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All That You Can Do Is Watch Them Play.

Publié le 10 juillet 2009 par Juliet
Blur à Fourvière c'était l'évènement de l'année, d'où cette review d'une longueur impardonnable. J'ai agrémenté de quelques vidéos glanées sur Youtube pour rendre l'ensemble plus vivant.
Tout commence hier à Lamastre, en début d'après-midi. Orage et pluie diluvienne. Ayant prévu d'arriver à Fourvière assez tôt, le torrent traversant désormais mon jardin me plonge dans un état de perplexité avancé. Passage par météo France, risque d'averses sur Lyon estimé à 75%, c'est bien ma veine. Tant pis, on y va, au pire j'aurais l'apparence et l'odeur d'un lévrier afghan humide pendant toute la soirée, mais ça devrait être surmontable. Miracle deux heures plus tard : le soleil est radieux à Lyon, les dieux ont entendu mes prières. Je retrouve Nadège au funiculaire, et pendant la montée nous tentons de réaliser qu'on va voir Blur, ce qui n'est pas nécessairement évident. Il est un peu plus de 17h quand nous rallions le lieu du concert et il y a déjà là pas mal de gens assis par terre, équipés de sandwichs et de bières. Apparemment certains sont déjà là depuis 12h, ce qui au final nous situe assez bas sur l'échelle de l'acharnement. On s'installe et l'attente commence. Une heure plus tard les files sont déjà presque pleines alors que le concert ne commence qu'à 21h30. Des touristes japonais de passage doivent trouver le phénomène intéressant et nous mitraillent, l'air visiblement ravis. On discute avec des filles derrière nous qui ont déjà vu Blur à quatre reprises et Graham Coxon en solo autant de fois. L'un de ces moment où tu regrettes de ne pas être né quelques années plus tôt.
All That You Can Do Is Watch Them Play.
Finalement vers 20h, mouvement de foule et on commence à pénétrer le vénérable théâtre antique. A l'intérieur on nous tend des espèces de coussins à poignée, potentiellement utiles si on s'installe dans les gradins, mais juste encombrants en fosse. Vous verrez plus tard l'utilité réelle qu'aura ce détail. Je grappille peut être une quinzaine de places et nous dégote la localisation parfaite : pile au milieu, 2° rang derrière une fille atteignant difficilement le mètre 50. J'ai donc une vue optimale sur les moindres recoins de la scène. Joie. Très bientôt, Damon sera là à quelques mètres. Re-joie. Après que les roadies - dont le tiers porte fièrement du Fred Perry, normal on est chez Blur- aient fini de recouvrir la scène de Red Bull, de thermos de café et de bouteilles de Cristalline (oui on est désormais sobre chez Blur, ce qui n'était pas vraiment gagné sachant qu'à une époque Alex James tournait à trois bouteilles de champagne / jour), le public commence à vraiment se réveiller et les hurlements fusent un peu partout. Peu après 21h30, Alex, Graham, Damon et Dave entrent dans l'arène. Une vague de joie globale traverse la scène et le public, Damon sourit jusqu'aux oreilles et sa fameuse dent en or brille de mille feux sous les projecteurs, c'est du meilleur effet. Ce garçon est incroyable, et je jurerais qu'il a rajeuni depuis les Eurockéennes 2007 alors qu'il a tout de mêmes 41 printemps au compteur. Fidèles à eux-mêmes, Graham porte un T shirt rayé, Dave et Damon du Fred Perry. Je constate autour de moi une épidémie de sourires débiles (je m'inclue dans le lot, ça va de soit).
Le concert débute avec le single inaugural de ces messieurs, soit She's So High, et d'emblée la barre est placée très haut, mais le mieux c'est qu'ils se paient le luxe d'enchainer sur un Girls & Boys d'anthologie qui met tout le monde d'accord et voit les 4500 spectateurs présents sauter sur place comme des maniaques. Bon, les chœurs laissent un peu à désirer côté public, mais on manquait encore un peu d'échauffement. On continue sur du Parklife avec Tracy Jacks. Damon est une véritable pile électrique, mais Graham, pourtant derrière sa guitare, est presque pire, et dans ses rares moments de "calme", il nous lance son fameux regard de geek serial killer (ou peut être juste de myope à bien y réfléchir). Damon s'excuse de ne pas avoir beaucoup de voix parce qu'il a beaucoup crié à Hyde Park et pourtant on ne constate aucun problème vocal. Retour sur Leisure avec There's No Other Way, puis Jubilee et Badhead pendant lesquels on reprend un peu son souffle. Une petite guitare est ensuite apportée au chanteur, qui échange avec son guitariste des regards qui semblent vouloir dire "la tienne est plus grosse que la mienne !". Ces deux là doivent avoir 12 ans d'âge mental cumulé, et ça fait extrêmement plaisir à voir. Premiers accords de Beetlebum, et début d'un véritable moment de communion où presque tout le monde semble reprendre les paroles. C'est assez indescriptible, et c'était seulement e premier moment de la sorte d'une série assez considérable, car chez Blur, le tube éternel se débite au kilomètre. Enchainement sur Out Of Time, qui sera le seul morceau de Think Tank de la soirée. Moment un peu particulier car Graham n'avait participé qu'à un seul titre de cet album (le magnifique Battery In Your Leg) avant de quitter les rangs du groupe. Out Of Time s'était donc faite sans lui, et le fait qu'il la joue à présent est donc hautement symbolique.
All That You Can Do Is Watch Them Play.
Vient l'immense Trimm Trab, chanson en forme de long crescendo vers l'extase totale. Vers la fin, Graham est plus déchainé que jamais, se roule par terre, fait le poirier (véridique !) tout en continuant à jouer. Ce mec est un monument. Alex se livre à une petite danse étrange tandis que Damon saute partout en arrosant abondamment les premiers rangs, manifestement son sport favori, non pas qu'on s'en plaigne vu la température ambiante. Puis à un moment il retire rageusement la chaine qu'il portait autour du cou. Pressentiment : il va venir au contact et a peut être peur de se faire étrangler. Ce qui se produit est encore mieux : il prend son élan, saute au dessus de la sécurité et plonge carrément dans le public. J'avais déjà vu des chanteurs se livrer à du stage diving, mais jamais de manière aussi impressionnante. Ses camarades sont hilares, et dans le public c'est la liesse totale même si Damon ne tarde pas à se faire arracher des bras de ses admirateurs par la peau des fesses. On fini par se calmer un peu puis vient LA chanson de Graham : Coffee & TV. Nouveau grand moment, le public maitrise à présent parfaitement l'art de l'unisson. Pas loin derrière moi quelqu'un agite une parfaite petite réplique de Milky, la brique de lait emblématique du quatuor, qui finira sa course aux pieds d'un Damon qui en fera l'offrande à un Graham ravi de cette attention. Elle trônera fièrement sur son ampli jusqu'à la fin du show. Puis Tender, peut être le moment le plus poignant de toute la soirée. Absolument tout le monde reprend les "Oh My Baby" du refrain, c'est beau à en pleurer, on plane à 5000 en on aimerait que ça ne finisse jamais. La chanson s'étire en longueur, et ensuite on pourrait penser qu'il allait nous laisser quelques instants pour redescendre un peu, mais que nenni : Country House !
LE titre qui leur avait permis de remporter en 95 la guerre des singles face à Oasis, à l'apogée de la guerre britpop. Leur capacité à empiler grands moments sur grands moments est tout simplement renversante, ce qui n'est pas franchement étonnant avec un tel répertoire à leur disposition. Damon replonge dans le public. Ils enchainent avec un triptyque Modern Life Is Rubbish du meilleur effet : Oily Water, Chemical World et Sunday Sunday, où l'on notera un beau moment d'autisme/mégaphone chez l'ami Albarn qui a fait la toupie. Y'a aussi un moment où Damon nous a demandé de dire bonjour à la lune, pas compris. Il s'est également excusé de ne pas maitriser notre langue et a tendu le micro à Alex, fromager le plus sexy de l'histoire du fromage, qui lui parle Français et s'est fendu d'un "J'ai rien à dire parce que je suis content!". Merci Alex pour cette intervention pertinente. Vient le méga-tube Parklife. Pas de Phil Daniels pour scander les paroles contrairement aux grosses dates anglaise, mais un Damon qui assure tout de bout en bout, et bien sûr nous pour gueuler "Aaaaaall The People, So Maaaanyyyy People" dans la joie et la bonne humeur. Et là, ô bonheur, Damon descend et vient grimper devant nous. Je lui ai serré la main, tout est dit, je pense ne plus jamais la laver. On se calme un peu sur End Of a Century et To The End qui suivent, puis ils jouent cette pépite qu'est This Is A Low, surement une de leur plus belles chansons. Nouveau sommet, tu te retrouves complètement bouffé par la musique. Puis ils quittent la scène, et les cris de détresse fusent de partout car bien évidemment on en veut plus, et tout de suite.
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Premier rappel, Popscene, Advert et Song 2, grand moment de violence globale. C'est la chanson de Blur que tout le monde a déjà entendu, le tube définitif que tout le monde connait, mon meilleur score sur Singstar - ok, hors-sujet -, bref le moment que tout le monde attendait même s'il y aura toujours des snobs pour dire que "Blur, c'est pas ça". En même temps Blur c'est un groupe qui s'est renouvelé et a innové à chaque album, contrairement à certains fameux concurrents (suivez mon regard), donc décréter que Song 2 ça n'est pas Blur, c'est un peu du crétinisme. Revenons-en au concert : il vous faut à tout prix voir cette vidéo pour comprendre ce qui s'est passé. Vous vous rappelez des coussins distribué au début ? C'est là qu'ils ont trouvé leur utilité réelle. Quelques-uns avaient déjà fusé avant ce moment, mais c'était un phénomène très marginal. Et là soudainement des dizaines se sont mis à voler dans tous les sens, finissant forcément par atterrir sur la scène pendant que le groupe jouait. Apparemment ils ont adoré cette manifestation d'allégresse : Damon ( à nouveau 7 ans d'âge mental) est allé taper sur l'épaule de Graham pour qu'il admire le spectacle avec lui. Je me suis retournée et c'était vraiment impressionnant, l'anarchie totale : les gens se levaient un à un dans les tribunes et balançaient leur coussin, il en venait de partout. Le groupe, complètement hilare, a quitté la scène à la fin du titre, ce qui n'a fait qu'intensifier la pluie de coussins. Les roadies ont vaguement tenté de les rassembler pour dégager un peu la scène (le sol était entièrement recouvert!), mais c'était peine perdue, un coussin ramassé = trois autres qui venaient le remplacer.
Alex fut le premier à revenir, il s'est allongé sur le devant de la scène le temps de finir sa cigarette, avant de participer à ce qui avait dégénéré en une véritable bataille de polochon, avec les 4 membres du groupe nous balançant joyeusement les coussins. Puis ils ont recommencé à jouer et on a fini par reprendre notre sérieux, car c'était quand même Death Of a Party. Etant donné que ça doit être ma préférée, et que je commençais à douter qu'ils la fassent, il y avait de l'émotion... comme pendant tout le reste du concert, certes. Vint ensuite For Tomorrow et ses "La-la-lalala" fédérateurs, et enfin l'ultime titre de la soirée : The Universal. Je vois difficilement comment ils auraient pu mieux conclure. Celle là, c'est mes 14 ans, époque bénie où je découvrais le groupe en regardant en boucle leur clip sur Youtube, en admiration totale devant ces 4 mecs vêtus de blanc. Et là, quelques années plus tard ils jouaient cette même chanson à quelques mètres de moi, l'impression est étrange. Après plus de deux heures de concerts ils sont repartis comme ils étaient arrivés, le sourire aux lèvres, juste un peu plus humides. Mon dieu que c'était beau. La perfection version concert en fait.
(n'ayant pas encore trouvé de photos valables du concert d'hier, celles illustrant l'article pour l'instant viennent du second soir du groupe à Hyde Park)
PS : Encore merci à Juliette G. sans qui tout cela n'aurait pas été possible. Oui c'est un poil mélodramatique mais on s'en fout.

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