Magazine Côté Femmes

Témoignage : la drogue du viol

Publié le 03 août 2009 par Raymond Viger

Si je vous dis GHB, à quoi pensez-vous? Probablement que vous savez que c’est une drogue et qu’elle est aussi appelée drogue du viol mais, à part ca, qu’en savez-vous?

pp.24-25 Drogue du viol

Le GHB est un dépresseur du système nerveux central qui provoque un peu le même effet que l’alcool. La substance cause de la somnolence qui peut aller jusqu’à la perte de conscience si elle est absorbée avec de l’alcool ou à dose élevée. En grande quantité, le GHB peut occasionner des vertiges, des nausées, des vomissements, de l’hypothermie, une diminution de la pression sanguine, de l’amnésie, une dépression respiratoire, des crises épileptiques, le coma et la mort. On retrouve le GHB en liquide, en poudre, en capsules ou en granulés à dissoudre dans l’eau. Mélangé à une boisson alcoolisée, il n’a ni odeur, ni saveur. Ça, le saviez-vous? Moi non, pas avant d’en être victime !

À ce moment-là, j’ai 19 ans et je vis en région dans un petit village tranquille. Je travaille à plein temps et vois mes amis. Je ne sors que très rarement au bar depuis mon arrivée dans ce village. Un gars avec qui je travaille, Benoit (nom fictif), me plaît bien. Nous nous parlons sur MSN, mais sans plus. Un soir, mon «coloc» et moi recevons la visite de quatre amis. Comme tout le monde, je m’ouvre une bière. Il est 19h. Benoit m’appelle alors et me dit qu’il veut que j’aille le rejoindre au bar vers 23h pour prendre une bière tranquille, question de jaser. Je trouve l’idée charmante et je convaincs le gang de venir avec moi.

Il est maintenant 23h et nous sommes tous au bar, j’ai bu quatre bières en quatre heures… Je suis loin d’être saoule. J’ai toute ma tête lorsque, en arrivant, je vois Benoit au fond du bar. Je dis à mon gang que je vais le rejoindre et nous voilà, lui et moi, jasant de tout et de rien: «Dis-moi Marie, tu bois quoi comme bière?» «Hum, Molson Dry, s’il-te-plaît, merci.» À ce moment-là, j’aurais dû me méfier, mais je suis naïve et je ne pense pas du tout à ça. Je le trouve charmant, tout simplement. Je bois le quart de ma bière et je suis prise d’une envie pressante. J’ai un mal fou à me diriger vers la salle de bain. Tout est flou et j’ai la tête qui tourne.

Je me réveille nue et je ne suis pas chez moi. Ma tête me fait mal et je n’arrive pas à éclaircir mes idées. Tout tourne encore et je vois à peine. Un homme m’habille et essaye de me mettre debout mais mon corps est trop lourd, je suis incapable de dire quoi que ce soit. Je me réveille de nouveau. Je suis maintenant dans son auto et je le reconnais, même s’il est flou. C’est Benoit. Il détache ma ceinture de sécurité et me pousse hors de l’auto. Je réussis à me mettre debout, chancelante, et je rentre chez moi comme un automate. Il est 7h du matin.

Lendemain de veille

Je me réveille de nouveau. Il est 15h. J’ai mal au coeur et l’impression que ma tête va exploser. Je me fais un café et dis bonjour à Simon, mon «coloc». Il est enragé et je ne sais pas pourquoi: «Simon, que s’est-il passé hier ? Et pourquoi es-tu comme ça avec moi ?» «Tu vas me faire croire que tu ne t’en souviens pas ? Tu as agi en vrai garce avec moi. Je ne te t’avais jamais vue comme ça !»

Je ne me souviens vraiment de rien, pas de flash, rien, le noir total. Je décide d’aller prendre une douche, afin de me remettre sur pied. C’est en me regardant dans le miroir que la panique s’empare de moi. Je crie à Simon de venir me voir. J’avais une serviette autour du corps. Simon me regarde, horrifié. J’ai des bleus dans le cou, sur la poitrine et sur les hanches.

J’appelle Info-Santé et je raconte ce dont je me souviens de la veille. L’infirmière me dit que j’ai les symptômes d’une victime de la drogue du viol et que je dois me dépêcher d’aller passer des tests à l’hôpital. J’ai 19 ans, je suis perdue et je ne comprends rien. Durant trois heures, je passe une série de tests, que ce soit pour la police ou pour moi.

Méprisée

J’ai honte. Je suis nue devant un médecin, une infirmière et un stagiaire. Je pleure et bouillonne de rage. Il faut ensuite attendre les résultats: 48 heures avant de savoir si j’ai contracté quelque chose. Je n’ai heureusement rien, mais je n’ai aucune preuve contre Benoit.

J’appelle la police mais, sans rien de concret à leur présenter, je me fais rire au nez ! Il n’y a rien de plus insultant que de se faire rire en plein visage par un policier quand tu portes plainte pour viol ! Je me croyais forte, mais cette épreuve me bouleverse. Y a-t-il une justice ? Comment faire confiance à quelqu’un ? Pourquoi c’est à moi que c’est arrivé ? Pourquoi ne pas me croire ?

Les policiers ont le temps de donner une contravention à un jeune parce que son moteur d’auto fait trop de bruit mais pas d’emprisonner un individu dangereux ! Benoit s’en est lavé les mains et j’aurai toujours cette expérience sur la conscience. Mais lui aussi ! Ça ne sert à rien de ruminer tout ça. Il faut aller de l’avant et puis, vous savez, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.

Nous ne pensons pas que quelque chose comme ça puisse nous arriver. On se dit que ça n’arrive qu’aux autres. C’est faux, le GHB est de plus en plus utilisé. C’est pourquoi il faut toujours surveiller son verre et ne pas accepter quoi que ce soit d’une personne inconnue. Je ne changerai pas le monde en écrivant cet article mais si ça peut sensibiliser certaines personnes et les inciter à en parler, j’aurai déjà fait beaucoup !


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

LES COMMENTAIRES (9)

Par Djee
posté le 05 décembre à 17:14
Signaler un abus

(suite de "Salut toi là jeune fille de 19 ans" finalement, c'était un piège, il m'a piégé moi une fille de 50 ans, je suis tomber dans un trou noir!....il avait un complice, "un coloc, son frère" .....tous les détails seraient trop long à énumérés, mais,..deux hommes ont abuser de moi,....mon corps en ressent les mémoires, j'ai des flash back qui tournent en boucle sans cesse dans ma tête, je vois là tête de son frère, que je n'avais jamais rencontrer, ... j'ai passer 5 heures au CHUS avec une équipe extraordinaire, spécialisée pour les victimes d'agression à caractères sexuels, ...ouf, trrrrès difficile moment, examens corporel dans tous les raccoints, injections partout(vaccins) où il y a de la place, contre toutes les maladies vénériennes possibles, les hépatites, prise de sang multiples, policiers, médecins, infirmières qui suivent les directive de la "TROUSSE" un protocole instauré visant à répondre adéquatement à ce genre d'agression. C'est la "trousse" médico-légale ...... Je dois préciser, que toutes les personnes impliquées dans le processus, sont "formidables"! Maintenant ce n'est pas fini, il me reste à aller à plusieurs reprises pour recevoir, vaccins, prises de sang, peux-être en cour, ça me fais peur, mais, si j'ai vécue ça, il doit y avoir une raison que je ne comprends pas dans le moment présent, mais, moi je suis spirituelle, et je crois en la Vie, j'accepte de vivre les conséquences, les séquelles qui viennent avec une telle expérience traumatisante, pour un temps, je sais que je vais aller devant,....je vais méditer, utiliser toutes les ressources disponibles pour m'aider, comme CALACS, mais pour l'instant je me sens trrrrès mal, j'ai peur de mon ombre, je me sens comme un petit animal que l'on a entraîner dans un piège, et que, non pas un, mais deux prédateurs se sont amuser avec mon "corps" mon temple sacré...si je savais au moins ce qu'ils on faient de "moi"..."mon moi" qui ne leur appartient pas.....j'ai toujours l'impression qu'il y a un visage à quelques pouces du mien qui m'observe.....Je désire du plus profond de mon âme, que ces deux "choses" soient arrêtés....et ne violent plus d'être innocents et bons comme nous .....si quelqu'un veux communiquer avec moi je suis au gflyers@live.ca ....p.s. allez, ayez le courage de vous en sortir... Djee xxx Namasté ...

Par  Djee
posté le 05 décembre à 10:57
Signaler un abus

Salut toi, là jeune fille de 19 ans, tu me semble très courageuse, je sens dans ton message une force sûre, je t'admire. Moi je viens tout juste de vivre une expérience similaire, pour ma part, je me sens idiote,..je viens d'avoir 50 ans, je ne fais pas, par contre, avec joie! hi hi ....bref....j'ai eux un premier rendez-vous avec un homme de 44 ans, vendredi, gentil, doux, beau bonhomme, om prend une bière a l'heure de 8h à environ 2h du matin, tout à coup, je me retrouve dans mon auto, me souviens pas de conduire, ce que je suis traumatisé, d'ailleur, me retrouve chez-lui,"je ne vais jamais coucher ailleurs!!! Tout est vague...moi je ne couche jamais avec des hommes sans être amour et les connaître, alors c'est très clair entre nous....je décidé.de faire dodo en cuillère, ce qui était entendu au début de nos premières conversations. Lui me disait qu'il n'avais pas besoin de faire l'amour avec moi et respecte ce choix, motivé par le suicide de mon amoureux" il y a de ça 4 ans"il s'est pendu dans le garde-robe..alors suite à ceci, je suis très retissante à me donner à quelqu'un que je connais à peine,..il me comprend et même il admire mon choix et attitude!....mais c'était un front, une ruse, pour créer un climat de confiance!!! j'y ai cru, en toute innocence,!!! et confiance totale..

Par Dom
posté le 11 février à 11:45
Signaler un abus

Cet article est bizarre, écrit dans un français artificiel comme s'il était traduit de l'anglais... De plus l'épilogie est étrange, car en cas de suspiscion de viol il est évident qu'il faut procéder à des prélèvements ADN (sperme, cheveux, etc..) afin de poursuivre le ou les agresseurs présumé(s). La police sait parfaitement quelle procédure appliquer, et ces histoires de filles qui se retrouvent victimes sans pouvoir rien faire, avec la police qui n'y croit pas ou qui s'en fout c'est juste impossible. Peut-être il y a 15 ans, mais aujourd'hui non. Alors informons les jeunes filles sur les risques de drogue dans les soirées, mais cessons de colporter des peurs infondées et des histoires atroces probablement inventées de toutes pièces.

Par Fafa
posté le 21 juin à 16:06
Signaler un abus

Une histoire similaire est arrivé à ma cousine : - C'est son petit ami qui lui donné le GHB à son insu ... - Le but ? faire profiter les copains ... gagner de l'argent facilement ? - La fin est plus tragique, elle mettra fin à ses jours. Anais 23 ans, joli, pleins de projets n'a eu qu'un tord tombé amoureuse de quelqu'un apparemment bien ...

Par Diane
posté le 04 septembre à 18:52
Signaler un abus

Salut ma belle,

tu es vraiment courageuse de parler de ce que tu as vécu. Et plus on va en parler plus on changera les choses....je veux dire que plus de gens seront au courant et ils feront attention. Et peut-être nos amis de gars et de filles vont réagir et nous aider quand ils vont nous voir agir drôlement. Moi je suis plus vieille que toi, 40 ans et samedi je suis sortie dans une grande fête trés chic, je n ai bu que 3 verres de vin et le lendemain j avais tellement mal a la tête que je vomissais et je ne me suis pas levé de la journée. Je sais que ce n est pas normale. Je me demande si j ai été victime moi aussi. Le pire c est que ce soir le même gars m a invité .....je vais être trés attentive et je vais changer les verres quand il va aller au toilette....Ou bien je n irai pas.....je ne prendrai pas de risque ...je suis seule et j ai des enfants...imagine si je tombais dans le coma. Merde c est qui c est gars la ....pour faire des choses pareil faut avoir um maudit problème ....dans la tête ou ailleur.

Par tania
posté le 16 août à 20:20
Signaler un abus

J'ai vécus pareil par contre j'étais a une fête lycienne juste pour connaitre de nouveaux camarade de mon nouveaux lycée ça ma détruis mais je fait comme si rien ne cest passer je suis bien sur faire passer des teste mais je ne voulais pas le déclairé aujourd'hui personne ne me comprend pourquoi je suis si renfermer et que je me cache car mon coeur et meutrie .

Par Ploomy
posté le 04 août à 14:15
Signaler un abus

Facile de dire d'aller porter plainte... Tout n'est pas si simple. A qui le dire? Quand on est enfant on ne comprend pas. Quand on est adulte et qu'on fini par l'avouer (limite on se sent criminel de le révéler vu les dégâts que celà va causer..) il est parfois trop tard aux yeux de la loi. On est souvent seul(e) face au viol et tous nos appels au secours ne sont pas forcément entendus. Non vraiment ce n'est pas facile d'être une victime.

Par Touchant
posté le 03 août à 20:49
Signaler un abus

Bravo pour cet article! Cela doit être très dur.

C'est gentil de votre part de vouloir faire de la prévention en partageant cette terrible histoire.

Par G
posté le 03 août à 20:19
Signaler un abus

Il faut TOUJOURS porter plainte, même si au final la plainte n'aboutit pas. Il faut une trace judiciaire qui marque le violeur qui hésitera peut être à recommencer s'il a déjà une plainte passée sur le dos. Ne jamais se dire "Je vais de l'avant" en tournant le dos à ce qui s'est passé, cela revient à dire au violeur : "Génial, regarde, aucune conséquence, recommence avec quelqu'un d'autre !".