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Les usagés de la Poste

Publié le 02 décembre 2009 par Mcabon

Passer à la Poste représente une expérience à chaque fois renouvelée. Pour ceux qui, comme moi, n’ont jamais connu la vie quotidienne dans l’ex-URSS, ses files d’attente, la gentillesse de ses agents, le retour vers le passé est saisissant. Ce matin, 11 heures, agence de Recouvrance, une dizaine de personnes attendent pour poster des lettres, retirer des sous, boire un café, commander une pizza, acheter des CD, rien de bien extraordinaire dans la Poste moderne pré-privatisation. Au guichet, deux employés. Quelques instants plus tard, l’un d’entre eux quitte son poste pour passer à l’arrière du bureau. Reste une femme qui s’escrime à servir les clients, les usagers ?, le plus rapidement possible. Sisyphe roi. Madame La Poste, quand te déciderasa-tu à entrer dans la modernité ? L’un vient à peine de partir, que deux autres entrent. D’autres s’en vont devant cette file qui s’allonge et dont rien ne présage que nous en arriverons au bout. Dans la file, des mères avec leurs enfants, des plus vieux, l’air las, et surtout des quantités de produits dérivés, de produits annexes, de produits nets bancaires. De quoi patienter en attendant l’offrande d’un contact personnalisé pour retirer un colis qui aurait dû être livré directement chez soi mais qui par le miracle de la Poste contemporaine fini généralement par un avis de passage antidaté déposé dans la boîte aux lettres. Et pourtant avec leur costume Armor Lux, je les aime bien les postiers. Surtout ce facteur qui prend la peine de quitter son vélo pour taper la causette, raconter ses périples en vélo, entretenir la relation humaine. Mais qu’a-t-il en commun avec ses coreligionnaires en position assises dont on sent toute la pesanteur du monde newtonienne. Pour un d’entre eux qui se lève, le sourire aux lèvres, soucieux de servir, trois autres s’asseoient, et semblent tenter de se fondre dans le paysage pour éviter d’être remarqués par ses méchants expéditeurs qui font rien que donner du travail. A la Poste on ne dit pas clients, on dit usagés. C’est plus proche de la réalité.


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