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Mes nuits sans Brice H.

Publié le 03 octobre 2009 par Ruminances

dali02.jpg5h10. J'extrais vaille que vaille ma viande du paddock. J'ai fait un mauvais rêve dont l'incohérence m'a sorti des limbes. Une blonde jouait avec ses gosses à Grand Theft Auto IV, un jeu vidéo violent où l'on vole, tue et viole. C'est pédagogique, qu'elle expliquait sur un plateau téloche. Plus on joue, moins on joue. A voir la gueule de ses grands mômes, ils avaient plutôt l'air assidu à la chose. C'est pédagogique, on vous dit hurle à nouveau la vilaine voix dans le poste. Je suis tout en sueur, j'ai des frissons, j'hallucine, Eugène !

J'me convaincs bon an mal an que ce n'est qu'un délire sordide, que la vie va reprendre son cours réel, que j'ai dû abuser la veille d'un Côte du Rhône-villages. J'ai un mal fou à la caboche. Comme si un 35 tonnes m'avait déversé l'intégralité de sa marchandise sur la plaque osseuse. J'avale deux Aspégic et trois Dolipran. Et je me refous au pieu. Pas farouche, Morphée me reprend illico dans ses bras.

Là, je suis dans une drôle de jungle. Sauf que y'a pas Tarzan ni Jane mais un drôle de gugusse qui me fait des doigts d'honneur. Il a le regard froid d'une murène. Il dirige une horde de casqués qui tapent sur tout ce qui bouge. Il parle de délicatesse. Il dit que les casqués sont vraiment délicats parce qu'ils ont enlevé leurs pompes avant d'entrer dans une mosquée de fortune pour arrêter des réfugiés. Ça recommence, je gémis, je grelotte, j'ai la fièvre.

Je me fous sur le ventre, la tronche enfouie sous l'oreiller. Je sens ma femme qui bouge. Ça me rassure 30 secondes. Je me rempaffe. Curieux, j'ai l'impression de m'entendre ronfler. C'est possible ? Que nenni ! En fait, y'a un pitbull chevelu, accroché à mon falzar qui gronde tel un moteur diesel. Je lui balance un coup de latte en pleine truffe. Il décroche de mon mollet, la bave aux lèvres. Et croyez-moi ou pas, il se met à grogner en français.

Il cause de castration chimique. Il ne sait pas ce que ça veut dire et si c'est efficace mais ce n'est pas grave, ça sonne bien, ça épate le bon peuple. Sa tactique à lui, c'est toujours de réagir dans l'émotionnel populiste. On hurle avec les loups, on réfléchit après. Ou pas. Comme pour le péril Internet, l'abus du droit de grève, le travail pendant les congés maladies, l'appel à la délation, le danger potentiel de bambins de trois ans. Liste non exhaustive, loin s'en faut. L'important pour l'enragé est de faire du bruit, de réprimer, de mettre au pas, d'interdire, de castrer.

Cette fois, c'en est trop. Un auvergnat, ça va. Trois, bonjour les dégâts. Je me mets à  courir comme un dératé façon David Vincent dans les Envahisseurs. Je me dis comme lui qu'il me faut convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé. Sauf que là, les petits hommes verts, ils n'ont pas de petit doigt bizarre mais des idées et des actes toujours plus extrêmes et “décomplexés“. Papa Freud, reviens, ils sont devenus fous !

PS : Toute ressemblance avec des personnages existants serait purement fortuite… 


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