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Enfin, Cadel Evans champion du monde !

Publié le 27 septembre 2009 par Jeanpaulbrouchon

Cadel Evans

A Mendrisio le duel Espagne-Italie a bien eu lieu, mais c’est un coureur d’une autre nation qui l’emporte : l’australien Cadel Evans, celui que l’on croyait maudit car ses grandes victoires sont peu nombreuses en comparaison de ses immenses qualités. Cadel Evans profite du marquage intensif entre Espagnols et Italiens dans le dernier tour de circuit pour quitter sur le plat le groupe de tête et conquérir en solitaire le premier titre mondial australien de l’histoire des Championnats du Monde.
Auparavant on avait assisté à un étroit marquage entre les formations données favorites de l’épreuve, à la classique échappée matinale qui projette à l’avant de la course une vingtaine de coureurs mais passé le cap du 220ème kilomètre et un tour couvert à plus de 43 km/hde moyenne, le peloton des favoris s’est considérablement amenuisé pour ne laisser que les grands favoris s’expliquer entre eux
...

Tour à tour, Hollandais, Italiens, Belges et Espagnols, avec leurs propres têtes d’affiche Hoogerland, Kroon, Cunego, Basso, Pozzato, Gilbert, Sanchez , Rodriguez  et Valverde, se sont montrés à leur avantage tandis que Cancellara, le grand favori du public, tentait à plusieurs reprises sa chance avec une force incroyable mais c’était sans compter sur Evans qui bénéficiant du gros travail préparatoire de ses équipiers, O’Grady, Rogers, Gerrans et  Sulzberger, se dégageait aux abords de l’arrivée, escaladait seul les deux côtes du circuit et remportait enfin une grande victoire au terme d’une épreuve indécise jusqu’à son terme.

Cadel Evans possèdait jusqu’à ce jour la réputation de ne pas oser porter des offensives victorieuses. On disait même de lui qu’il était incapable d’attaquer, qu’il subissait toujours la course au lieu de la dominer. Son palmarès conforte cette idée. Deux fois deuxième du Tour de France (2007 et 2008), maillot jaune durant cinq étapes mais aucune victoire. Maillot rose du Tour d’Italie une journée mais aucune victoire d’étape, même chose pour le Tour d’Espagne et aucune victoire dans une grande classique.
Et pourtant, Cadel Evans, issu du VTT (vainqueur de la Coupe du monde en 1998 et en 1999), est un coureur obnubilé par sa profession. Il est pointilleux, minutieux à l’extrême n’hésitant pas dans son garage à se confectionner des instruments de torture pour adopter lors des épreuves contre la montre la position idéale sur sa machine.
Cadel Evans n’a pas eu au cours de cette saison les résultats escomptés. Incorporé dans une formation belge, Silent-Lotto, au sein de laquelle le conflit flamand-wallon est latent, contraint de disputer des épreuves auxquelles il voulait échapper, il a participé au Tour de France sans avoir le rayonnement attendu. Le Tour fut pour lui un calvaire. Il le termina à la 30ème place à 45 minutes de Contador sans y avoir un rôle prépondérant. Tout juste doit-on mettre à son crédit une attaque infructueuse dans les Pyrénées. Il prit alors le départ du Tour d’Espagne pour se relancer mais perdit du temps à la suite d’une crevaison dans la grande étape de montagne et du se contenter de la troisième place au classement général final à 1.32 de Valverde.
Cadel Evans n’est pas démonstratif, il est trop dans sa bulle cycliste. En franchissant la ligne d’arrivée de Mendrisio, il n’a pas montré une immense joie. Tout juste a-t-il salué et remercié la foule d’un simple geste de la main. Cependant, il va devoir changer d’attitude car l’an prochain les Championnats du Monde auront lieu chez lui en Australie, à Melbourne, et nul doute que les organisateurs vont avoir besoin de lui pour assurer la promotion de cet événement.
Et les coureurs français ? C’est une déception. Christophe Riblon, malgré une lourde chute au deuxième tour, a longtemps figuré dans le groupe de tête et y a joué à la perfection le rôle assigné par Laurent Jalabert : surveiller et préparer le terrain pour les derniers tours. Mais lorsque le cap du 220ème km est arrivé, lorsque la course a haussé le ton, Riblon comme les autres coureurs français a disparu. Le premier d’entre eux, Sylvain Chavanel est 29ème. On avait beaucoup cru dans les possibilités de cette équipe. Les coureurs étaient tous volontaires et animés du meilleur esprit possible. Tout semblait avoir été fait pour qu’ils fassent une grande course malgré leur infériorité numérique. Tout est donc à refaire. La France du cyclisme ne peut se contenter d’un tel échec. L’infériorité numérique n’est pas une excuse. Cadel Evans avait peut-être huit équipiers à sa disposition, mais seuls quatre d’entre eux avaient le niveau réclamé par une telle épreuve. La victoire de Romain Sicard dans la course des Espoirs est donc la seule satisfaction. Même si elle doit annoncer des lendemains qui chantent, c’est tout de même bien peu...

Jean-Paul


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