrisie, comme lors de la loi sur les signes religieux à l'école, puisque, sous couvert d'universel, on vise une pratique bien particulière. Mais c'est à mon sens le seul moyen de combattre l'islamisme sans rien renier des valeurs de la démocratie libérale, qui reposent sur l'égalité en droit. C'est au nom de cette même égalité qu'on peut d'ailleurs être surpris d'apprendre, de la part de notre gouvernement, que la cagoule puisse être interdite lors des manifestations, à des fins d'identification policière, et pas la burqa, qui présente pourtant le même attribut : la possibilité de ne pas pouvoir être identifié sur la voie publique...
J'entends bien sûr l'argument de ceux qui pensent que légiférer sur la burqa et le niqab reviendrait à légitimer les voiles non-intégraux. Je crois cependant que la situation des pays européens, en 2009, ne permet pas de faire autrement que de reconnaître implicitement un droit à porter un voile ne recouvrant que les cheveux.
Le seul argument - éculé - des opposants à une loi interdisant la burqa en public est de dire que d'autres formes de voile existent, comme celui des bonnes-sœurs par exemple. Ils feignent d'oublier que la burqa et le niqab, loin de se limiter à recouvrir la chevelure comme le fichu des grands-mères, occultent tout le visage.
Privons-les donc de cet argument spécieux et soutenons un projet de loi qui poserait l'obligation d'afficher son visage en public. Les voiles qui seraient compatibles avec une telle loi (hidjab, tchador), résulteraient ainsi d'un modus vivendi.
Il n'y a aucune démission dans ce modus vivendi. Il s'agit de faire de la politique, c'est-à-dire de partir d'une réalité (la montée de l'islamisme en Europe) et de pratiquer une politique des « petits pas » pour pouvoir enrayer son avènement.
Cette loi, si elle voit le jour, ce dont je doute fort, constituerait le premier pas.
À la société civile de prendre le relais pour faire reculer le port non pas seulement de la burqa et du niqab, mais également des voiles non-intégraux. Commencer par une loi modeste n'implique aucunement de perdre de vue son objectif à plus long terme.
Roman Bernard

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