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Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé (David Yates)

Par Interstella_fr

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Après le combat contre Voldemort devant lequel tout le monde a fini par croire Harry et Dumbledore à propos du retour du Prince des Ténèbres, c’est la sixième année à Poudlard pour nos trois amis. Au milieu d’un monde qui se peuple d’ennemis et de noirceur, les adolescents sont tourmentés par leurs sentiments… tandis que Harry découvre à l’aide de Dumbledore des secrets d’une importance capitale sur leur ennemi juré.

« Leur ennemi juré» . Rien ne définit plus mal Voldemort, quand il s’agit de la saga de J.K. Rowling. Pourtant, à travers ce film et le précédent, c’est à peu près tout ce que cela m’inspire. Je trouve que jamais on ne prend autant la mesure de ce qu’est vraiment Voldemort, de ce qu’il représente pour le monde des sorciers tout comme pour le monde en général. Il est presque devenu un « méchant»  comme un autre. Dommage.

Cela étant dit, ce sixième épisode, pourtant réalisé par David Yates aussi, tout comme le cinquième, est nettement plus réussi. Plus fluide, plus intelligent, il arrive à imposer un certain rythme et un certain sens du divertissement.

Le livre insistait beaucoup sur tout l’aspect émotionnel et relationnel qui occupe Harry, Ron, Hermione, et les autres. C’est en effet d’une grande importance et c’est ce qui fait aussi la force des derniers tomes de la saga : mettre à même échelle un combat contre le mal absolu, et la lutte intérieure due aux affres du sentiment amoureux.
Dans le film, ces scènes sont très réussies. L’actrice qui interprète Lavande Brown (Jessie Cave) est très bien, avec son joli visage un peu niais ; Emma Watson arrive à émouvoir avec ses petits oiseaux ; Ginny pourrait être mieux lotie mais enfin, elle n’est pas si mal. Et puis Rupert Grint a enfin quelque chose à jouer. Il devait être content de ne pas se contenter de grimacer et de grogner, pour une fois… et il s’en sort vraiment très bien. On sent que David Yates est passionné par cet aspect de l’histoire, par ce personnage sacrifié, à l’âme de perdant, qui cache pourtant un énorme potentiel.
Que peut-on avoir à redire à ça ? Rien, tout est très juste, bien vu, bien amené.
Le seul problème, c’est que tant d’autres choses ont été coupées via l’adaptation, que ces petits problèmes de cœur et de Ron prennent, proportionnellement, une importance démesurée. Et même s’ils sont intéressants et bien faits, il en ressort quelque chose de trop déséquilibré, et surtout de trop léger.

On passe en effet beaucoup trop vite sur ce qui faisait la force de ce sixième tome, à savoir tout l’arrière-plan qui se dessinait autour de Tom-Voldemort, presque une mythologie, qui donnait des frissons et rendait les événements vraiment pesants et angoissants. Voilà comment l’histoire perd tout son poids, à mon avis.

A l’image de ce final, où les modifications – que je ne soulignerai pas, par paresse, et parce que les lecteurs les connaissent et que les non-lecteurs s’en fichent – sont à mon avis assez malvenues. Les Mangemorts sont à peine inquiétants, et alors qu’on « attend»  leur arrivée pendant tout le film, leur unique scène est assez fade, d’autant qu’on dirait que leur entrée dans Poudlard n’a quasiment aucune incidence. Pour le reste, l’émotion liée à cette fin est quasi nulle (je passerai sur les baguettes brandies vers le ciel telles des briquets pendant un concert pour midinettes), et d’ailleurs le film se clôt presque sur une note d’espoir, là où J.K. Rowling nous laissait presque désespérés…

J’avais pris garde de ne pas avoir trop d’échos critiques sur le film, mais je n’ai pas réussi complètement, et je crois que je me suis laissée imprégner de trop d’avis positifs, même chuchotés, et que ma déception vient de là.

Il faut quand même avouer que le film fonctionne bien mieux que l’Ordre du Phénix, et qu’il pourra plaire aux non-lecteurs par toute cette partie « romance»  qui est assez amusante. Mais enfin… les Inferi, réduits à des Gollum au rabais ? Les Horcruxes, dont Dumbledore semble apprendre l’existence alors qu’il en a déjà trouvé deux et presque trois ? Le premier baiser de Ginny, autrement plus fort dans le livre, à la fin de cette terrible journée ?
Et puis j’en attendais bien plus d’Alan Rickman. Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers

Sa « trahison»  ne m’a pas causé un huitième du sentiment de révolte que cela aurait dû… Sans vouloir en dire trop.

Patience maintenant, jusqu’au final, Harry Potter et les reliques de la mort, premier tome à être adapté en deux volets (sorties prévues en 2010 et 2011)… On comprend que ça n’ait pas été possible plus tôt (la croissance des trois acteurs, et en particulier celle de Daniel Radcliffe, est déjà assez catastrophique avec seulement un film par an) mais on se demande un peu pourquoi, d’un coup…

En tout cas, après cette frénésie Harry Potter, il va falloir que je passe à autre chose !


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