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Du périurbain au bobo, l’avènement d’une nouvelle société ?

Publié le 31 juillet 2009 par Pierre

etalement-urbainDepuis les années 50-60, la France est entrée dans l’ère de la civilisation périurbaine. Sous l’effet d’une progressive motorisation des ménages, les citadins sont peu à peu partis s’installer en périphérie des villes, utilisant chaque jour leur véhicule pour se déplacer. L’émergence récente du phénomène « bobo » marque-t-elle un changement majeur dans cette logique ?

Pour répondre à cette question, penchons-nous un instant sur le cas de l’hommo periurbanus. Le plus souvent, le citadin des années 50 et 60 vient du monde rural : l’accès à la propriété en périphérie d’une ville lui permet de disposer d’un emploi en ville, tout en se rapprochant de ses racines rurales en habitant une maison individuelle, avec un jardin et un cadre de vie agréable. La possibilité de se déplacer à moindre coût et les facilités d’emprunt ont pendant plusieurs décennies rendu possible ce rêve pour des millions de ménages.

Aujourd’hui, la situation semble avoir sensiblement changé.

pavillon
Pour des questions économiques, d’abord. A court terme, la crise immobilière rend beaucoup plus difficile l’accès à l’emprunt, et donc à la propriété. A plus long terme, la hausse du coût de l’énergie remettra durablement en question le mode de vie périurbain, fondé sur une mobilité à bas coût. Les ménages les moins aisés, souvent implantés à plusieurs dizaines de kilomètres des centres villes, en subiront le plus les conséquences.

Il y a également des raisons sociétales, qui paraissent encore plus fondamentales. L’on observe depuis plusieurs années l’émergence de préoccupations liées à la qualité de l’alimentation, à la santé, et à la qualité de vie. Dans l’esprit des ménages, la qualité du cadre de vie est progressivement devenue au moins aussi importante que l’emploi. C’est un peu comme si les périurbains acceptaient de moins en moins un mode de vie qui implique une dissociation spatiale entre l’habitat, le travail et les loisirs, ainsi qu’une vie de quartier quasiment inexistante. Autre aspect, les enfants de la première génération des périurbains sont désormais adultes, et le rêve du retour à la campagne n’est plus forcément le leur.

Quelles sont les conséquences de ce nouveau contexte ?

Tout d’abord, pour les plus riches, c’est la tendance au retour dans les centres villes. Les bobos ont le désir de retrouver un cadre de vie authentique et populaire, c’est-à-dire l’inverse de ce que l’on peut trouver en banlieue résidentielle.

potager
Pour ceux (c’est-à-dire l’immense majorité) qui restent vivre en banlieue, on assiste depuis quelques années à un réinvestissement de la vie culturelle et associative locale, à la multiplication des potagers dans les jardins des pavillons, ou encore au fort développement d’AMAP et d’agriculture de proximité. En somme, la recherche d’une plus forte relation au territoire, que le mode de vie périurbain niait jusqu’à présent.

Il ne s’agit encore que de faits émergents, mais qui pourraient se renforcer si le coût de l’énergie s’envolait durablement, obligeant les périurbains à limiter leurs déplacements et à reconsidérer leur relation à leur environnement immédiat.


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