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Pourquoi je quitte le PS pour les Verts

Publié le 28 septembre 2009 par Jfa

Une tribune libre de Fabrice Decoupigny.

On entend dire que le monde, entraîné par la globalisation, change et parce qu’il change il est nécessaire, pour le citoyen de l’accepter et par conséquent de s’adapter. Ce qui il y a de déroutant avec cette affirmation, c’est qu’à force d’être criée sur tous les toits, elle est devenue une vérité qui n’est plus discutée. Or, tout le problème réside dans le naturalisme que cette proposition suppose : les forces du marché régentent le monde, il faut par conséquent les accompagner à défaut de s’y soumettre. Or, ce qui fait le ciment de la pensée de gauche est la conviction indéfectible que les sociétés se construisent autour du citoyen et d’un projet qui s’appuie sur des fondements idéologiques de redistribution, de solidarité et de partage. Et force est de constater que le Parti Socialiste a failli en acceptant le rôle de celui qui attend sagement son tour par la sainte alternance.

Je ne m’étendrais sur les fraudes aux congrès que pour dire que les plus grosses ont eu lieu lors du vote sur les motions du 6 novembre 2008. Sans le score de certaines fédérations nous aurions eu Bertrand Delanoé premier secrétaire. Vu d’en bas, nos leaders n’y croient plus, les barons locaux ont spolié le parti de ses militants et nous assistons incrédules à la valse des pantins. Le monde brûle, souffre, peine à la tâche et que font-ils ? Rien, ils ont tous la tête en 2012, et personne pour sauver l’école, la santé, réclamer les milliards d’euros volés par les banquiers et les spéculateurs…

Que vaut une stratégie sans priorité et objectif. Si je résume brièvement le PS n’a pas de ligne politique, des barons locaux ont faussé toutes les élections en interne depuis des années, nous n’avons pas de projets de société à offrir aux Français et nos dirigeants (nationaux et locaux) sont plus préoccupés par leur carrière politique que par le projet politique.

Le tableau est noir et je ne crois pas que le Parti puisse à court, moyen et long terme redresser la barre. C’est pour ces raisons que je décide de partir chez les Verts.

Le monde ne change pas, la terre est toujours la même, c’est la société qui change. Nous vivons en ce début de XXIème siècle l’émergence de la pensée de l’écologie politique en réactions aux problèmes environnementaux comme le socialisme au XIXème lorsque la société industrielle naissante avait contraint des populations entières aux enfers manufacturiers.

Les premiers républicains ont construit leur discours sur l’insécurité civile pour imposer la démocratie, le socialisme sur l’insécurité sociale pour imposer sa politique de redistribution, les verts construisent leur discours sur l’insécurité environnementale pour asseoir un monde équitable, viable et vivable. Le projet politique écologiste est d’offrir au citoyen un cadre de vie qui lui permette de réaliser ses projets, ce qu’Amartya Sen, dans son ouvrage “L’économie est une science morale” (éd. La découverte), définit comme étant la liberté de choisir sa vie. A quoi ça sert de nourrir des populations avec des aliments nocifs ? A quoi ça sert de construire des logements toxiques ? Replacer l’individu au cœur du projet de société est la ligne politique des Verts. Comme toute pensée progressiste, elle ne se substitue pas aux précédentes mais les complète afin de s’ajuster aux défis sociétaux.

C’est pour toutes ces raisons que je vais chez les «Verts».

- “… au-delà d’un certain niveau de rémunération, au-delà par exemple de un million d’euros annuel, on rémunère non pas la compétence ou le dynamisme, on rémunère simplement la rapacité, l’appât du gain et la prise de risque insensée. Toutes ces choses ne sont pas bonnes pour la croissance et la reprise économique”. Thomas Piketty dans Le Monde. Une très bonne analyse des (très) pauvres résultats concrets du G 20.

- Déchets toxiques, avoirs toxiques… ContreInfo.

- Sur les indemnités journalières des accidents du travail. Le Monde.

- “Le gouvernement face au mur du déficit”. Le Monde. …“Globalement, les entreprises sortiront gagnantes du projet de budget 2010….Les ménages seront nettement moins bien lotis”.

- L’excellente tribune de Stéphane Guillon. Le Post.

- EDF, avec son nouveau PDG (ex de Véolia, encore un proche de N. Sarkozy) devrait amplifier son développement à l’international et réduire une dette de 36,8 milliards (en juin). Le Monde. Attendons-nous donc à payer ces acquisitions pour que, lors de l’ouverture prochaine du capital au privé, ceux-ci puissent toucher de juteux dividendes.


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