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Planète terreur - un film grindhouse

Par Rob Gordon
L'élève a dépassé le maître. C'est en substance ce qui ressort de ce Planète terreur follement réjouissant, seconde moitié d'un Grindhouse un peu dénaturé par une sortie française morcelée. À vrai dire, on attendait beaucoup plus le segment tarantinesque que le rodriguezien. Une fois n'est pas coutume : on s'est notablement fourré le doigt dans l'oeil. Car comparé à un Boulevard de la mort trop bavard et pas assez punchy, ce Planète terreur sonne comme LE véritable hommage aux séries Z qui ont bercé l'adolescence de Quentin & Robert.
Contrairement à un Tarantino enfermé dans sa propre rhétorique et jouant un peu trop au plus fin pour réellement convaincre, Rodriguez livre un hommage sincère et jouissif, pouvant parfaitement être regardé au premier degré (à condition de le vouloir, il y a de quoi avoir la trouille) comme au millième (le ridicule assumé de certaines situations étant assez irrésistible). Rodriguez a trouvé le contrepoint parfait entre son "style" à lui et le côté parfaitement cheap des séries Z auxquelles il tire son chapeau. Son scénario rythmé et plein de scènes positivement traumatisantes a séduit une ribambelle d'acteurs déchaînés et au sommet de leur art : Josh Brolin fronce les sourcils comme Michael Madsen, Rose McGowan fait une formidable bonnasse, Bruce Willis serre les dents mieux que jamais, Naveen Andrews est un excellent arabe de service. Et Michael Parks traîne ses guêtres çà et là... Un cocktail explosif qui contribue à faire de Planète terreur le meilleur segment de Grindhouse... et le premier vrai bon film de Robert Rodriguez.
8/10

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