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Que cache Clearstream ?

Publié le 23 septembre 2009 par H16

Ca y est : le feuilleton de la rentrée est sur toutes les chaînes, et le télespectateur lambda va enfin pouvoir retrouver le goût à la télé. En effet, la série « H1N1 Medical Urgency » a été progressivement reléguée en seconde partie de soirée depuis que les producteurs se sont rendus compte que la panique ne prenait pas. Il restait à occuper le temps de cerveau disponible : Clearstream arrive donc à point nommé.

Il faut admettre que cette affaire permettra de river à leurs gros canapés mous pas mal de téléspectateurs en pleine digestion, par ce qu’elle contient de soufre et de politique : du pouvoir, de la haine, un combat forcément à mort avec morsure à la jugulaire. On sent le spectacle de gladiateur.

Mais cette affaire sent le bidon d’un bout à l’autre, et on ne peut croire une seconde que la justice pourra être rendue sereinement tant les parties en présence usent de moyens massifs pour faire pencher la balance de leur côté. Les enjeux sont trop gros, les personnages ont les épaules trop larges.

Ce constat n’empêche pourtant pas le titre de faire ces derniers jours d’assez bons scores dans les médias.

C’est en regardant se qui se passe en coulisse qu’on comprend que les épisodes des autres séries ne permettent pas de bien vendre le produit France comme il faut, ou que certains passages sont jugés trop choquants pour en parler.

Politique internationale : tâcles & baffes

Car pendant que Villepin et sa marmotte argentée de combat font des petits feulements de rage dans les tribunaux, il s’en passe des choses, à l’étranger !

villepin

Une marmotte s’est cachée dans l’image ci-dessus. Ami lecteur, sauras-tu la retrouver ?

En effet, Sarkozy est en tournée promotionnelle du Socialisme de Droite, pendant quelques jours à New-York, aux Nations Unies. Or, pendant que notre promoteur s’ingénie à vendre des recettes dont le goût est connu et qui ont déjà montré qu’elles ne fonctionnaient pas, notamment à des gens qui commencent à comprendre qu’on les enfume gentiment, l’UNESCO lui fait l’injure de ne pas voter comme il le désire.

Voilà qui s’appelle une bonne claque. En effet, Nicolas avait (lourdement) appuyé la candidature de Farouk Hosni, ministre égyptien de la culture, en lieu et place de l’européenne Irina Bokova. Je rejoins ici l’indignation de l’Hérétique lorsqu’il constate qu’encore une fois, le président de la rupture n’a su rompre qu’avec ses amis, notamment européens, pour ne pas rompre avec les bonnes traditions franchouillardes de magouilles et de petits (voire mesquins) renvois d’ascenseurs qui placent la Patrie des Drouâdlom, encore une fois, en bien fâcheuse posture.

On admirera au passage la constance et la cohérence du président, lui qui a soutenu les mouvements de protestations iraniens lors des élections mouvementées dans le pays et qui avaient finalement débouché sur la perpétuation d’Ahmadinejad au pouvoir : d’un côté, on ose se dresser en défenseur des mouvements démocratiques, quitte à dire que les Iraniens méritent mieux que leurs dirigeants, et de l’autre, on n’hésite pas à appuyer la candidature d’un ministre qui est loin d’être un phare en matière de droits fondamentaux.

Paradoxe que n’a pas manqué de relever le président iranien qui a bel et bien taclé le président français, ping, ce qui est très drôle vu de loin mais laisse persister ce parfum de médiocrité dans la politique étrangère françaises.

On était habitué, depuis un moment déjà, à rouler sur les routes départementales de la diplomatie de connivence. Avec l’actuel président, nous avons atteint l’autoroute de la médiocrité, et, toutes sirènes branchées, le champignon au plancher, nous accélérons : plutôt que choisir un silence neutre et certainement plus diplomatique, nous allons avoir droit à une allocution télévisuelle. Il est probable qu’on y trouve les habituels morceaux gluants de moraline, des index tendus, des sourcils froncés, des conseils lourdingues et, pourquoi pas, quelques petites menaces de derrière les fagots. Pour la prestance, je crains qu’il ne faille passer sur une chaîne du câble.

Plus un rond à la maison

Et pendant que papa est en voyage d’affaire, les enfants, en regardant le feuilleton Haine, Pouvoir et Clearstream,  mangent des quignons de pain rassis et boivent l’eau de pluie croupie que la providence, bien chiche, leur aura laissés.

hpc

Car en effet, le trou dans les caisses de l’état se fait de plus en plus gros : si les enfants ont de l’eau croupie à boire, c’est bien parce que les sanitaires sont bloqués, que l’eau a été coupée et que la toiture fuit.

Alors, on gratte. On cherche absolument tous les moyens pour récupérer des ronds, sans que ça se voie.

Mais ça se voit : Woerth fait des miracles pour jouer dans la discrétions les rabatteurs pour un budget de plus en plus rikiki. Il en vient maintenant à taper sur les plus nombreux (on avait noté l’avalanche de taxes diverses), puis … les plus faibles : rien de tel qu’imposer les revenus issus des indemnités pour accident du travail, par exemple.

On pourra jouer le cynique et faire comme pour la taxe carbone : mais non, il ne s’agit pas d’un impôt, mais d’une contribution les petits amis. Et puis, pensez donc, ça va inciter ceux qui se pètent un bras ou se retrouvent paralysés dans leur travail à faire un peu attention, merde. Non ?

Quel cynisme ?

Vous n’avez rien vu !

Car non content de cogner sur les handicapés, le fisc est tellement aux abois qu’il va maintenant … récupérer l’argent que les dealers et autres trafiquants lui doivent. Vous ne rêvez pas : vous, ami lecteur qui vendez de la colombienne premier choix par petits paquets faciles à consommer, méfiez-vous ! L’état va vérifier que vous avez bien rempli vos formulaires de TVA, et que vous avez scrupuleusement conservé vos factures pour avoir droit de fonctionner aux frais réels ! Fini l’abattement forfaitaire, les petits loustics ! Il va falloir tenir une compta au cordeau !

Eh oui : envoyer des inspecteurs des impôts pour mater le petit caïd de banlieue qui vend du shit, il fallait y penser.

Et là, Haine, Pouvoir et Clearstream semble bien loin.Vous pensez que l’état a touché le fond ?

Même pas ! Il a réussi à entraîner avec lui … les régions qui sont, à leur tour, aux abois.

Pour le moment, ce n’est pas dit comme ça (Ors de la République, Une et Indivisible, obligent). On apprend ainsi que la région Pays de Loire cherche grave des thunes, mais sous le couvert d’un Emprunt Obligataire (importance du second A dans l’adjectif, notez).

Pendant ce temps, Sarkozy fanfaronne au G20, et la presse parle de Clearstream.

Ce pays est foutu.


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