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Bloguer en solitaire

Publié le 30 juillet 2009 par Tourments
Après avoir lu ce billet, traitant de la solitude chez les blogueurs, je me suis interrogée sur mes propres motivations bloguesques.
Juste en lisant mon titre ainsi que la description de mon profil, on en doute point; Oui, je fais partie des solitaires. Je l’ai toujours été; Plus jeune, c’était par le rejet de mes pairs et le manque d’intégration avec les autres. En vieillissant, ce fut par le manque d’appartenance à un groupe, par les différences que j’affichais en agissant pas comme le troupeau de mouton qui m’entourait. Finalement, à ce jour, c’est par choix. Le choix de ne plus faire entrer n’importe qui dans ma vie et d’en ressortir déçue et perdante. Solitaire, oui, volontaire, aussi. Mais ce n’est pas cette solitude qui m’a menée à débuter dans le monde des blogs il y a de cela plus de quatre ans.
J’ai toujours aimé écrire, déverser mon fiel avec des mots écrits, car je parle peu dans la vie de tous les jours avec mes congénères qui peuple mon entourage lointain. Je parle même peu avec mon entourage immédiat, en fait, j’écoute plus que je ne parle. Ce besoin d’écrire est mon exutoire, car en mots, j’arrive à tout dire, tout exprimer, et d’une façon dont souvent, je suis la seule à en comprendre l’essence. Mon blog est donc la porte de sortie de mes tourments, un endroit où mon âme et mon cœur se mettent à nue, mais toujours avec une certaine discrétion qui m’est propre. Un exil pour ventiler, mais aussi pour rêver, et simplement profiter de la beauté parfois magique et parfois cruelle que les mots apportent à ma vie. Mon blog est aussi un journal de bord auquel je me réfère souvent. Bien sûre, j’aurais pu opter, comme autrefois, pour l’écriture d’un simple journal personnel privé, mais disons que mon côté geek m’a attirée vers cette vitrine virtuelle qui m’offre la capacité de créer et gérer mon (mes) site (s) et de créer un journal personnel en ligne et duquel j’ai accès de partout. Bref, écrite est un besoin dans ma vie, et bloguer est un plaisir qui accroît et améliore ce besoin.
Pour le côté de l’exposition de mes écrits, et donc de mon être, ainsi présenté en ces lieux, j’en ai toujours été un peu timide. Étant timide dans la vraie vie, ici, je me retiens d’en dire trop, de trop m’afficher, et surtout de ne jamais dévoiler qui je suis. C’est une constance dans ma vraie vie aussi; je suis une personne discrète, mystérieuse et cachottière. Je suis le genre de personne qui passe en coup de vent sans être vue ni remarquée, qui ne fait jamais de vague et ne cherche pas à être le centre d’attraction. Bref, je suis ainsi aussi sur mon blog, donc loin de moi l’idée d’attirer l’attention. Je n’écris donc pas ici par simple besoin d’exhibitionnisme littéraire, je le fais pour moi, peu importe les réactions et le nombre de visiteurs (qui est somme toute très normal, et parfois même bas, on se l’avoue). J’écris quand j’en ai envie, quand j’en ai besoin, et je perçois mes lecteur de la même façon; Ils me lisent quand ils en ont envie ou besoin. Vivre et laisser vivre, non? Surtout qu’un blog ne devrait pas, selon moi, être un outil de production et d’exécution comme un boulot. L’auteur comme les lecteurs doivent se sentir libre d’aimer ou pas, de lire ou pas, d’écrire ou pas. De ce fait, même si j’ai bien sûr tout les bidules de tracking et un compteur, honnêtement, que je sois 40ieme sur Tout Le Monde En Blog ou 300ieme, je m’en contrefiche! J’écris, et c’est tout ce qui compte pour moi.
Bien sûre, ce périple à travers l’univers Web m’a laissée plus riche d’expériences virtuelles, de connaissances autant techniques qu’humaines. Mes blogs m’ont donné l’opportunité de voir des inconnus apprécier mes mots et mes œuvres, donc, j’y ai trouvé une reconnaissance qu’autrement, dans la vraie vie, je crois que je n’aurais jamais eut. J’y ai trouvé des gens avec qui échanger, des gens qui me ressemble, à première vue du moins. Le sentiment d’appartenance qui, dans la vraie vie, ne se présente pas du tout pour moi. Mais surtout, j’ai trouvé des gens qui ne me demandent rien de plus que d’interagir avec eux à travers un écran d’ordinateur. Voici le point culminant en réponse à ma solitude, le côté interpersonnel des blogs, qui je crois m’a peut-être incitée à continué mes récits publiques. Ici, je me fonds dans la masse, comme dans la vraie vie, et pourtant, on me reconnaît. On me complimente. On m’encourage. On me réconforte. On me fait sentir comprise. Et tout cela sans que je ne demande rien, n’attende rien. Ça se fait tout seul, comme moi je le fait aussi sur d’autres blogs, car oui, les commentaires sont agréables s’ils sont bien dits et fait avec respect de l’auteur.
Donc oui, avoir un blog comble certains besoins que j’ai dans la vraie vie et qui ne sont pas comblés par mes pairs en chair et en os. Et oui, ceci m’a permise d’entrer en contact avec des gens formidables. Mais en bout de ligne, combien de ces gens ont réellement passé la frontière du réel? Combien sont-ils restés? Et surtout, que veux-je de tout ces gens qui m’étaient inconnus? Eh bien… je ne veux rien. Rien de plus que ce qu’ils m’offrent virtuellement. Rien de plus que les raisons qui nous ont réunis. Non, je n’ai pas envie d’avoir 200 amis, 2000 contacts sur Facebook, et 20000 numéros de téléphones à texter (je n’ai même pas cette option sur mon cellulaire!), ou encore 200000 contacts sur mon MSN (qui en contient 16, dont 14 bloqués). Non, je ne veux pas cela parce que je reste solitaire dans l’âme et veut l’être. Donc, rares, très rares sont ces gens avec qui le réel a outrepassé le virtuel, et il en restera ainsi, car je choisis qui je veux bien qui entre dans ma vie, le comment et le pourquoi. Être entourée de gens, je n’aime pas cela, point. Et ça, les gens n’arrivent que trop peu à le comprendre.
Je ne cherche donc rien, ne veut rien, m’attend à rien de plus que ce qui était mon but premier; Écrire. Écrire pour moi. L’aspect interpersonnel est le pendant positif de la chose. Ma solitude m’est chère, et le côté négatif de celle-ci est comblée maintenant, il ne fallu qu’un petit blog et quelques lecteurs pour se faire. Rien de plus. Oui, j’aime savoir que je suis lue, appréciée. Oui, j’aime savoir que mes mots peuvent toucher les gens, les faire rêver, les faire sentir compris. J’aime voir les réactions, bonnes ou mauvaises (dans une certaine limite bien sûre), et savoir qu’à moi seule, je les suscite chez des étrangers.
Alors, pourquoi blogue-je?
Pour tromper ma solitude? Non.
Pour créer des amitiés virtuelles (qui finissent pas mal toujours en rien du tout)? Non.
Pour attirer l’attention? Non.
Pour devenir populaire? Non.
Pour plaire? Non.
Pour croire que quelque part, dans ces milliards d’humain, moi, je fais la différence parce que j’écris sur un blog gratuit? Encore moins!
Pourquoi alors?
Parce que tant que cette activité comblera un ou des besoins, en l’occurrence d’écrire, d’écrire et d’écrire encore, je continuerai. Lorsque je n’en ressentirai plus le besoin ou n’y prendrai plus plaisir, je quitterai ces lieux, sans remords ni regrets, et irai suivre un autre chemin, disparaitrai du jour au lendemain, sans plus un regard en arrière. Cela peut sonner ingrat, mais la vie est ainsi; Ingrate.
En conclusion, je suis et serai à jamais, blog ou pas, une âme tourmentée et solitaire volontaire, sur la Terre surpeuplée.
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