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Mustapha Kessous et le syndrome de Stockholm

Publié le 24 septembre 2009 par Roman Bernard
Hier, le journaliste du Monde Mustapha Kessous a publié un larmoyant « récit » dans lequel il s'estime « victime du racisme ».
Ses allégations ne reposant que sur sa propre expérience, je veux bien être disposé à le croire, mais sans être sûr de la véracité de ses dires. Après tout, Azouz Begag a bien juré que Brice Hortefeux, à chaque conseil des ministres auquel ils siégeaient ensemble, mimait, devant tout un gouvernement indifférent, un égorgement de mouton.
Et le problème, c'est que Mustapha Kessous en vient à écrire la phrase suivante :
Le 21 décembre 2007, je termine une session de perfectionnement dans une école de journalisme. Lors de l'oral qui clôt cette formation, le jury, composé de professionnels, me pose de drôles de questions : "Etes-vous musulman ? Que pensez-vous de la nomination d'Harry Roselmack ? Si vous êtes au Monde, c'est parce qu'il leur fallait un Arabe ?"

Or, pour avoir fait un stage à la rédaction du quotidien du soir le mois d'après, en janvier 2008, je me rappelle cette réunion finale avec le secrétaire général de la rédaction. Lui demandant s'il y avait une possibilité, pour moi qui avais écrit une vingtaine d'articles en un mois, dont trois dans l'édition quotidienne*, de faire un CDD l'été d'après, il m'avait répondu que le recrutement était bloqué, et que deux jeunes personnes avaient été embauchées récemment, dont Mustapha Kessous. Ce dernier avait été recruté, nous a-t-on dit sans fard, dans une perspective de discrimination positive. J'invite donc les personnes présentes à la réunion à démentir mes propos.
Bien sûr, il ne s'agit de ma part que d'un témoignage. Mais en quoi a-t-il moins de valeur que celui de Mustapha Kessous ? Si ce n'est que lui travaille au Monde.
Il me semble donc malvenu, de la part d'une personne qui a bénéficié d'une mesure de discrimination (au détriment d'un autre candidat), de fustiger celles dont il est victime. Être embauché au Monde, lorsque l'on a tout juste fini ses études, est un privilège qui me paraît compenser très largement d'autres menus préjudices.
L'autre problème du récit est que Mustapha Kessous se plaint d'être considéré comme « l'Arabe de service », l'« alibi » du Monde. Peut-être devrait-il s'en plaindre d'abord à son employeur. Car dans une rédaction blanche, âgée, bourgeoise, d'héritages catholique ou juif, qu'est-ce qu'un jeune, d'origines modeste et musulmane, sinon un témoin dans le procès en racisme qu'elle intente à la France ?
Au Monde, les rares immigrés, ou descendant de, travaillent essentiellement au restaurant du personnel, ou pour la société à laquelle il sous-traite son nettoyage.
Le témoignage de Mustapha Kessous est symptomatique de ce « syndrome de Stockholm » qui conduit l'otage à défendre son preneur. Plutôt que de s'en prendre à la France « raciste », il ferait mieux de questionner les motivations réelles de son employeur.
Roman Bernard
* - « Un site pour mieux comprendre les enjeux des élections américaines », publié le 22 Janvier 2008
- « Sur LCP-AN, John-Paul Lepers part à la rencontre des citoyens », publié le 12 Février 2008
- « Un outil pour mieux repérer les "pépites" de la blogosphère », publié le 2 Mars 2008


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