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Les petits pas Martine Aubry

Publié le 05 octobre 2009 par Hmoreigne

 Un petit pas pour Martine Aubry, un grand bond pour le PS. Les militants socialistes ont entériné le 1er octobre, par le biais d’une consultation interne, les propositions de la première secrétaire destinées à engager la rénovation toujours réclamée mais, jamais mise en oeuvre. La participation et le résultat du vote n’étaient pas gagnés d’avance. Après de longs mois difficiles, Martine Aubry semble avoir repris la main sur l’appareil socialiste. Un retournement de situation qu’avait laissé entrevoir la réussite de l’université d’été du PS . Les socialistes “se sont saisis de la rénovation et ont prolongé l’esprit de La Rochelle“, commentait d’ailleurs vendredi, Martine Aubry, estimant les résultats “sans appel“.


Moi je vous l’ai déjà dit je suis besogneuse. Une haie après l’autre” répétait encore aux médias Martine Aubry à propos d’une consultation présentée comme l’acte 1 de la rénovation du PS. Et de conclure, “Il y a encore beaucoup de boulot à faire mais, un grand pas a été franchi hier“.

La Première secrétaire peut avoir le sourire. Si le PS a connu de meilleurs taux de participation, il en a connu dernièrement de pires. Avec un niveau de 47% il se situe certes en deçà du vote sur les motions, enregistré en novembre 2008 lors du congrès de Reims (56,6 %) mais, il dépasse de dix points le niveau atteint en mars lors de la ratification des listes pour les élections européennes.

Au-delà de la question des primaires largement avalisées (68 %), le renforcement des règles de non-cumul des mandats a été approuvé sans difficulté (72 %) dans l’objectif d’aboutir à un mandat unique (75 %) en dépit d’une réelle l’hostilité, plus ou moins discrète, de nombreux élus.

Ce n’est pas pour autant que Martine Aubry va nager dans un océan de sérénité. Elle doit notamment faire face à l’hostilité en interne des amis de François Hollande et de quelques francs-tireurs à l’image de Malek Boutih qui préfère voir une bouteille à moitié vide plutôt qu’à moitié pleine.

Pas une gifle mais pas un succès non plus” estime Yves Thréard (Le Figaro) selon qui, Martine Aubry présenterait une image “démodée, classique, voire dogmatique” supposée trancher avec une Ségolène Royal “apparaissant moderne, souriante et imaginative aux yeux de beaucoup”.

Plus insidieux, les opposants internes et externes à Martine Aubry raillent l’absence d’autorité de la Première secrétaire en se fondant sur le fait que les militants du Languedoc-Roussillon ont choisi le même soir contre l’avis de Solférino un proche de Georges Frêche pour mener la liste des régionales.

L’incident ne fera pas dévier Martine Aubry de sa longue marche. La maire de Lille a confirmé que la réintégration de Georges Frêche n’est pas à l’ordre du jour. “Nous allons parler et discuter avec Georges Frêche“, s’est contentée de déclarer la première secrétaire du PS en insistant sur la nécessité de concilier deux objectifs: la rénovation et garder la région. Un cas pratique difficile qui atteste de la dérive féodale et clientéliste du PS dans certaines régions.

Lors du vote interne au PS, organisé jeudi dernier, les militants languedociens ont voté à 66,35% pour Didier Codorniou contre 33,65% pour Eric Andrieu soutenu par Solférino. Un vote fort en enjeux car Didier Codorniou a toujours prévenu qu’il laisserait sa place de tête de liste à George Frêche lors des prochaines régionales. De drôles de pratiques qui en rejoignent d’autres dans une région à la réputation sulfureuse en matière de scrutins internes et de clientélisme.

Une chose après l’autre. Il viendra bien un temps où il faudra nettoyer les écuries d’Augias.


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