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Emmanuel Chabrier

Publié le 05 octobre 2009 par Gérard Charbonnel @gcharbonnel
Le jovial Auvergnat Emmanuel Chabrier

Fils d'avocat, Alexis Emmanuel Chabrier naît à Ambert le 18 janvier 1841. Il reçoit des leçons de piano dès l'âge de six ans avec Manuel Zaporta. Il entre au lycée à Clermont-Ferrand en 1851.

Parallèlement il prend des cours de violon avec Tarnowski à Clermont-Ferrand. Malgré des prédispositions marquées pour la musique, il se retrouve à Paris pour y suivre des études au Lycée Saint-Louis, de 1856 à 1858. Il y étudie le droit et passe sa licence en 1861. Diplôme en poche, il devient supernuméraire au ministère de l'intérieur.

Ce poste qui lui apporte une certaine stabilité matérielle et qu'il conserve jusqu'en 1879, lui permet de suivre la classe d'Édouard Wolff pour le piano, de Richard Hammer pour l'harmonie et de Théophile Semet puis d'Aristide Hignard pour la composition.

Très attiré par la richesse de la vie artistique du Paris du Second Empire, il s'immerge dans les milieux littéraires et artistiques les plus progressistes de la capitale et entre en relation avec Camille Saint-Saëns, Jules Massenet, Vincent d'Indy et l'entourage de César Franck.

Il fréquente aussi des peintres impressionnistes comme Manet dont il collectionne les tableaux. Les parnassiens l'accueillent, il se lie d'amitié avec Verlaine et il devient rapidement indispensable dans les salons parisiens grâce à son formidable jeu pianistique.

Son caractère jovial le conduit à composer des opérettes, telle " L'étoile " en 1877, qui ne connaît qu'un piètre succès. L'œuvre est légère mais d'une écriture complexe, avant-gardiste, donc mal comprise pour le genre.

En 1879, il assiste à Munich à une représentation de l'opéra de Richard Wagner, " Tristan et Iseult ". Cette représentation créé le déclic. Il quitte le ministère quelques mois plus tard pour se consacrer uniquement à la musique.

En 1881, il seconde comme directeur des choeurs et accompagnateur, Charles Lamoureux qui vient de fonder son orchestre.

Un voyage en Espagne en 1882 lui inspire " España ", une rapsodie pour orchestre créée en 1883 qui le fera réellement connaître du public. Dès lors, Chabrier suscite de l'intérêt. Compositeur d'opérettes pour les wagnériens, Wagnérien pour les autres, il fait désormais partie du paysage musical et artistique français de cette fin de XIXè siècle.

Dès 1884, il séjournera chaque année quelques mois dans les environs de Tours, à La Membrolle, pour composer. Se consacrant principalement au théâtre lyrique, il écrit néanmoins quelques pièces pour piano fort appréciées par Claude Debussy et Maurice Ravel.

En 1883-1884, il est directeur du chœur et co-répétiteur au théâtre du Château d'eau. Il anime un cercle dit " Le petit Beyreuth " consacré à l'étude des oeuvres de Wagner.

Ses oeuvres lyriques rencontrent des fortunes plus que diverses. C'est ainsi que " Gwendoline " n'est représentée qu'à deux reprises à Bruxelles du fait de la faillite du directeur de l'Opéra. L'incendie de l'Opéra Comique interrompt " Le roi malgré lui " après la troisième représentation. Néanmoins, comme pour Hector Berlioz, l'un de ses maîtres, ses compositions connaissent davantage de chance en Allemagne, grâce notamment à l'amitié qu'il entretient avec le chef wagnérien Félix Mottl.

Atteint d'un mal incurable, il ne pourra terminer sans quelques énormes difficultés " Briseis ", son dernier opéra mais composera jusqu'à la fin plusieurs œuvres légères et joyeuses.

Il s'éteint à Paris le 13 septembre 1894.

Depuis, Emmanuel Chabrier est joué en France de manière épisodique avec toujours un grand succès car sa musique, en avance sur son époque, est maintenant comprise par un large public même s'il n'est jamais réellement parvenu à s'imposer au répertoire des grands compositeurs lyriques.


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