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Son refuge d'animaux menacé d'expulsion

Publié le 23 septembre 2009 par Maaxtal

Pourquoi ne donne t on pas dans cette affaire la parole aux animaux plutot qu'aux hommes?

A Savigné-sous-le-lude (Sarthe), Valérie Porta se bat pour sauver ses cochons et ses trois sangliers, qu'elle élève dans le cadre de son association de refuge pour animaux maltraîtés "la forêt de Léa". Elle en a une trentaine dans une grange... et trois d'entre eux vivent avec elle, dans une pièce du rez-de-chaussée de sa ferme.

Problème: elle devrait être expulsée suite à un jugement rendu le 31 août dernier, dans le cadre d'un procès qui l'oppose au propriétaire de la ferme qu'elle loue. Le tribunal a retenu que la présence de ces trois cochons vivant dans la maison n'était pas compatible avec la notion de gestion en "bon père de famille".

Depuis le 5 septembre, elle a entamé une grève de la faim.

"Le 18 novembre, ma cliente devra avoir quitté son domicile. Mais ce sera peut-être même avant, on ne peut pas exclure un passage en force sur cette décision" explique Maître Grillon du barreau de Paris, son avocat pour ce 2ème procès.

Pour lui, le jugement est injuste: "Au départ, l'affaire portait sur des impayés de loyers, mais il y a eu un changement de stratégie à la suite du reportage. Le propriétaire savait pertinemment que sa locataire avait des animaux. La question, c'est est-ce qu'il y a eu des dégradations. Vous imaginez, avoir 4 enfants qui rentrent de faire du rugby, ils peuvent amener une peu de boue, faire du désordre. S'il y avait un problème de nuisance, les autorités sanitaires seraient intervenues, mais il n'y a jamais eu de plainte. Mais le propriétaire souhaite vendre la maison, et ce sera plus facile pour lui si la maison n'est pas habitée."

"Quand vous êtes desespéré, que vous vous sentez lésé, quand vous n'avez pas eu d'eau potable pendant des mois, quand on vous menace de vous prendre toutes vos bêtes et de les tuer, la grève de la faim peut lui sembler la seule solution. Vous savez, il y a des gens qui donnent leur vie pour les animaux."

Contactée par LePost, Valérie Porta explique l'importance qu'elle accorde à ses bêtes: "Moi, si on vient me les retirer, je me flingue devant eux. Ma vie, elle est avec les animaux."

Depuis combien de temps habitez vous avec vos cochons?

"J'ai des animaux avec moi depuis une dizaine d'années, et je suis dans celle-là depuis 3 ans. Ce sont des animaux qui ont été maltraités, ou des rescapés de chasses. J'ai une trentaine de cochons dans la grange, plus trois dans la pièce d'en bas qui fait environ 70m²."

Ils sont gros, ces cochons?

"Ce ne sont pas des cochons de ferme. Ils arrivent au niveau du genou, mais pèsent quand même entre 50 et 100 kilos."

Comment s'est passé le procès entre le propriétaire et vous?

"En fait, je suis passé à l'émission "Toute une histoire" présentée par Jean-Luc Delarue, et ils ont montré que je je vivais avec les cochons. Ce jour là, le temps était mauvais, et ils ont fait plusieurs prises, du coup c'est vrai que qu'il y avait un peu de boue. Et là le propriétaire a utilisé cet argument pour faire jouer la notion "du bon père de famille", vivre avec eux, ce serait incompatible avec cette notion.

Quels sont les arguments du propriétaire?

"Il parle de dégradations et de nuisances. Pour les dégradations, j'ai proposé qu'une expertise soit faite, mais le tribunal n'a pas voulu. Des nuisances? J'habite au milieu d'une forêt, je ne vois pas qui je peux gêner!"

Quand avez-vous commencé votre grève de la faim?

"J'ai commencé le 5 septembre. Je tiendrai, car je ne veux pas être hospitalisée, ça risquerait d'accélerer le placement des cochons, et l'abattage des sangliers.

Moi, si on vient me retirer les bêtes, je me flingue devant eux. Quand je serai morte, peut-être qu'ils comprendront pour quoi je me suis battue toute ma vie: pour les animaux. Ma vie, elle est avec eux. J'ai du soutien, il y a 1600 signataires pour ma pétition et la fondation Brigitte Bardot va peut-être m'aider."

Vous recherchez un autre lieu?

"Du coup, je recherche un terrain de 5ha, avec une maison ou une ferme. Je cherche partout en France, le tout c'est que les animaux restent en vie, je m'en fiche de la région. Le maire de ma ville s'est déplacé pour me proposer un appartement, mais je ne veux pas que les animaux soient menacés. Les sangliers seraient abattus ou remis à la merci des chasseurs.


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