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Ça va de Soie, Madame la Marquise ( peut-être pas ?)

Publié le 15 septembre 2009 par Ressol

A quelques jours des Journées Européennes du Patrimoine, deux sites du Patrimoine drômois offrent un parcours pédagogique commun sous le titre " ça va de soie, Madame la Marquise ". Deux sites au sein de Canton de Grignan, l’Atelier Musée de la soie de Taulignan et le Château de Grignan, deux communes quasi voisines dans le Sud Drôme et engagées dans le Pays Une Autre Provence Sud Drôme - Haut-Vaucluse. Un passeport inter Musées permet la coopération interdépartementale entre plusieurs Musées, dont le Musée de l’Imprimerie et du Cartonnage Valréas. Le descriptif de cette offre départementale drômoise répond aux exigences et contraintes académiques et départementales avec un vrai cocooning pour les heureux « bénéficiaires ».

Suite des Journées Européennes du Patrimoine 2008, oů abCIDE et Les Ateliers d’Algebrista allčrent cueillir ŕ Lyon la mémoire de Louis René Villermé pour produire «  Fil et tissage de l’Histoire, Louis René Villermé, naissance des Droits de l’Enfant et autres Droits  » Š Arcure, en prenant appui sur l’exposition permanente de l’Atelier Musée de la soie, en particulier la remarquable section relative aux conditions économiques, sanitaires et sociales des ouvričres qui besognaient dans les manufactures locales du Canton de Grignan. Notre détour villerméen nous conduisit au cœur du 19éme sičcle industriel des manufactures, de laine, de coton et de soie, avec l’exploitation d’une main d’œuvre bien encadrée par des nonnes attentives ŕ la vertu et ŕ la disponibilité d’un personnel corvéable ŕ merci. Cette réalité économique et sociale d’alors fait écran, mais pas complčtement ŕ l’émergence de l’économie sociale en Rhône-Alpes. Nous devons ŕ Michel Marie-Derrion, ŕ Lyon ŕ la Croix-Rousse, la naissance de la premičre coopérative de distribution entre 1835 et 1838 la premičre coopérative de consommation «  vente sociale d’épicerie  » et un essaimage jusqu’au Brésil.

 [1] Outre les initiatives d’humanistes industriels dont Louis René Villermé fut le chantre au sein de l’Académie des Sciences Morales et Politiques dés 1830, l’économie sociale prenait donc son essor en bien des lieux avec des « alternatives » ŕ la main mise des capitaines d’industrie, manufacturiers et autres actionnaires. L’économie social aidant, avec ou sans la claire voyance anticipatrice de la Marquise de Sévigné, la soie tisse aussi des fils de ce côté de l’échiquier social du 18éme sičcle, puis du 19 éme sičcle qui trouvčrent lŕ quelques voies émancipatrices.

Sans douter un instant de la richesse du volet «  condition sociale et économique  » de l’offre pédagogique de «  ça va de soie Madame la Marquise  », abCIDE , toujours frondeuse et un peu instruite des questions de citoyenneté(s) découvre dans l’offre départementale du Département de la Drôme, une exposition itinérante au titre évocateur «  le respect  ». Pour l’éducation, il y avait semble-t-il une dialectique du respect des choses instituées et un engagement critique "citoyen" pour qu’elles gagnent en humanité dans les vécus quotidiens d’aujourd’hui et de demain, le second volet d’insoumission serait sans doute en cours de conception. Aussi abCIDE y apporte son concours avec les Droits de l’Enfant, une invitation ŕ ne pas se soumettre ŕ n’importe quoi, un exercice pédagogique difficile en particulier quand l’urgence d’exécution de tâches morcelées industrielles justifie seulement des exécutants peu questionneurs. Tout ne va pas de soie Madame la Marquise et les futaines et autres cotons et draps rustiques constituaient le vestiaire des gens de peu.Les fibres synthétiques d’aujourd’hui ou le traitement industriel de la laine, du coton ou de la soie démocratisant les moyens de se vętir, reste que cette histoire lŕ, celle de la soie, a une aire plus vaste qu’un canton drômois et la seule visite au Musée de l’imprimerie et du cartonnage de Valréas ( commune voisine dans l’Enclave des Papes) nous confirme que l’aire du műrier nécessaire au bombyx, au service de la soie lyonnaise, couvrait ŕ minima les actuels départements du Gard, de l’Ardčche, du Vaucluse et de la Drôme, ce qui justifia l’invention valréassienne de la boite ronde perforée en carton par Ferdinand Revoul pour assurer la survie des « graines » de bombyx dans leurs transports dans un vaste réseau décrit au Musée du Pradel en Ardčche ( Olivier de Serres ) et en d’autres musées, magnaneries et moulinages de la sériciculture.

Pour faire court dans la conclusion de cet article, l’économie sociale et solidaire liée ŕ la compréhension des conditions sociales et environnementales de production des biens et des services, se trouve éclairée par un peu de longue durée mais pas seulement de l’Atelier Musée de la soie au Château de Grignan, les Journées Européennes du Patrimoine s’y prętent pour un champ plus vaste. La culture scientifique, technique et industrielle pour sa part contemporaine, avec la Fęte de la science en novembre, conjointement avec le Mois d’ Economie Sociale et Solidaire, trouve sa place dans ce drôle de jeu d’accroche et d’esquive. D’autres voies avec les plantes tinctoriales depuis l’Atelier Musée de la soie de Taulignan nous conduisent ŕ Lauris avec "Couleur garance" (Conservatoire des plantes tinctoriales) et ŕ Roussillon en Vaucluse par la couleur et les arts, sciences et techniques " grand angle" avec la Société Coopérative d’Intéręt Collectif Okhrâ.

AbCIDE et le C.I.C.S.TE Arcure Art. 17 présents ŕ Grignan pour les Journées de la Correspondance 2006 ( 11éme édition) avec un atelier pour enfants alors que thčme en était «  Les sciences  » avec la présidence de cette édition assurée par Claude Allégre. Par un bizarrerie administrative et documentaire , nous dűment remettre aux notables quelques exemplaires d’une superbe édition «  Le Tour de la science en 80 mots " de la Semaine de la Langue Française 2005, également soutenue par la Direction des Affaires Culturelles Rhône-Alpes. [2] Une illustration de l’adage «  la main droite ignore ce que fait la main gauche  ». Ce petit précis de langage scientifique, ludique, ne tombe pas des mains ŕ la lecture et aurait servi utilement l’animation "junior" de cette thématique grignanaise 2006.

Pour le bon motif de fil, qui de laine, de coton, de soie, qui devient synthétique et aussi minéral, abCIDE nous conduit ŕ l’Arche des métiers au Cheylard en Ardčche. L’Arche des métiers (Centre de culture scientifique et technique) nous initie ŕ l’univers des fibres techniques. On y apprend que le basalte ( lave de volcan) filée sous forme de fibres , se tisse pour la confection de vętements parre-feu et autres fibres optiques, etc... [3]

abCIDE, avec L’ESS carnet(s) , invite ŕ transformer cet essai d’ouverture en archipel.

Par les vertus de l’ESS, aprčs une brčve alarme pour cette intrusion dans les couloirs et pičces du Château de Grignan, la Marquise s’enquičre des conditions de travail de son époque et les médiateurs du patrimoine de l’Atelier Musée de la Soie et du Château de Grignan en 2009 cherchent des intervenants un peu branchés «  histoire et sociologie du travail  », peut-ętre męme des universitaires introduits ŕ l’Organisation Internationale du Travail ŕ Genčve. abCIDE fera le pont entre le Comité des Droits de l’Enfant des Nations Unies – ( CRC) Palais Wilson Quai Wilson et l’OIT, également dans la cité genevoise. Accessoirement des syndicalistes locaux ou régionaux, du Conseil Economique et Social Rhône-Alpes ou Provence Alpes Côte d’Azur tremperont dans cette « affaire » des droits sociaux. Si nécessaire abCIDE rappelle que nos amis canadiens avec leurs Collčges d’Enseignement Général et Professionnel (CEGEP) autorisent les stages de contact (équivalent de la semaine en entreprise des élčves de troisičme en France) auprčs de syndicalistes. Ne le dites pas aux enseignants français, ils ne connaissent généralement que la pertinence de leurs syndicats d’enseignants. Officialiser les stages en entreprise des collégiens, lycéens et étudiants en spécifiant et revendiquant ętre ou ne pas ętre de l’Economie sociale (et solidaire), voilŕ un drôle de défi. Quelques étincelles et des lumičres douces parfois quand des grandes entreprises sont convoquées en raison du désordre occasionné par des suicides sur le lieu de travail un peu trop visibles. Tout va presque de soie Mme la Marquise...

Cette charge amicale et coopérative pour donner de l’aire ŕ l’ESS comporte quelques assises, dont la communication «  De la démocratie culturelle au projet de territoire, mise ŕ l’eau d’un Pays d’Art et d’Histoire en territoire Rhône  » Š Arcure publiée dans l’ouvrage collectif «  La mise en culture des territoires  » aux Presses Universitaires de Nancy en juillet 2008. La présentation en power point de cette communication en mai 2007, [4] commence par l’ouverture du Festival de la Correspondance 2006 avec Claude Allčgre disant combien la culture scientifique justifia des correspondances intimes ou particuličrement élaborées avec paradigmes, concepts, démonstrations et controverses entre les « tętes pensantes » de la grande Histoire. Les sciences sociales avec la distinction chčre ŕ Pierre Bourdieu ne faisait que peu d’ombre aux « grands », il reste le labeur d’hier et d’aujourd’hui, nous ne pouvions pas l’effacer du paysage complčtement. Pour n’ętre pas politiquement correcte ( refus du fatalisme et neutralité morale et d’une certaine propagande, la relance sans reliance) cette communication serait condamnée ŕ la relégation ( prémices d’une saisine de la HALDE).

Tout ira mieux Madame la Marquise en 2009 quand, sans le décoconner trop rapidement, un fil de soie nous conduira ŕ la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, pour ses 20 ans, juste pour tisser un avenir ouvert sur le vaste monde un peu plus documenté en droits humains et sociaux, avec les générations présentes et futures. Sur les routes de lŕ et d’ailleurs, ainsi soit-elle.

Nb. abCIDE et le C.I.C.S.TE Arcure Art. 17, n’offrent ici qu’une trace d’un nomadisme curieux, «  Ballades politiques  » selon le modčle proposé par l’anthropologue Véronique Nahoum-Grappe, des bribes de quotidien réarticulées pour tisser une toile pas seulement virtuelle, pour y accrocher le temps présent et des faits enracinés, effets-mčres.

A contrario du MEDEF qui en Rhône-Alpes pour le 15éme Mondial des Métiers de février 2010 ŕ Lyon Eurexpo propose la création d’une " Cité virtuelle des métiers", abCIDE , le C.I.C.S.TE Arcure Art. 17 et Les Ateliers d’Algebrista, proposent un arpentage des territoires, des escales, des rencontres dans le monde réel du travail, de l’activité et de l’emploi. Avec l’ESS comme remédiatrice. Avec un travail de mémoire et d’histoire qui fait contrefeu ŕ la tentation de révisionnisme en histoire. [5] L’histoire des Droits sociaux, comme celle des Droits humains, dont la longue élaboration de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant existe, mais il n’est pas raisonnable de compter seulement sur le MEDEF pour la mettre en culture dans les dynamiques territoriales. Un doute subsiste également quant ŕ en faire une priorité culturelle et civique du côté de l’éducation populaire, parfois également amnésique. Les postures, les politiques et les pratiques d’acteurs évoluent et abCIDE trouve des alliés lŕ oů l’habitude ne suggčre pas de les chercher. RDV ŕ Lyon Eurexpo en février au Mondial des Métiers avec L’ESS carnet(s) porté(s) par des "juniors" qui décoiffent un peu les habitudes.

La RELIANCE est exigente, le bien commun retrouvé exige des coopérations atypiques, hasardeuses, généreuses...

Pour la réussite coéducative avec la coopération intergénérationnelle documentée, solidairement.

abCIDE


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