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Vespro della beata Vergine par le Cantus Cölln

Publié le 01 août 2009 par Philippe Delaide

Le dernier enregistrement du Cantus Cölln, dirigé par Konrad Junghänel et accompagné par le Concerto Palatino est consacré à un recueil de pièces sacrées de différents compositeurs italiens du XVIIème siècle autour du thème des Vêpres mariales de la Vierge.

Sont abordés dans cet album, en majorité Virgilio Mazzocchi, compositeur majeur à la chapelle pontificale de l'Eglise Saint-Pierre de Rome, Giacomo Carissimi, Girolamo Frescobaldi et le maître incontesté de l'école romaine de musique polyphonique, Giovanni Pierluigi da Palestrina.

Konrad Jungähnel regroupe des pièces de ces différents compositeurs selon le schéma classique des Vêpres, en ayant extrait de psaumes (Dixit Dominus, le Laudate pueri, le Laetatus sum, le Nisi Dominus, le Lauda Jerusalem, le Salve Regina et le conclusif Magnificat), tous composées par Mazzocchi.

Vespro della beata Vergine
Les pièces principales sont ponctuées par des antiennes qui n'étaient pas à l'origine dans l'ordonnancement des Vêpres mariales.

Les pièces de Mazzocchi révèlent une grandeur et majesté indéniables. Elles atteignent parfois un splendide niveau d'élévation particulièrement bien mis en valeur par le chant d'une justesse remarquable des huit interprètes vocaux du Cantus Kölln.

On notera des similitudes parfois troublantes avec les Vêpres de Monteverdi, notamment dans les toutes premières mesures du Beata Mater.

La plus belle composition est indéniablement le Magnificat d'une ampleur spectaculaire où les trombones et cornets du Concerto Palatino doublent parfois les voix, apportant ainsi des sonorités charnues et d'une belle densité.

Les pièces de Carissimi sont quant à elles plus expressives, avec une certaine théâtralité qui tranche avec la relative austérité des compositions de Mazzocchi. La belle part est attribuée à des accompagnements la viole de gambe et à de superbes passages virtuoses des cornets (ex : l'Exsurge cor meum).

Une canzona a due cori attribuée à Frescobaldi (avec tout de même un petit point d'interrogation) vient s'immiscer avec sa facture plus "primitive" où la forme concertante entre les cordes et les instruments à vents (cornets et trombones) reste très cadrée et ne s'écarte pas du cadre formel d'origine  de la canzona.

L'Ave maria stella de Palestrina est tout simplement sublime. Il est révélé par le Cantus Kölln avec une finesse et un une subtilité remarquables.

Sous la direction raisonnée et pertinente de Konrad Junghänel, ces Vêpres aux racines romaines sont plus placées sous le signe de l'élévation et d'une certaine intériorité presque "luthérienne" plutôt que sous celui d'une interprétation ostentatoire. Ces compositions se révèlent donc à nous avec un certain clair-obscur plutôt que sous une lumière saturée et colorée.

On peut être surpris par cette option sur un répertoire italien. Il faut toutefois se rappeler que l'école romaine n'était justement pas réputée, contrairement à celles de musiciens vénitiens, pour être justement la plus débridée.

A noter enfin l'excellente qualité d'enregistrement, comme souvent chez Harmonia Mundi.

Lien direct vers le site d'Harmonia Mundi pour en savoir plus et écouter de courts extraits.

Vespro della beata Vergine - Cantus Cölln, direction Konrad Junghänel - Concerto Palatino - label Harmonia Mundi.


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