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Merci Madame !

Publié le 25 septembre 2009 par Alain Hubler

FBW 91Il y a des jours comme ça, où, pour un rien, ou plutôt pour un beaucoup, la vie paraît tout à coup infiniment plus belle d’une seconde à l’autre. C’est souvent lié à la magie et à la formidable imprévisibilité des êtres humains.

C’était avant-hier, je me dépêchais pour aller prendre un bus avec cette petite angoisse habituelle : comme toujours, j’allais arriver au moment précis où le bus allait accueillir son dernier passager et, le temps de prendre mon billet, les portes se seraient définitivement closes et j’allais devoir attendre le suivant et observer d’un air dépité le bus, toujours rangé le long du trottoir, attendre son feu vert.

Ce qui devait arriver arriva : le bus était là. La loi de Murphy allait se vérifier. Le dernier passager montait et les portes allaient se refermer. Sans trop y croire, je courus vers l’automate et pris mon billet et là, miracle, la porte avant se rouvrit. Un peu interdit, je glissai frénétiquement mes pièces dans l’automate, saisis mon billet et me précipitai dans l’ouverture qui m’attendait les battants grands ouverts.

Le chauffeur, pardon la chauffeuse, m’accueillit d’un accueillant et sympathique : «Bonjour Monsieur!»

C’était mon jour de chance, la loi de Murphy était littéralement battue en brèche par cette dame au sourire délicat et au visage de madone.

Un peu sous le coup d’un tel bonheur, je m’assis, un peu pataud, au premier rang de sièges. Le bus démarra. La dame conduisait avec une grande douceur et j’étais fasciné par ses mains aux ongles vernis qui guidaient les 30 tonnes de son attelage avec tant de doigté.

J’en étais là dans mes pensées lorsque nous arrivâmes à Saint-François. Un vieux monsieur monta, par la porte de devant, et la chauffeuse et lui se dirent bonjour comme si ce bus de ville était un car postal sillonnant une vallée reculée dans laquelle tout le monde se connaît. La chauffeuse demanda des nouvelles du vieux monsieur et il lui en donna. Et cela recommença, avec plus ou moins d’intensité et de connivence jusqu’à ma destination finale.

Arrivé à mon but, je descendis du bus en disant au revoir à la dame. Elle me répondit et, juste avant de mettre en route son véhicule, elle me gratifia, comme tous les autres passagers qui avaient quitté le bord, par l’avant, avant moi, d’un petit signe de main amical.

J’étais aux anges et je ne devais pas être le seul. Elle n’est pas belle la vie ?

Merci beaucoup, vous êtes une grande dame, Madame.


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