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La Jeunesse, Ce Parent Pauvre Du Sarkozysme

Publié le 04 octobre 2009 par Sagephilippe @philippesage

Au Revoir, Les Enfants !
Je veux un État où les fonctionnaires seront moins nombreux … “ Déclarait le candidat Nicolas Sarkozy, le 14 janvier 2007, lors du Congrès de l’UMP, celui où par onze fois, il assurait avoir “changé”.
Il aura tenu parole.
Il suffisait, comme annoncé, de ne pas remplacer un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique.
Et nous voilà "délestés" de 64 600 fonctionnaires depuis 2007 (Près de 100 000 à la fin 2010).
Sauf que, il y a un petit problème. Car la phrase complète était la suivante :
Je veux un État où les fonctionnaires seront moins nombreux mais mieux payés
Or là, le compte n’y est pas. Les salaires dans la fonction publique ont été revalorisés de 0.8% en 2008 (pour une inflation de 3.2% – chiffre INSEE).
0.8% une nouvelle fois et en deux temps (0.5 en juillet et 0.3 en octobre) cette année.
Et il est prévu une augmentation de 0.5% au 1er juillet 2010, idem au 1er juillet 2011.
2,6% en quatre ans ! C’est bien peu quand on promet aux fonctionnaires d’être “mieux payés”.
Ce serait démagogique de ma part que de dire “on a trouvé des milliards pour sauver les banques, l’industrie automobile, et même un bon gros milliard pour nous prémunir d’une pandémie qui ne semble pas vouloir se déclarer”, mais le serais-je si je disais que cette distribution de milliards aurait gagné à être mieux répartie ? Et notamment pour honorer cette promesse : mieux payer nos fonctionnaires ?
Mais il y a un autre (gros) problème. C’est que ce dégraissage du mammouth public touche aussi, et durement, l’Éducation nationale. Pivot d’une société. Et, puisque le chef de l’État s’est toujours présenté comme l'"abhorrateur" du mensonge :
Vous voulez la vérité ! Cela tombe bien : je refuse le mensonge !” [Nicolas Sarkozy - Marseille – 1,2,3 septembre 2006]
Prenons-le au mot (qui n’est pas l’expression préférée de Christian Vanneste …) !
Et rappelons quelle école, il souhaitait “construire” durant son quinquennat.
Je veux construire une école qui donne envie d’apprendre. Je veux construire une école qui renoue avec une conception exigeante de la culture et du savoir. Je veux construire une école capable d'être le creuset d’une culture commune.” [Nicolas Sarkozy - Marseille – 1,2,3 septembre 2006]
Ça fait rêver, non ? Une école comme ça, mais on est tous "pour" ! Même qu’on signerait des deux mains et les yeux fermés ou voudrions y retourner sur le champ !
Mais comment construire une telle école, ambitieuse, “exigeante”, en supprimant chaque année des postes d’enseignants, d’éducateurs, tout en revalorisant de deux virgule petits six pour cent ceusses qui poursuivent leur mission ?
Ils étaient 8700 de moins à la rentrée 2007. Pour celle de 2008, 11 200. 2009, 13 500. Et pour la rentrée prochaine, 16 000 ne seront pas remplacés. Soit 49 200 en quatre ans !
Certes quantité n’est pas gage de qualité. Mais quand une part inquiétante d’élèves arrivant en sixième a de graves lacunes en lecture, en écriture, peut-être ne faut-il pas mégoter sur les moyens humains pour rattraper le coup, gommer cet "handicap" lourd de conséquences pour l’avenir de ces enfants :
Je propose que lorsque les handicaps sont trop lourds on organise des classes de 15 élèves” [Nicolas Sarkozy - Marseille – 1,2,3 septembre 2006]
Comment “organiser des classes de 15 élèves” avec moins de personnel ?
Quelle est cette République qui en choisissant de se soulager pécuniairement, froidement et sans discernement, sacrifie l’avenir de ses enfants ?
Apparemment, ce n’est pas la République promise :
Ma République c’est celle du droit opposable à la scolarisation des enfants handicapés, parce que si l’on pense que d’ici à cinq ans on ne peut pas trouver les moyens de scolariser tous les enfants handicapés, il ne faut pas faire de politique. Ce droit n’est pas seulement un droit pour les enfants handicapés, c’est aussi une chance pour les autres enfants.” [Nicolas Sarkozy – 14 janvier 2007]
Je ne vois pas comment une école qui n’a pas su accueillir des enfants handicapés hier, pourrait le faire demain, avec moins d’enseignants, d’éducateurs. Soit en l’handicapant elle–même.
En admettant que réduire (numériquement) la fonction publique était une priorité, sans doute ne l'était-ce pas dans l’Éducation nationale … Peut-être, aurait-il mieux valu la repenser, la réorganiser, humainement et géographiquement. Mieux répartir les effectifs. Les augmenter là où c’était urgent, nécessaire. Les alléger ailleurs. Avoir le souci de l’efficience, pas de l’économie (ou de la radinerie). Faire d’une quantité, une qualité.
Comment s’étonner, alors, ensuite, que pour la jeunesse, celle sortie de l’école, Nicolas Sarkozy ne propose, aujourd’hui, et (bien) au fond, rien de mieux que le RSA ?
Lui qui, candidat ou fanfaron, promettait à cette jeunesse monts et merveilles. La reconnaissance, les moyens, le maximum :
Je veux être le Président d’une République qui dira aux jeunes : vous voulez être reconnus comme des citoyens à part entière dès que vous devenez majeurs. Vous le serez. Vous aurez les moyens de décider par vous-mêmes quand vous quitterez le domicile de vos parents. Vous aurez les moyens de réaliser vos ambitions, de vivre votre vie comme vous le souhaitez, d’aimer comme vous l’entendez. Vous aurez les moyens de devenir ce que vous voulez devenir (…) Je ne veux pas de la société du minimum parce qu’avec le minimum on ne vit pas. On survit. Je veux une société du maximum. Je préfère une jeunesse à qui l’on donne la possibilité de réaliser ses projets plutôt qu’une jeunesse qui est condamnée à l’assistanat. Je veux être le Président d’une République qui dit à la jeunesse : tu reçois beaucoup, tu dois donner aussi de toi-même." [Nicolas Sarkozy - 14 janvier 2007]
Est-ce avec la perspective, l’offrande d’un RSA qu’on peut devenir un “citoyen à part entière” ?
Est-ce avec un plan-plan de 500 millions d’euros qu’on permet à cette jeunesse de “réaliser ses projets” ? 500 petits millions d’euros alors que la crise n’a pas dit ses derniers maux, est-ce réellement suffisant ?
Serait-ce démagogie, encore une fois, que de dire que tous ces milliards dépensés (banques, industrie automobile, vaccin H1N1, etc.) auraient dû être mieux dispensés ? Que de dire qu’on ne construit pas la France de demain en rognant sur l’école, la jeunesse, l’essentiel ?
Est-ce mentir que de dire, déclarations et promesses à l’appuie, qu’à ce jour (soit à plus que “la moitié de son premier mandat”) Nicolas Sarkozy a déjà trahi, abandonné la jeunesse de ce pays ? Qu’elle est le parent pauvre de sa politique.


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