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Résistance au Tamiflu : faut-il s'inquiéter ?

Publié le 04 août 2009 par Jpa

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Les plans de lutte contre la pandémie de grippe A(H1N1) reposent sur les vaccins et sur les antiviraux. Les vaccins mock-up commencent tout juste à être expérimentés sur des volontaires. En attendant, le Tamiflu ou le Relanza, noms commerciaux des antiviraux oseltamivir et zanamivir, sont “prescrits” en plus ou moins grande quantité selon les pays. L’oganisation panaméricaine de santé (OPS) a annoncé, mardi, “quelques cas de résistance au Tamiflu à la frontière” Mexique-USA, mais “peu dont [ils soient] sûrs.”

Globalement, ces deux molécules fonctionnent bien contre le virus, empêchant l’action d’enzymes, les neuramidases (le “n” de H1N1), présentes à la surface du virus de la grippe. En bloquant les neuramidases, elles limitent la propagation du virus. Le système immunitaire fait le reste (nous y reviendrons).

>Ces cas sont-ils alarmants ?

Faut-il reprendre à son compte ce titre aussi inexact que bêtement inquiétant de RTLinfo.be qui avertit que “le Tamiflu ne protège plus !”. La rime était bienvenue, mais la réalité est légèrement plus nuancée. La polémique est ancienne et ces cas sporadiques ne sont pas les premiers. J’ai tenté un décompte des cas de résistance depuis l’apparition de la grippe A H1N1 au printemps, mais les sources divergent. Il y aurait en tout moins d’une dizaine de cas rapportés.

Ces quelques cas n’affolent ni Roche, ni l’Organisation mondiale de la santé qui affirment avoir toujours tablé sur 0,4 ou 0,5 % de cas résistants. Ils ont tous deux de très bonnes raisons de ne pas y voir un signe de gravité. L’OMS pour montrer qu’elle a la situation en main, Roche pour ne pas tuer la poule aux œufs d’or.

>Résistance ?

Traiter massivement aux antiviraux comporte un risque, celui de favoriser l’émergence d’un virus résistant à la molécule. Ce risque n’est pas inconnu des autorités sanitaires, un responsable de l’une d’entre elles me le confirmait il y a peu.

Les personnes chez qui aurait été observée cette résistance se seraient traitées sans prescription médicale. Cette précision de l’Organisation panaméricaine de la santé est assez cocasse. En filigrane, on  aperçoit la leçon. Braves gens, pas d’automédication, le Tamiflu : réservé pour cas les plus graves !

Cette responsabilisation fait sourire. En Grande-Bretagne, on peut obtenir du Tamiflu en se faisant diagnostiquer grâce à un questionnaire disponible en ligne ou par téléphone, via un opérateur peu ou pas formé. Il est certain que parmi ceux – des milliers –  qui ont “bien répondu” aux questions, un bon paquet n’étaient pas atteints par le virus…

>Efficacité ?Si la résistance se développait à plus grande échelle, elle nous priverait d’un remède efficace. La revue Annals of internal medicine publiait mardi les résultats d’une étude menée par des chercheurs de Stanford.Elle conclue à “l’efficacité” du zanamivir et de l’oseltamivir dans le traitement des syndrômes grippaux. Ils préviennent toutefois que le traitement peut provoquer “nausées et vomissements” et reconnaissent ne pas connaître ses effets sur plusieurs “sous-populations”.

Finalement, pour le Tamiflu comme pour tout ce qui concerne cette grippe, ils faudra attendre la pandémie, la vraie – tout en espérant qu’elle ne vienne pas – pour supprimer quelques conditionnels…

Photo : hitthatswitch


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