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Polanski Par Frédéric Bonnaud : Cet Obscur Objet Du Scandale

Publié le 01 octobre 2009 par Sagephilippe @philippesage

Il est atterré, sincèrement peiné, Ted Stanger. Par ce qu’il entend. Comment ne pas l’être ? Tant ce qui se dit confine au désastre.
Un de plus.
C'est, Donc, Frédéric Bonnaud
Or donc, nous sommes consternés et, accessoirement, mercredi soir (30/09). Quasiment jeudi.
C’est une émission de télévision du service public paisiblement intitulée “L’Objet Du Scandale”. Elle est présentée par Guillaume Durand [1]. On y cause de "l’affaire Polanski". Introduite comme ci :
C’est l’émotion en France et dans le milieu du cinéma. Alors, est-ce une farce juridique, un scandale culturel ou est-ce que la justice est implacable pour tout le monde ?
Ça calme, non, ce genre d’accroche quelque peu putassière (“50 mn inside” à côté, ce serait presque de la roupie de sansonnet ! C’est dire ! ) ?
J’avoue ne pas comprendre, ni me remettre, de cette étrange interrogation : “Est-ce une farce juridique ?”.
Mais passons.
L’éponge.
Tout comme la plupart des interlocuteurs aimerait la passer, et pas qu'un peu, sur le "délit” qui vient de rattraper un “homme de 76 ans”, un “père de famille”, 32 ans plus tard. A Zurich.
Les interlocuteurs en question s’appellent Danielle Thompson [2] Frédéric Bonnaud (qui est donc, le véritable objet du scandale, mais j’y viens ..), Philippe Geluck en invité fil rouge [3], tous, peu ou prou, soutiens du cinéaste, et, comme il faut bien apporter la contradiction, nous précise Guillaume Durand (à croire qu’il le déplore ..) Ted Stanger qui estime “comme la majorité des américains” que Roman Polanski “doit aller aux États-Unis”, “comparaître”, quand bien même, “on ne peut pas ne pas l’aimer. Ce n’est pas possible. C’est un gamin adorable [4]. Mais il a un problème avec la justice.”.
Si l’on y ajoute un bref passage sur le plateau d’Hervé Temime, l’avocat français (oui, Monsieur Polanski a plusieurs avocats) du réalisateur de “Répulsion”, un rappel filmé des déclarations de Bernard-Henri Levy et Frédéric Mitterrand, ça nous y fait du 6 contre 1. En faveur de Roman Polanski.
L'impartialité, l'équité, ou, à défaut, le débat, le vrai, c’est pas vraiment la tasse de thé de “L’Objet du Scandale”.
En revanche, pour le scandale, là, pas de problème, on est servi. Ah ça, les mecs, ils ne sont pas venus pour beurrer les sandwiches de Samantha Geimer (dont ils ne citeront, c’est à noter, jamais le nom, ni le prénom. Des élégants, ces ”gens-là” ..) !
Ils sont plutôt venus pour refaire l’histoire. Faire de la vie, un “Roman”. Et d’ailleurs, dans leurs bouches, bien souvent, Polanski n’est pas une personne (comme toi et moi) non, c’est .. un “personnage” ! Ah c’est pas pareil, sais-tu ! Une personne qui abuserait sexuellement (sodomie, voie orale ..) d’une fille de 13 ans, elle serait illico-presto traduite en justice, mais un “personnage” de “Roman” …
De toutes les façons, peu importe, car lorsqu’il (re)devient une personne, “il” et son “immense talent” (bof …) n’est pas une personne comme une autre. C’est “un homme de 76 ans” nous dit Frédéric Bonnaud (que vient faire l’âge dans cette affaire ? Je n’aurai pas la discourtoisie de citer des prévenus du même âge, voire plus âgés, que la France se félicitait de pouvoir enfin “juger” ..) un homme qui “a refait sa vie”, qui “est devenu un père de famille” qui “s’est marié”, “a eu deux enfants” et donc ... “le pardon est possible”.
Note-le bien.
Ça pourrait te servir.
Car ce qui vient d’être dit par le Sieur Bonnaud, c’est que, ma foi, si tu commets un (grave) délit sexuel, mais que, par la suite, tu deviens un bon père de famille, eh bien la justice t'absoudra. Et si, par malheur ou par autre chose (devine donc quoi ..), elle n’en avait cure, qu’elle fasse son américaine, ne sois pas inquiet, pauvre de toi, Frédéric Bonnaud viendra prendre ta défense comme il le fit pour Polanski. Car le Bonnaud est bon. Et fiable.
Non, je ne suis pas cynique. Allons, que vas-tu imaginer ! M’enfin, comment pourrait-il ne pas voler à ton secours, après sa brillante plaidoirie de mercredi soir ?
Quand bien même Ted Stanger aurait (justement, mais pas innocemment) fait remarquer que :
S’il (Roman Polanski) était un simple plombier, on ne serait pas là, ce soir !
Mais n’écoute point Ted. C’est un méchant américain. Bouh !
Revenons à nos moutons, en l’occurrence à notre Bonnaud bêlant qui, perché tout en haut de sa suffisance, tenait dans sa main “un élément” destiné à nous clouer le bec (et cette affaire, avec). Même que, Bonnaud, il trouvait “curieux que personne n’en ait parlé” (de cet élément).
Non, il ne s’agit pas du “5ème Élément”, ça ne se peut pas, vu que son réalisateur, Luc Besson, qui “aime beaucoup” Roman Polanski, pense que “la justice doit être la même pour tout le monde (…) même 30 ans après”.
Non, l’élément en question, que veut mordicus nous apporter Bonnaud, se trouve dans un livre. Celui qu’il tient frénétiquement dans sa main, recto offert à la caméra (un p’tit coup de promo, ça mange pas de pain ..). Et c’est pas n’importe quel bouquin : il s’agit ni plus ni moins, et carrément, de “Roman” par .. Polanski. Bref, de l’autobiographie du réalisateur.
Ça c’est du solide, Coco !
Effectivement, il est pour le moins “curieux” que personne, notamment les professionnels de la justice, à commencer par celle, vilaine, des États-Unis, n’ait eu l’idée de se pencher sur des confessions “romanesques” et/ou “romancées” pour ...
Mais pour quoi, au juste ?
Eh bien, Bonnaud va nous le dire.
Que tous les Maîtres Vergès ou autre Eolas en prennent de la graine, c’est du lourd.
C’est la version de Polanski, précise Bonnaud (précision qui aura son importance, comme nous le verrons plus tard). Il y raconte sa rencontre avec cette jeune femme .. Cette jeune fille, pardon ! ..
Pardon, mon cul, oui ! Sinon pourquoi ajouter dans la seconde qui suit “qu’elle a presque 14 ans dans deux semaines” ?
Mais ce n’est qu’un début …
Il écrit ceci, poursuit Maître Bonnaud : je lui demandai à quel âge, elle avait eu ses premières relations sexuelles ?
Ça commence mal, cette plaidoirie, non ?
Parce que, un type de “presque” 44 ans qui demande à une “jeune femme” de “presque 14 ans dans deux semaines”, à quel âge elle a eu ses premiers rapports sexuels, ça ne court quand même pas les rues ! Certes, c’est pas un type comme nous, c’est un “aaaaartiiiiiste”, mais y’a quand même d’autres questions à poser à une gosse de 13 ans. Non ?
Eh bien, pas pour Bonnaud. Il a l’air de trouver ça “normal” !
Bonnaud qui balance un regard et une moue entendus à l’assistance, quand il dévoile la réponse de la “jeune femme” : “A huit ans !”.
Tu vois où qu’il veut (salement) en venir le mec avec son regard-et-sa-moue-tu-m’as-compris ?
Mais poursuivons avec un Bonnaud de plus en plus dans “son élément” et lisant, sur un ton très Guy Carlier :
Je (Polanski) lui jetai un regard de côté pour voir si elle parlait sérieusement. Elle en donnait toutes les apparences. “Avec qui ?”. Cela n’avait manifestement aucune importance à ses yeux ..
Ça se précise, non ?
Tu la sens venir l’entourloupe, la saloperie ?
La page d’avant, continue, tout excité par lui-même, Bonnaud, la même jeune femme .. la même jeune fille !
Ah cette insistance à requalifier une adolescente en "jeune femme", ça sent pas bon. Ça pue l’ignoble. Qui ne va plus tarder :
.. La même jeune fille, elle dit qu’elle n’appréciait pas l’herbe, c’était bon pour les vieux comme sa mère. Elle fume pas de joint ! glapit le Bonnaud ajoutant : puisqu’on l’accuse, Polanski, de l’avoir droguée !”
A ce (bas) niveau-là, on l’a vraiment, le bec cloué. Plus encore (oui, c’est possible) quand Bonnaud nous apprend, via Polanski, et de plus en plus excité, que cette “jeune femme” consommait une drogue que le cinéaste lui-même ne connaissait pas. Qu’en outre, un soir, chez son père, elle s’était "complètement pétée la gueule" au champagne.
Ça se précise de plus en plus : nous voilà donc en présence d’une “jeune femme” de 13 ans qui baise, se drogue et boit.
Et …
Donc, s’exclame Bonnaud (ah ce “donc” qui vient de nulle part ..) je ne suis pas en train d’accabler cette malheureuse jeune fille ..
Sans blagues ?
Il nous prendrait pas un peu pour des cons de compète, ce Bonnaud ?
.. qui visiblement était un peu paumée, c’est pas que je veux dire ..
Et il insiste en plus, ce saligaud ?
Je dis simplement (t’es sûr pour le “simplement, Bonnaud ?) que Roman Polanski est tombé (dans un traquenard ? C’est ça que tu voudrais dire, Bonnaud ? Ça te démange, hein ..) à l’époque, lui-même pas très bien, sur une jeune femme qui avait 14 ans qui en faisait 17 ou 18 (je t’avais prévenu que ce serait ignoble ..) [5] et qui avait, simplement (encore ?) à en croire son témoignage, ce qu’on appelle une sexualité active !
STOOoooOOp !
T’as noté l’énormité ? (hormis de salir une adolescente, lui filer 5 ans ferme de plus que son âge ..) : “A en croire son témoignage
Mais Bonnaud, ce n’est pas le témoignage de la “jeune femme” que tu viens de nous donner, mais celui de .. Polanski ! Tu l’as dit, toi-même : “C’est la version de Polanski.” 
T’as oublié ?
Visiblement, oui. Il l’a “simplement” oublié.
Mais peu lui chaut, rien ne l’embarrasse ce garçon, et il assène, du haut de sa modestie :
Il (Polanski) n’a pas été son initiateur. Il n’a pas été son pygmalion. Il a eu une aventure sexuelle avec elle. Voilà le dossier.
Eh ben putain, si tu me permets l’expression, que voilà une bien étrange façon de “boucler” un dossier ! Voilà surtout comment on te le dévoie (scandaleusement). De la plus dégueulasse et salope des façons. C’est à se demander si Bonnaud, ce ne serait pas ce genre de type qui doit penser que si elles ne mettaient pas des jupes aussi courtes ou ne dévoilaient pas leur nombril, les filles, elles ne se feraient pas violer.
Et donc, il est atterré, sincèrement peiné, Ted Stanger. Par ce qu’il vient d’entendre. Comment ne pas l’être ?
Tout de même, il y retourne, las, et dit :
Quand on couche avec une JEUNE FEMME de 13 ans, c’est tout de même un crime !
Et que lui répond, Bonnaud ?
Tu vas pas le croire.
Et pourtant si, il ose (mais c’est à ça qu’on le reconnaît ..) lui répondre :
Ça personne ne dit le contraire !
Sauf Bonnaud.
Bien entendu
[1] Qui d’emblée nous précise que “nous sommes en direct, ce qui est une énorme différence par rapport à la saison précédente !”. Effectivement. Mais cette “énorme différence”, c’est surtout Frédéric Bonnaud. Un mec très direct …
[2] Danielle Thompson qui pour défendre “son ami” Roman Polanski ne trouvera rien de mieux que de se “servir” du défunt sénateur, Ted Kennedy, un homme qui, dira-t-elle, “a échappé à la justice”, “n’a pas fait un jour de prison”. Alors pourquoi Roman Polanski, n’est-ce pas ?
Ben voyons ..
C’est beau, non, l’idée de justice chez ces “gens-là” …
[3] Philippe Geluck qui ne manquera pas d’être égal à lui-même, soit à rien. Comme en témoigne cette question qui démontre de son inconséquence, de sa mauvaise foi ou de sa bêtise. Voire les trois à la fois :
- S’il (Polanski) avait réalisé "Les Charlots Font L’Espagne", est-ce que ça aurait changé le truc ?
- Non ! Fit Durand
- Non, évidemment, enchaîna ravi (et soulagé) Geluck.
- Non ! Surenchérit Danielle Thompson.
Après le “Bal des Vampires”, c’était donc “Le Bal Des Faux-Culs”.
[4] Or donc, pour Stanger, Polanski, 76 ans, c’est un “gamin”. Mine de rien, c’est bien plus éclairant, à la limite, que tout ce qui fut dit par la suite sur le “personnage” en question.
[5] Mais quel incroyable renversement des rôles !
Pour Frédéric Bonnaud, ce n’est pas une adolescente avec laquelle Polanski a eu “une aventure sexuelle” mais “une jeune femme de 14 ans qui en faisait 17 ou 18”.
Or pour Ted Stanger (voir 4) Polanski, cet '”homme de 76 ans”, est un “gamin”.
Ainsi donc, au terme de cet “Objet Du Scandale” nous en étions rendus à l’histoire d’un “gamin” qui aurait abusé sexuellement d’une “jeune femme de 18 ans !”.
C’est-y pas magique, la télévision, dis-donc ?


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