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Cold Turkey

Publié le 12 octobre 2008 par Cloudsleeper

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Cold Turkey

Le Cactus Festival de Bruges : mais où est Saul Williams ? Where is Saul ? Annulé ? Reporté? Avancé? Vous connaissez surement le jeu de certains petits malins qui se sont fait pour spécialité de lancer dans chaque festival une rumeur d’annulation de l’artiste juste avant son concert… réminiscence de Pearl Jam, 1998 peut-être. Alors ce Saul, il a simplement été avancé, donc je ne verrai pas ce grand slameur. Déception, il est trop tard quand j’arrive. Il est sur ma ‘List of demand’ pour mes prochains concerts. Les maliens de Tinariwen s’expriment en français sur la scène et semblent un peu fatigués, à l’exception de l’un des chanteur qui se répand en d’admirables danses traditionnelles avec ses mains, ses bras d’une grâce oubliées. Son sourire me ravit et suffit à passer un bon concert.

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Gent Jazz Festival était funky funky baby : Herbalizer, les bassiste de jazz Wayne Shorter, et
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surtout Erikah Badu. Des ombres habillées de strass et paillettes passent derrière le rideau de la scène. La diva hip-hop développe un funk enivrant et une créativité peu courante sur scène : danses, impros, choix des morceaux semble-t-il au hasard de son laptop et introduits par d’habile petits samples de soul et de blues primordiaux (ah celui de Lightnin Hopkins !). Des invités qui me sont chers clôturent le festival : The Neville Brothers venus tout droit de New Orleans. Leur funk vous fait revenir de leurs tombeaux tous les zombies de ‘Thriller’, leur patrie d’origine est aussi africaine et donc une sacrée transe vaudou décide de vos pas de danse quand ce n’est pas l’énorme Aaron Neville qui vous arrache quelques larmes sur ‘Ain’t no sunshine when she’s gone’ de sa voix cuivrée et perchée dans des octaves sans nom. Sur ‘Yellow moon’  il pose à une lune jaune cocu cette question qu’aucun n’homme n’ose poser à sa moitié : « is there something someone that I don’t know ? »

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Festival Esperanzah : un des meilleurs concerts cet été grâce à l’incroyable Rokia Traoré. Cette malienne a introduit un soupçon bienveillant de modernité dans ses traditions et même une once de blues dans son dernier album « Tchamantché ». Sur scène, on est estomaqué par la poigne avec laquelle elle gère sa musique et sa danse d’un naturel sensuel et déroutant. L’ambiance à l’africaine n’est pas son seul propos. Elle est plus grave sur des morceaux comme ‘Tunka’ évoquant les richesses de l’Afrique qui n’attirent que la guerre et la misère. Egalement charmeuse au sourire inoubliable sur sa reprise ‘The man I love’ de la bluesy Billie Holiday, voilà une artiste d’exception qui a tous les talents. Accompagnée d’un groupe hyper soudé et talentueux (un des meilleurs bassistes que j’aie vu), je vous recommande vivement son prochain concert le 7 novembre au Cirque Royal.

Pukklepop : « Birth, school, Metallica, death » disent les T-Shirt people. Sans doute le groupe le plus populaire vu cet été : d’énormes marrées de fans ont déferlé pour eux, dont l’envie et la rage de jouer est intacte : tout grands moments que de ré-entendre tous ces ‘Master of puppets’, ‘Seek and Destroy’ ‘Fade to grey’ ‘Entersandman’… interrompus pour aller piquer une tête dans l’univers mélancolique de Tindersticks… curieux mélange, oui. Je ne voulais pas rater l’occasion de les voir mais entre Metallica d’un côté et les mugissements navrants de Miss Kittin de l’autre, ils n’étaient pas à leur place. Bizarrerie de la programmation sans doute : Tindersticks et ses subtiles atmosphères n’est pas un groupe de festival pop. Dans l’après-midi, Brodinski et Deadmau5 avaient balancé d’énormes beats electro et techno avec notamment ‘Hi Friend’ qui restera collé au maillot pour quelques mois.

Après les festivals de masse passons au format confidentiel à Huy. Dans une ancienne petite abbaye du 17ème siècle typiquement mosane viennent se produire notamment l’indien Debabish Battachyana ou encore la belgo-ivoirienne Manu Gallo. Le premier joue des ragas indiens avec une guitare de 20 cordes qu’il a construite spécialement pour le jeu en slide, tout en faisant résonner les cordes sympathiques comme sur un sitar. Le son est magnifique et l’apaisement que procurent ses ragas sont des moments de quiétude et d’intériorité qu’on ne goute pas souvent en festival. Avec Manou Gallo c’est à nouveau le funk africain qui est au pouvoir et constitue sans doute un des meilleurs alchimies du style. C’est que la fille est bassiste, elle s’y connaît en groove sévère et donne à son instrument la première place que ces cordes-là devraient toujours avoir dans un groupe : le nerf central qui relie rythmique et mélodie. Son jeu est serré carré, elle tiendrait presque ses musicos en laisse ; ils suivent de toute façon avec une dextérité sans pareil. Sa voix est pleine de nuances et d’émotion et ne néglige jamais de se lancer dans des onomatopées virevoltantes (tiens, un point commun avec Zap Mama !). Vivement d’autres dates !!!

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Le festival « Feest in the park » a rendez-vous avec une légende du funk (encore une !!) : George Clinton pour Parliamant et Funkadelic. Lorsque claque son funk, on est dans ces dimensions intergalactiques si bien illustrées sur ses pochettes de disque. Il a tant dilaté les tempos et épaissis les sons de basses qu’on est surpris d’être emporté dans un groove d’enfer qui tourne pourtant assez bas en tours minute. Par moment c’est « een beetje compot’ » comme le disait une voisine. Mais quand ça claque, ça claque et on entend bien dans le développement des breaks l’influence que revendiquait Daft Punk dans leur premier album sur le titre ‘Teachers’. Seule déception c’est que la Belgique schizophrène n’a pas eu droit au fameux ‘One nation under a groove’ capable d’atomiser un Vlaams Belang et de faire imploser son frère jumeau le NVA, « just for the funk of it » ! Personalités schizophrènes également, les deux papas Bootsy et George se répartissent la guarde de leurs hits caoutchouteux originels et changent chaque année: "hé connard, cette fois tu prends P-Funk et moi, Nation". Que dire encore : Beenie Man et son ragga dancehall vétéran et bien sûr Arno. Moins touchant que lors de ses fabuleuses prestations à l’AB, son rock de freaks ne scotche pas trop le public mais ‘Les filles du bord de mer’ viennent mettre tout le monde d’accord au final et en français dans le texte. Pour une fois, tout le monde est d’accord. Joie, joie, joie !!!

Prochain et dernier post, samedi 18! A tout'

Soundtrack : Aout-Septembre

-         Eli “Paperboy” Reed: (Doin’) the boom boom (attention tout bon album soul à recommender d’urgence… à tous)

-         Robert Palmer: Some people can do what the like (il était funky à cette époque!)

-         Ghinzu: Do you read me?

-         Hans Theessink & Terry Evans : Goin’ back home (blues, why are you coming so soon?)

-         Ray Charles = Drown in my own tears

-         EC: Five Long years

-         Stevie Ray Vaughan: The Sky is crying

-         John Lennon= Yer Blues

-         Xavier Rudd: Home

-         Tété: A la faveur de l’automne (revient cette douce mélancolie etc.)

-         Laurent Voulzy : Belle île en mer


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