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JB Clément : Bio

Publié le 06 octobre 2009 par Zelast

bio sympatique à redécouvrir trouvé sur drapeau noir...

Jean-Baptiste Clément

Jean-Baptiste Clément né à Boulogne en 1836 Paris, est un communard connu principalement pour l'écriture de la chanson "le Temps des cerises" qu'il écrivit en 1866. Mais c'est en 1885 qu'il dédiera cette chanson à Louise, ambulancière sur la dernière barricade du 28 mai. Cette chanson deviendra le symbole de la Commune de Paris.

Le Drapeau noir

Jean-Baptiste Clément est aussi l'auteur de l'une des plus belles chansons de la Commune: La semaine sanglante (publiée en bas de page)

Né dans une famille aisée, fils d'un riche meunier, il quitte très jeune le foyer et fut placé dans un pensionnat rue Buffault dans le 9ème où il restera plusieurs années. Apprenti repousseur sur cuivre, à l'âge de 14 ans, il ne le restera pas très longtemps, préférant la fréquentation des cabarets et des guinguettes. Il fera plusieurs métiers, sera trimardeur, manœuvre en construction.

Il exerce plusieurs métiers et rejoint Paris où il côtoie des journalistes écrivant dans des journaux socialistes, particulièrement dans le «Cri du Peuple» de Jules Vallès. Avant 1870, il est plusieurs fois condamné à la prison pour ses écrits et pamphlets "Les Carmagnoles", "89", etc. Il fut emprisonné à la prison de Sainte-Pélagie jusqu'au soulèvement républicain de la Commune.

Révolté contre toutes les injustices sociales

Il siège ensuite à la Commune de Paris. Le 28 mai, il est avec Varlin et Ferré, sur la dernière des barricades. Il se cache un temps, avant de pouvoir trouver refuge en Angleterre, via la Belgique. Condamné à mort par contumace en 1874, il ne rentre en France qu'après l'amnistie de 1879.

Il rentre à Paris en 1880 et devient socialiste, il s'engage dans le syndicalisme, particulièrement dans les Ardennes, où il donne de nombreuses conférences, organise des syndicats. En 1885, il fonde la Fédération socialiste des Ardennes.

Son action dans les Ardennes n'était pas sans susciter une certaine crainte et beaucoup d'opposition de la part de ses adversaires: le patronat ardennais, l'Eglise, les journaux “bourgeois”, la police et même parfois l'ouvrier qui se montre rebelle à l'organisation durable comme à l'éducation politique.

La brochure "Questions sociales à la portée de tous"

"Nous avons repris, le 15 janvier 1887, la publication des brochures: QUESTIONS SOCIALES À LA PORTÉE DE TOUS, dont nous avons été obligé d’interrompre le cours par suite de la saisie, en France et à l’étranger, de plusieurs de nos numéros.

Pour donner satisfaction aux demandes qui nous ont été adressées, nous reprenons cette publication à partir du N°1.

Il paraît un numéro tous les quinze jours, sous forme d’une brochure de 16 pages, aux prix de 10 centimes."

CITOYENNES ET CITOYENS,

Mon but, en annonçant d’avance les sujets que je traiterai, est d’inviter les travailleurs - ces exploités et ces victimes de la féodalité moderne - à être mes collaborateurs en me communiquant leur sentiment, leur opinion, en me disant ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont souffert, pour dresser ensemble le dossier des capitalistes, des exploiteurs, des parasites, et constituer ainsi les archives saignantes du Prolétariat.
N’étant pas un doctrinaire, et voulant surtout faire œuvre de propagandiste en restant à la portée de tous par une forme simple, humaine, persuasive, reposant sur des arguments sérieux et des preuves irréfutables, me croyant, en outre, en raison du prix et du but de cette publication, à l’abri de tout soupçon de lucre et de vanité, je fais appel aux Citoyens dévoués et je leur demande de m’aider à propager ces brochures parmi nos camarades de travail, à qui nous ne saurions trop répéter : Qu’ils ne sont aux prises avec la misère que parce qu’ils sont victimes des injustices sociales, et qu’il ne tient qu’à eux de les faire disparaître.

Salut et Égalité.

J.B. Clément"

Le 1er mai 1891, le chômage est général dans les centres industriels à forte concentration ouvrière. Au son de la Carmagnole et de la Marseillaise, on réclame la journée de 8 heures. Ce jour-là, à Fourmies, la troupe tire sur la foule. On dénombre 9 morts dont des enfants: Fourmies donne à la III ème République sa première tragédie ouvrière. Le même jour, à Charleville, Jean Baptiste-Clément est arrêté et emprisonné.

Le lendemain, dans un Charleville en état de siège, le verdict est sévère: 2 ans de prison et 5 ans d'interdiction de séjour. Le soir même, il est secrètement emmené à la prison de Nancy. Une vague de protestations déferle contre l'arrestation et l'emprisonnement de Jean-Baptiste Clément. Finalement, après 7 semaines de prévention, la Cour d'Appel de Nancy le condamne à 2 mois de prison et l'interdiction de séjour est levée.

Jean-Baptiste Clément consacra donc toute sa vie à l'émancipation du peuple. Ses convictions socialistes venaient davantage de l'expérience vécue et de son contact permanent avec le monde ouvrier. Son action courageuse, où il laissa chaque jour un peu de sa santé, sa méthode, permirent d'éduquer, d'organiser, de défendre les travailleurs et donnèrent naissance à une nouvelle génération de syndicalistes.

Devant le relâchement des groupes, à partir de 1892, Jean-Baptiste Clément demande son remplacement. On le supplie de rester. Il cède, mais, usé par la maladie, il n'a plus la même fougue.

Son action motivée et tenace ne fut pas toujours reconnue, c'était pourtant un "révolté contre toutes les injustices sociales" qui a largement sa part dans le mouvement socialiste.

En décembre 1894, Jean-Baptiste Clément "le Vieux" quitte les Ardennes, le coeur serré. Il fut ensuite employé à la mairie de Saint-Denis, puis il collabora au journal "La Petite République''.

Il s'éteint le 23 février 1903 à l'âge de 66 ans. Il fut enterré le 26 février 1903 au cimetière du Père Lachaise et plus de quatre mille personnes assistèrent à la cérémonie.

La Semaine sanglante

sauf des mouchards et des gendarmes

on ne voit plus par les chemins

que des vieillards tristes en larmes

des veuves et des orphelins

Paris suinte la misère

les heureux même sont tremblants

la mode est au conseil de guerre

et les pavés sont tous sanglants.

refrain

oui mais… ça branle dans le manche !

les mauvais jours finiront

et gare à la revanche

quand tous les pauvres s’y mettront, (bis).

les journaux de l’ex-préfecture

les flibustiers, les gens tarés

les parvenus de l’aventure

les gens de biens, les décorés

gens de bourse et coins de rues

amants de filles aux rebus

grouillent comme un tas de verrues

sur les cadavres des vaincus.

refrain

on traque, on enchaîne, on fusille

tout ce qu’on ramasse au hasard

la mère à côté de sa fille

l’enfant dans les bras du vieillard

les châtiments du drapeau rouge

sont remplacés par la terreur

de tous les chenapans de bouge

valets de rois et d’empereurs.

refrain

nous voilà rendus aux Jésuites,

aux Mac-Mahon, Aux Dupanloup.

il va pleuvoir des eaux bénites,

des troncs vont faire un argent fou.

dès demain, en réjouissance,

et Saint-Eustache et l’Opéra

vont se refaire concurrence,

et le bagne se peuplera.

refrain

demain, les manons, les lorettes,

et les dames des beaux faubourgs

porteront sur leurs collerettes

des chassepots et des tambours.

on mettra tout au tricolore,

les plats du jour et les rubans,

pendant que le héros Pandore,

fera fusiller nos enfants.

refrain

demain les gens de la police

refleuriront sur le trottoir,

fiers de leurs états de service

et le pistolet en sautoir.

sans pain, sans travail et sans armes,

nous allons être gouvernés

par des mouchards et des gendarmes,

des sabre-peuple et des curés.

refrain

Le peuple au collier de misère

sera-t-il donc toujours rivé ?;

jusques à quand les gens de guerre

tiendront-ils le haut du pavé ?

jusques à quand la sainte clique

nous croira-t-elle un vil bétail ?

a quand enfin la République

de la justice et du travail ?

refrain

Jean-Baptiste Clément

Sources diverses.


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