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Bernard Werber... un inclassable auteur

Publié le 09 octobre 2009 par Stephanebigeard
Bernard Werber... un inclassable auteur Quel souvenir vous a laissé votre adolescence ?
B.W: Un souvenir pas terrible ! Introverti, lisant des livres, racontant des histoires.
J'ai toujours eu une mauvaise mémoire, inadaptée au système scolaire.
J'étais bon dans les matières créatives, mais incapable de me rappeler les règles, les dates...
J'alternais les 20 et les 0. Au final, ça fait 10 !
Je m'ennuyais à l'école, mais j'avais plein d'activités extrascolaires : théatre, astronomie, écriture...
Vous sentiez vous bien avec les autres élèves ?
Le foot et les bandes avec leur petits chefs, ce n'était pas mon truc.
Et je souffrais d'une maladie orpheline inconnue à l'époque.
J'avais tout le temps mal au dos, mais les médecins pensaient que je simulais pour sécher les cours !
En crise, je boitais, parfois je marchais avec une canne.
Tout est lié : avec cette maladie, je ne pouvais pas jouer au foot, donc j'ai développé mon imaginaire.
Mais c'est la guitare qui, à 14 ans, m'a débloqué. ça été mon outil de socialisation.
Dans un groupe, il y a le joyeux drille qui blague, le costaud qui frime...
J'étais le troubadour, avec ma guitare et mes histoires.
ça m'a notamment aidé à communiquer avec les filles. Le journal du lycée, aussi, m'a rendu populaire.
Vous y expérimentez déjà hors des cadres classiques...
J'y publiais des BD olfactives et musicales, en associant aux histoires, des musiques à écouter et des parfums, grâce à des languettes imprégnées.
Un parfumeur de Toulouse m'avait formé.
C'était compliqué, car je cherchais des senteurs non sucrées : odeurs de villes, de campagne, de vieille maison...
Passionné de sciences, vous n'avez pourtant pas suivi d'études scientifiques...
L'année du passage en classe scientifique, mon prof de maths privilégiait la mémorisation : je n'avais que des sales notes.
J'ai passé un test de repêchage, mais je ne connaissais pas le symbole indiquant qu'il faut tourner la feuille...
Je n'ai fait que la moitié de l'exercice, j'ai eu 10 alors qu'il fallait 14, et je me suis retrouvé en section économique.
Ce genre d'événement suffit à changer une vie!
Ma réussite est bâtie sur une suite d'échecs, qui m'a motivé à faire des choses extraordinaires.
"Le succès, c'est d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme", a dit Churchill.
Votre parcours n'est pas linéaire...
Je suis allé en droit, en pensant que ça me laisserait du temps pour réfléchir à mon avenir.
De fait, j'ai suivi peu de cours, et raté mes examens !
J'ai fait ensuite de la criminologie, du journalisme scientifique...
Mais l'écriture a toujours été là, depuis ma première nouvelle, écrite à 8 ans. Dès 13 ans, j'en faisais une par mois.
A 16 ans, j'ai entamé mon premier roman.
D'où vient votre imagination débordante ?
Un petit poisson dit à sa maman : "Il paraît que certains d'entre nous sont allés marcher sur terre. Qui sont-ils ?"
"Des insatisfaits", répond-elle.
Si le monde ne vous convient pas, vous devez créer un système pour calmer votre angoisse.
J'ai développé mon imaginaire pour ne pas être malheureux.
Moins ça allait, plus j'écrivais.
Quand je n'aimais pas quelqu'un, j'en faisais un méchant dans une nouvelle.
Écrire aide à digérer le monde.
C'est devenu pour moi une manière d'être, qui se passe d'efforts.
Seul sur une île déserte, je continuerais à écrire.
L'imaginaire peut-il se cultiver ?
La créativité, c'est l'école de la liberté.
Il faut se libérer de la gangue de ceux qui jugent ce qui est bien ou pas.
On a tous un imaginaire qui n'appartient qu'à nous.
Notez vos rêves le matin, vous prendrez conscience de cette machine en nous qui fabrique des histoires.
La discipline aide-t-elle votre créativité?
J'écris chaque matin de 8 heures à 12 H 30.
Mon cerveau sait que tous les jours à la même heure, il devra inventer une histoire, il s'y prépare.
La créativité se muscle.
C'est un marathon plus qu'un sprint.
Il faut tenir sur de grandes longueurs et au-delà d'une certaine douleur, on ne ressent plus que du plaisir.
Vous avez travaillé votre premier roman pendant douze ans, dont six à essuyer des refus d'éditeurs.
Êtes-vous un modèle de persévérance ?

Au début, j'écrivais sans objectif.
Après six ans, j'avais eu envie d'un avis professionnel.
Six ans de refus plus tard, j'avais décidé de laisser tomber et d'écrire un livre plus classique pour voir si je pouvais être publié.
Mais une semaine après, Les fourmis étaient enfin acceptées.
Il faut donc s'accrocher à son étoile, et ne pas la lâcher !
Croire en son travail, et surtout en son originalité.
Allez, au plaisir de vous lire...

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